Selon la plateforme ReKrute, plus de 71.000 postes ont été proposés au cours des douze derniers mois, en légère progression par rapport à 2024. Les services toujours en tête des secteurs recruteurs. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram Le marché de l'emploi marocain confirme sa dynamique de reprise. Selon les dernières données publiées par la plateforme ReKrute, plus de 71.000 postes ont été proposés au cours des douze derniers mois, en légère progression par rapport à 2024 où 60.869 offres avaient été recensées. Si l'intelligence artificielle ne semble pas encore impacter les volumes de recrutement, elle transforme en profondeur les profils recherchés par les entreprises. Les services toujours en tête des secteurs recruteurs Déjà dominants en 2024, les secteurs de services continuent de concentrer l'essentiel des opportunités. En 2025, ils représentent à eux seuls 54,3 % des recrutements, loin devant l'industrie (21,6 %) et la distribution (7,1 %), qui s'impose désormais parmi les principaux pourvoyeurs d'emplois. L'enseignement et la formation progressent également à 5,9 %, traduisant des besoins croissants en montée en compétences, tandis que la construction (4,8 %) et l'agriculture et les mines (3,8 %) témoignent d'une diversification progressive des recrutements. À l'inverse, le tourisme (2,1 %) et le secteur public (0,4 %) enregistrent un recul après un pic observé l'année précédente. L'informatique en tête des recrutements Sur le plan des fonctions, l'année 2025 marque une orientation plus nette vers les métiers à forte valeur technologique et opérationnelle. L'informatique et l'électronique arrivent en tête avec 18 % des recrutements, contre 10 % en 2024, confirmant l'accélération des besoins liés à la digitalisation et à l'IA. Les métiers du call center reculent à 10,5 % (contre 22 % un an plus tôt), traduisant davantage une évolution qualitative du secteur qu'un désengagement. Les fonctions de gestion, comptabilité et finance progressent à 8,3 %, tandis que les postes commerciaux se stabilisent à 8,4 % dans un contexte de rationalisation des forces de vente. Les ressources humaines (5,6 %), la gestion de projet et la R&D (5,4 %) ou encore la production, qualité et sécurité (4,7 %) gagnent en importance, reflet d'une montée des exigences organisationnelles et industrielles. Les achats et la supply chain (4,1 %) émergent également, portés par les enjeux de résilience des chaînes d'approvisionnement. Malgré la relative stabilité du top 10 des fonctions les plus recherchées ces dernières années, les attentes évoluent sur le plan des compétences. Les entreprises privilégient désormais des profils capables d'intégrer l'intelligence artificielle dans leurs pratiques, tout en conservant un sens critique et une capacité d'innovation. Les fonctions combinant compétences techniques, digitales et managériales concentrent ainsi l'essentiel des recrutements. Les exigences académiques restent élevées. En 2025, 55 % des offres ciblent des profils Bac+5 et plus, contre déjà 62 % en 2024. Les niveaux Bac+2 à Bac+3 représentent 37 % des recrutements, confirmant leur rôle clé dans l'opérationnel, tandis que les profils de niveau Bac ou moins demeurent minoritaires (6 %). La géographie de l'emploi demeure fortement polarisée. Casablanca concentre près de la moitié des opportunités (48,5 %), confirmant son statut de principal hub économique. Rabat s'impose comme second pôle avec 26,2 %, tandis que Marrakech (8,6 %) et Tanger (4,2 %) progressent, portées respectivement par les services, le tourisme et la dynamique industrielle et logistique. Emploi : les perspectives pour 2026 À l'horizon 2026, plusieurs secteurs sont identifiés comme moteurs, en cohérence avec les orientations nationales : l'offshoring et les services à valeur ajoutée, le BTP ainsi que l'IA et le digital. Les investissements publics, les projets d'infrastructures et les enjeux de décarbonation devraient soutenir la demande en talents qualifiés. Les données de ReKrute indiquent que la plupart des métiers intégreront désormais une dimension technologique ou liée à l'IA, devenue un prérequis transversal, y compris dans des fonctions historiquement non techniques. Reste que certains profils demeurent particulièrement difficiles à recruter. « Les talents les plus complexes à trouver sont ceux qui combinent une expertise technique pointue, une maîtrise plurilingue, une maturité professionnelle avérée et une capacité à interagir aux standards des clients locaux et internationaux », souligne Lamia Lahiaoui, Senior Vice President HR, ESG & Facilities chez DXC Technology Morocco. Autre tendance lourde : l'offshoring, dont les métiers continuent d'évoluer vers davantage de valeur ajoutée, tout en maintenant un volume de recrutements soutenu. Dans un marché de plus en plus orienté expertise, la rareté des profils hybrides, à la fois techniques, linguistiques et managériaux, devrait rester l'un des principaux défis RH pour les entreprises en 2026.