L'Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) mise sur l'engagement des associations de la société civile actives dans le domaine afin de renforcer les campagnes de sensibilisation sur l'importance d'équiper les différents véhicules de bandes réfléchissantes. En parallèle, des acteurs associatifs mettent en garde contre « la faible visibilité des camions de transport de marchandises, des triporteurs et des charrettes à traction animale, particulièrement lorsqu'ils sont stationnés de nuit ». Dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de la sécurité routière et de son programme d'action pour l'année en cours, l'agence a annoncé sa volonté de « soutenir les représentations professionnelles ainsi que les associations œuvrant pour la sécurité routière, en vue d'organiser des campagnes de sensibilisation sur l'importance d'équiper les triporteurs, camions, véhicules et engins agricoles de dispositifs et d'équipements garantissant leur visibilité nocturne aux yeux des autres usagers de la route ». À cet effet, la NARSA a invité « les représentations professionnelles et associations intéressées par cette opération à prendre contact avec les directions régionales de la sécurité routière, afin de bénéficier de l'accompagnement nécessaire et de recevoir les bandes réfléchissantes mises à disposition pour assurer la réussite des activités de sensibilisation et de communication programmées ». Mustapha Hajji, président de la Fédération marocaine des associations de sécurité routière, a salué cette initiative en soulignant que « l'annonce de l'Agence nationale de la sécurité routière intervient à un moment crucial, notamment à l'approche de la saison hivernale où l'utilisation des dispositifs réfléchissants devient primordiale pour permettre aux conducteurs de mieux se voir entre eux durant la nuit ». Dans une déclaration à Hespress, Hajji a précisé que « certains véhicules, particulièrement les camions de transport de marchandises, ainsi que les triporteurs et les charrettes, ne sont pas suffisamment visibles la nuit, même lorsqu'ils utilisent leurs feux arrière, surtout lorsqu'ils sont à l'arrêt ». Il a insisté sur la nécessité d'une sensibilisation rigoureuse et correcte, notant que « certaines associations, par manque de connaissance, placent les bandes jaunes et rouges distribuées par la NARSA à des endroits inappropriés sur les véhicules », avant de rappeler que « les bandes jaunes doivent être fixées sur les côtés des véhicules, tandis que les rouges doivent être placées à l'arrière ». Le même acteur associatif a mis en avant que « ces bandes jouent un rôle de substitution aux feux arrière lorsqu'ils sont défaillants ou insuffisants, puisqu'elles permettent de mettre en évidence le gabarit du véhicule et d'alerter les autres usagers de la route lorsqu'il est stationné ». De son côté, Ilyas Salib, président de l'Observatoire national de la sécurité routière, a estimé que « dans un contexte où prévaut une culture qui ne prend en compte que ce qui est passible de sanctions légales, une infime minorité de Marocains utilise les bandes réfléchissantes, souvent pour des raisons esthétiques, et non par souci de sécurité, malgré leur importance capitale ». Dans une déclaration à Hespress, il a ajouté que « certains pays ont intégré l'obligation d'installer des bandes réfléchissantes dans leur code de la route, et sanctionnent ceux qui s'y soustraient ». Il a par ailleurs souligné que « contrairement aux dispositifs d'éclairage, susceptibles de tomber en panne ou de s'endommager, les bandes réfléchissantes fonctionnent automatiquement et permettent d'identifier la taille et les dimensions d'un véhicule ». Salib a insisté sur le fait que ces bandes sont « indispensables pour garantir la sécurité routière », ajoutant : « C'est pourquoi l'Agence nationale de la sécurité routière a élaboré un projet visant à équiper les camions, les triporteurs et d'autres véhicules de bandes réfléchissantes, afin d'encourager leur utilisation et de contribuer à la réduction des accidents de la circulation ». Enfin, le président de l'Observatoire national de la sécurité routière a plaidé pour « l'instauration d'une obligation légale imposant l'usage des bandes réfléchissantes aux propriétaires de véhicules, notamment ceux utilisés à des fins professionnelles ».