Le ministère de l'Éducation nationale a procédé à une révision de la structure des indemnités relatives aux heures supplémentaires, au bénéfice de l'ensemble des catégories du corps enseignant. Cette mesure s'inscrit dans le cadre du projet de décret n° 2.25.539 modifiant le décret n° 2.05.1012, relatif à la fixation des montants des indemnités pour heures supplémentaires accordées aux enseignants, adopté ce jeudi par le Conseil du gouvernement. Les amendements introduits au texte prévoient une revalorisation notable des montants alloués par heure supplémentaire. Désormais, l'indemnité passera de 91 à 159 dirhams pour les enseignants du primaire, les professeurs de l'enseignement secondaire collégial ainsi que ceux du secondaire qualifiant exerçant dans les collèges. S'agissant des enseignants du secondaire qualifiant, la rémunération horaire des heures supplémentaires sera portée de 156 à 218 dirhams. Quant aux professeurs agrégés de l'éducation et de la formation affectés dans le secondaire qualifiant, le montant passera de 195 à 273 dirhams pour chaque heure supplémentaire effectuée. La révision concerne également les professeurs agrégés de l'éducation et de la formation exerçant dans les classes préparatoires aux grandes écoles, dans les sections de préparation au brevet de technicien supérieur (BTS), dans les centres de formation, les établissements universitaires ou encore dans les établissements du secondaire qualifiant. Pour cette catégorie, l'indemnité horaire sera revalorisée de 234 à 327 dirhams. En parallèle, le décret modifié élargit le plafond du nombre d'heures supplémentaires hebdomadaires indemnisables, en ajoutant deux heures supplémentaires aux cours maximaux qui étaient jusque-là autorisés. La question de l'indemnisation des heures supplémentaires constitue depuis longtemps un sujet de débat entre les enseignants et le ministère. Elle a notamment été soulevée dans le cadre de la mise en œuvre du nouveau statut de base, publié au Bulletin officiel en février 2023. Les enseignants du primaire dénoncent le maintien d'une grille différenciée qui, selon eux, institutionnalise une forme de discrimination entre les professeurs des trois cycles éducatifs, alors même que leurs missions sont unifiées. Ils réclament ainsi une harmonisation des indemnités entre les enseignants du primaire, du secondaire collégial et du secondaire qualifiant, estimant que le statut de base des fonctionnaires du secteur de l'éducation nationale stipule des missions identiques pour tous, ce qui justifie l'égalité des compensations. Azzedine Imami, secrétaire national du Syndicat de l'Union nationale de l'enseignement, s'est montré particulièrement ferme sur ce point : « Nous ne pouvons accepter cette différence et cette discrimination dans les indemnités des heures de travail supplémentaires entre les enseignants, quel que soit le cycle dans lequel ils exercent », a-t-il affirmé, rappelant que « les lois ne prévoient pas d'avantages pour une catégorie au détriment d'une autre, et qu'aucun décret ne peut instituer de telles disparités entre les professeurs ». Dans une précédente déclaration à la presse, Imami avait également souligné que « les enseignants du primaire sont d'emblée privés des indemnités complémentaires prévues par le statut de base des fonctionnaires du secteur de l'éducation nationale, fixées à 500 dirhams par mois », insistant sur le fait que « de telles mesures ne sauraient en aucun cas signifier que le ministère minimise les efforts déployés par les enseignants du primaire ».