DR ‹ › Le Conseil de la concurrence a déclenché une série d'inspections inopinées dans le secteur de la distribution de dispositifs médicaux au Maroc, suscitant un coup de projecteur sur les pratiques commerciales dans un marché jugé sensible. Les services d'enquête de l'autorité ont mené, le 17 février 2026, des opérations de visite et de saisie simultanées dans les locaux de plusieurs opérateurs, sur la base de soupçons de pratiques anticoncurrentielles. Ces interventions, conduites avec l'appui d'officiers de police judiciaire et sous autorisation du Procureur du Roi, s'appuient sur l'article 72 de la loi relative à la liberté des prix et de la concurrence. Parmi les entreprises concernées figurerait Masterlab, acteur majeur de la distribution de fournitures et technologies pour laboratoires d'analyses médicales. Selon plusieurs médias, cette perquisition s'inscrit dans un contexte de forte concentration du marché, notamment depuis un partenariat stratégique avec un groupe international, et d'interrogations sur des cahiers des charges du ministère de la Santé potentiellement restrictifs pour la concurrence. Par prudence, le Conseil de la concurrence a tenu à nuancer immédiatement toute conclusion hâtive : à ce stade, rien ne prouve formellement l'existence de pratiques anticoncurrentielles, ni la responsabilité des entités visitées. Seules les instances délibératives de l'institution pourront, après une instruction contradictoire respectant les droits de la défense, statuer sur le fond des faits. Cette descente intervient alors qu'un nouveau texte du CC encadrant la distribution des médicaments, notamment via les officines et les grossistes, est en phase finale d'adoption et devrait entrer en vigueur d'ici la fin du mois. Ce cadre vise à adapter la régulation à l'évolution du marché pharmaceutique marocain, où les mécanismes de fixation des prix, de remboursement et de disponibilité des produits sont au cœur des préoccupations des autorités.