Cette feuille de route vise à définir la manière dont le pays entend exploiter le potentiel de l'IA pour soutenir son développement socio-économique au cours des cinq prochaines années. Dans son allocution, le président Emmerson Mnangagwa a affirmé que l'intelligence artificielle devait être utilisée de manière responsable et centrée sur l'humain. Il a également insisté sur la nécessité de garantir la transparence, d'éviter les biais technologiques et de préserver les intérêts nationaux ainsi que la dignité des citoyens dans le cadre des futurs dispositifs juridiques. La stratégie nationale repose sur quatre axes principaux : le développement des compétences et des talents, la souveraineté en matière d'infrastructures numériques, l'adoption des technologies d'IA dans l'économie et la mise en place d'une gouvernance éthique. Elle prévoit notamment l'intégration de l'intelligence artificielle dans des secteurs clés comme l'agriculture, les mines, la santé et l'éducation, afin d'améliorer la productivité et la qualité des services. Le document prévoit également des mesures incitatives destinées aux entreprises et aux innovateurs qui s'engagent dans l'utilisation des technologies d'IA. L'objectif est de stimuler l'économie numérique, encourager l'innovation locale et favoriser l'émergence d'un écosystème technologique national. La stratégie insiste aussi sur le développement de systèmes d'intelligence artificielle éthiques, respectueux des droits fondamentaux et capables de soutenir une croissance inclusive. Cette initiative s'inscrit dans la vision plus large de transformation numérique portée par le programme national Smart Zimbabwe 2030, qui ambitionne d'intégrer pleinement les technologies de l'information et de la communication dans l'ensemble des secteurs de l'économie et de la société. Le plan s'appuie notamment sur des données de l'Union internationale des télécommunications (UIT), selon lesquelles une hausse de 10 % du niveau de numérisation d'un pays pourrait entraîner une augmentation de 0,75 % de son PIB par habitant. Toutefois, le Zimbabwe reste confronté à plusieurs défis dans ce domaine : il se classe actuellement 149e sur 193 pays dans l'Indice de développement de l'e-gouvernement 2024 des Nations unies, avec un score de 0,4481, inférieur à la moyenne mondiale.