Rabat a accueilli, ce jeudi 4 septembre, la toute première édition de la conférence internationale Future Media Initiative (FMI). Cette rencontre, qui a rassemblé une pléiade de journalistes et d'influenceurs venus des quatre coin du monde, ambitionne de créer une plateforme novatrice de dialogue entre médias traditionnels et nouveaux acteurs numériques, en plaçant le football comme levier de développement stratégique. À l'approche de la Coupe d'Afrique des Nations 2025, que le Maroc s'apprête à organiser, et dans la perspective du Mondial 2030 dont il sera l'un des pays hôtes, le rôle des médias et des influenceurs devient plus stratégique que jamais. Au-delà de la performance sportive, c'est toute une dynamique de communication et de mise en valeur de l'image du football marocain qui est en jeu. Dans ce sens, Omar Khyari, co-fondateur de Future Media Initiative et conseiller du président de la FRMF a mis en avant, au micro de Hespress FR, l'importance de mettre en avant les canaux de diffusions, entre médias traditionnels, digitaux et influenceurs. « Future Media Initiative, qui a choisi d'organiser une importante conférence internationale, la première du genre, vise à organiser un débat, plusieurs panels, avec les créateurs de contenus et des médias internationaux. On a des gens qui arrivent du continent africain, du continent américain, asiatique, européen. Il y a plus de 214 participants, donc c'est assez considérable. Ils auront la possibilité d'effectuer des visites exclusives des lieux, notamment les stades de football, mais également les hôtels et toutes sortes d'infrastructures qui vont accueillir ces compétitions là », a-t-il souligné. Lors de son intervention, Ismail El Hassani, également co-fondateur du FMI, a rappelé que cette initiative s'inscrit dans la continuité de la vision royale et des succès réalisés par le Maroc, tant sur le plan sportif qu'infrastructurel. Selon lui, les médias doivent aujourd'hui composer avec des technologies de plus en plus avancées, tout en restant guidés par l'éthique et le respect des droits humains. « Nous devons nous poser des questions fondamentales : l'intelligence artificielle, qui s'impose comme une révolution technologique, va-t-elle transformer la véracité et la crédibilité de l'information en simples algorithmes ? », a-t-il interrogé, soulignant que ces débats concernent autant les journalistes du Nord que du Sud. Ayoub Amar El Hassani a également mis en lumière l'évolution des frontières entre créateurs de contenu et presse traditionnelle. « Les médias autrefois considérés comme underground sont devenus mainstream, tandis que la presse classique s'inspire désormais des codes des réseaux sociaux : formats plus courts, tons plus libres, créativité accrue », a-t-il expliqué. Pour lui, ces transformations ne doivent pas faire oublier la mission fondamentale du journalisme : informer, analyser, alerter, mais aussi divertir. « Le journalisme, sous toutes ses formes, doit rester un pilier du développement humain. C'est dans cet esprit que nous avons voulu rassembler ici des journalistes venus d'horizons divers, afin de partager, échanger et dépasser les réflexions individuelles », a-t-il conclu. Lors de cet évènement, plusieurs panels réunissant des experts ont traité de thématiques majeures dont l'émergence des nouvelles puissances médiatiques à l'horizon 2030, l'influence de la jeunesse et des réseaux sociaux dans la création de nouvelles narrations, ainsi que l'impact de l'intelligence artificielle sur la production et la diffusion de l'information. Les influenceurs, nouveaux relais d'opinion Le Future Media Initiative a convié plus de 70 influenceurs d'Afrique, d'Europe ou encore d'Amérique, venus partager leur expertise et leur impact dans un monde où les influenceurs sont devenus les nouveaux ambassadeurs du football marocain. Leur proximité avec la jeunesse, leur ton direct et leur capacité à générer de l'interaction font d'eux des vecteurs puissants pour promouvoir les événements à venir. Lors de la CAN 2025, ils auront un rôle central pour mobiliser les supporters, partager l'ambiance des stades et véhiculer une image attractive du Maroc auprès des millions de spectateurs connectés dans le monde. En effet, l'essor des réseaux sociaux a profondément transformé la communication sportive. Les influenceurs marocains – qu'ils soient journalistes digitaux, créateurs de contenu, youtubeurs ou encore supporters actifs en ligne – constituent aujourd'hui une force incontournable. Ayoub Amar C'est le cas de Abdelilah Djihane, Fondatrice et CEO de la Djihene Academy, ancienne championne du monde de grappling et ancienne combattante professionnelle de MMA qui s'est frayé un chemin dans l'influence rassemblant des millions d'abonnés sur ses canaux. Elle a mis en lumière, au micro de Hespress FR, l'impact croissant des réseaux sociaux sur l'économie, la société et le sport. Selon Djihane, ces plateformes représentent aujourd'hui plus de 3 % du PIB mondial, un chiffre qui pourrait atteindre 15 % d'ici une dizaine d'années. « C'est extraordinaire et il faut apprendre à composer avec », a-t-elle souligné. Elle a également insisté sur le double visage des réseaux sociaux : s'ils peuvent être néfastes — comme en témoignent certaines ingérences politiques ou campagnes de propagande — ils constituent aussi un outil puissant pour raconter des histoires, promouvoir de nouveaux talents et communiquer de manière innovante. Abdelilah Djihane a toutefois noté une dérive dans le domaine sportif : « On préfère parfois utiliser des influenceurs plutôt que des sportifs qui ont un mérite réel. Mais nous sommes dans une nouvelle ère et c'est à nous de l'appréhender de manière responsable, en comprenant l'impact économique, sociétal et politique de ces outils ». Ayoub Amar En vue du Mondial 2030, la stratégie médiatique et digitale du Maroc sera décisive pour séduire l'opinion internationale, rassurer sur ses capacités organisationnelles et mettre en valeur ses infrastructures. Pour maximiser cet impact, une collaboration étroite entre les instances sportives (FRMF, ministère de la Jeunesse et des Sports, comités d'organisation), les médias traditionnels et les influenceurs est essentielle. Des campagnes coordonnées, des programmes de sensibilisation et une présence digitale cohérente permettront de donner une voix unifiée et puissante au football marocain. In Fine, la réussite du Maroc à la CAN 2025 et au Mondial 2030 ne dépendra pas seulement des performances sur le terrain, mais aussi de sa capacité à maîtriser le jeu médiatique et digital. Les journalistes, les influenceurs et les créateurs de contenu sont appelés à devenir les ambassadeurs d'un récit national, porté par l'émotion du sport et par la modernité des outils de communication. En s'appuyant sur cette synergie, le Royaume peut transformer ses succès sportifs en une vitrine mondiale durable, où le football devient autant une passion partagée qu'un instrument de soft power.