Le Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK) annonce que la Kabylie proclamera son indépendance le 14 décembre 2025, à une heure symbolique rappelant la bataille d'Icherridene en 1857. Ferhat Mehenni, leader du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK), a annoncé que la Kabylie proclamera officiellement son indépendance le 14 décembre 2025 à 18h57. Cette décision a été adoptée à l'unanimité lors du congrès extraordinaire du mouvement tenu dimanche 19 octobre 2025 à Paris, réunissant toutes les coordinations de la diaspora kabyle. DÉCLARATION D'INDÉPENDANCE DE LA KABYLIE LE 14/12/2025 À 18H57 Ça y est ! C'est fait ! J'ai l'insigne honneur d'accomplir la mission la plus noble de la vie d'une nation : celle de proclamer son indépendance — en l'occurrence, ici, celle de la Kabylie. Le congrès... pic.twitter.com/cV3EpbS9G3 — FERHAT MEHENNI (@FerhatMhenni) October 20, 2025 Dans un message publié sur X, Mehenni a présenté cette déclaration comme « la mission la plus noble de la vie d'une nation » et a précisé que l'initiative vise à dépasser le statu quo face au refus persistant de l'État algérien d'organiser un référendum d'autodétermination pour le peuple kabyle. Le choix de l'heure symbolique, 18h57, rappelle la bataille d'Icherridene en 1857, au cours de laquelle la Kabylie avait perdu sa souveraineté face aux forces coloniales françaises. Le leader kabyle a souligné que, malgré les tentatives de répression, les arrestations ou la torture, la détermination du peuple kabyle à retrouver sa dignité et sa liberté ne faiblira pas. Selon lui, la déclaration d'indépendance représente une étape politique et symbolique pour attirer l'attention de la communauté internationale sur la question kabyle. Le MAK justifie cette initiative par le silence prolongé de la présidence algérienne face à ses appels répétés au dialogue et aux mesures d'apaisement. Depuis plusieurs mois, le mouvement a intensifié ses démarches diplomatiques et médiatiques en Europe et en Amérique du Nord, demandant un soutien international pour faire reconnaître le droit du peuple kabyle à décider de son avenir, en s'inspirant de précédents. Il est à rappeler que le leader du MAK avait adressé une lettre au président algérien en juillet dernier dans la quelle il demande solennellement l'organisation d'un référendum d'autodétermination du peuple kabyle. Dans cette lettre, Mhenni rappelle noir sur blanc à Abdelmadjid Tebboune que le droit d'autodétermination vaut aussi pour les Kabyles, citant à cet égard la Charte des Nations Unies, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Déclaration universelle des droits de l'Homme, la résolution 1514 sur la décolonisation et l'article 30 de la Constitution algérienne. Cette proclamation prévue de l'indépendance de la Kabylie rappelle dont cruellement au régime algérien son propre double langage. Pendant des décennies, il a fait de l'autodétermination un étendard diplomatique, l'érigeant en principe sacré lorsqu'il s'agissait du Maroc, tout en refusant de l'appliquer à ses propres communautés. Aujourd'hui, ce même droit, que le pouvoir croyait pouvoir instrumentaliser à sa guise, frappe à sa porte. Le silence obstiné de la présidence, ses intimidations et ses discours creux révèlent une incapacité à assumer les conséquences de sa propre rhétorique. Face à la détermination kabyle, la grandeur proclamée du régime se dissout dans ses contradictions : le droit des peuples à décider de leur avenir n'est pas un privilège à distribuer selon les convenances, mais une réalité à laquelle même Alger ne peut échapper.