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Benmoussa trace la voie d'une IA éthique et africaine
Publié dans Hespress le 02 - 07 - 2025

Face aux géants technologiques mondiaux, Chakib Benmoussa, Haut commissaire au Plan marocain dessine les contours d'une IA éthique et souveraine lors de la deuxième journée des Assises nationales à l'Université Mohammed VI polytechnique (UM6P).
Dans l'amphithéâtre de l'Université Mohammed VI Polytechnique de Rabat, l'atmosphère était studieuse ce mercredi. Deuxième jour des Assises nationales de l'intelligence artificielle, et Chakib Benmoussa prend la parole avec la gravité que requiert l'enjeu : comment le Maroc et l'Afrique peuvent-ils éviter de devenir de simples consommateurs d'une technologie façonnée ailleurs ? Le Haut commissaire au Plan ne mâche pas ses mots. Selon lui, l'intelligence artificielle représente bien plus qu'un simple outil technologique : c'est un « levier puissant de transformation » qui pourrait générer jusqu'à 6% du PIB continental, d'après les projections de PwC. Mais cette promesse économique ne doit pas faire oublier les écueils.
©Ayoub Amar
« L'IA est déjà une réalité tangible« , rappelle Benmoussa devant un auditoire composé de chercheurs, d'entrepreneurs et de décideurs politiques. Le message est clair : le Maroc ne peut plus se contenter d'être un simple utilisateur averti. Il doit aspirer au statut d'acteur dans la conception même de ces technologies.
Pourtant, l'enthousiasme du responsable marocain s'accompagne d'une vigilance assumée. Car derrière les promesses de productivité et d'optimisation des processus décisionnels se cachent des risques systémiques : biais algorithmiques qui reproduisent les inégalités, qualité parfois défaillante des données, opacité des décisions automatisées.
Le plus inquiétant, selon Benmoussa, reste l'atteinte possible à la souveraineté numérique. « Le développement de l'IA ne doit pas se faire au détriment des valeurs démocratiques, ni reproduire des rapports de dépendance numérique« , alerte-t-il, évoquant implicitement la domination actuelle des géants technologiques occidentaux et asiatiques.
©Ayoub Amar
Face à ces défis, Chakib Benmoussa dessine une stratégie en deux temps. D'abord, « une mobilisation à l'échelle des États » pour clarifier les orientations stratégiques nationales et créer une synergie entre pouvoirs publics, secteur privé, chercheurs et société civile.
Ensuite, et c'est peut-être là l'aspect le plus ambitieux de sa vision, la construction d'alliances continentales et internationales. L'objectif : contrebalancer l'hégémonie technologique des puissances dominantes et donner aux pays du Sud une voix dans la gouvernance mondiale de l'IA.
« L'IA est aujourd'hui un enjeu géopolitique à part entière« , insiste le Haut commissaire, soulignant son instrumentalisation croissante dans les conflits et les stratégies économiques agressives.
Mais au-delà des considérations géopolitiques, Benmoussa met l'accent sur l'ancrage local du développement de l'IA. Agriculture intelligente, éducation numérique, santé connectée, modernisation de la gouvernance : autant de domaines où l'intelligence artificielle peut jouer un rôle de catalyseur, à condition qu'elle soit « déployée de manière éthique, participative et adaptée aux besoins locaux« .
©Ayoub Amar
Cette vision suppose des investissements massifs dans les compétences locales et la mise en place de « cadres normatifs robustes » et de « mécanismes de régulation transnationaux« . « Le développement d'outils, de logiciels et de plateformes ouvertes, au service de tous, est crucial pour garantir un accès équitable aux bénéfices de l'IA », plaide-t-il..
En filigrane de son intervention, Chakib Benmoussa esquisse les contours d'un projet collectif ambitieux : une souveraineté numérique africaine fondée sur l'éthique, la coopération et l'innovation ouverte. Un appel à l'action qui résonne particulièrement dans un contexte où l'intelligence artificielle redéfinit les équilibres économiques, sociaux et politiques à l'échelle mondiale.


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