Interpellé sur le mouvement de contestation et de grève qui secoue les hôpitaux publics, Mustapha Baitas a longuement défendu, jeudi 8 janvier, l'action de l'exécutif en matière de réforme du système de santé. S'exprimant lors de la conférence de presse tenue à l'issue du Conseil du gouvernement, le porte-parole de l'Exécutif a inscrit le chantier sanitaire dans une dynamique plus large, amorcée selon lui par les réformes économiques et fiscales engagées ces dernières années. « Bien entendu, le secteur de la santé s'inscrit pleinement dans cette dynamique », a affirmé Mustapha Baitas, soulignant que ce domaine « fait partie intégrante de cette orientation », au même titre que les autres grands chantiers structurels. Pour le gouvernement, a-t-il insisté, la santé constitue « l'un des secteurs absolument prioritaires », appelant « une réforme profonde et une intervention urgente ». Face aux critiques et aux tensions sociales persistantes dans les établissements hospitaliers, le porte-parole a rappelé l'arsenal législatif mis en place pour refonder le système de santé. « Il n'est peut-être pas nécessaire de rappeler les cinq lois adoptées dans ce cadre : ce sont, en réalité, des lois structurantes », a-t-il déclaré, avant de mettre en avant ce qu'il considère comme la pièce maîtresse de cette réforme : « la loi relative à la création des groupements territoriaux de santé (GST) ». Selon Mustapha Baitas, ce texte dépasse largement le cadre d'une simple réorganisation administrative. « Il s'agit là d'une loi majeure, que l'on peut qualifier de véritable loi de décentralisation dans notre pays », a-t-il expliqué, soulignant qu'elle prévoit « le transfert de l'ensemble des compétences du niveau central vers les régions ». Une orientation présentée comme un changement de paradigme dans la gouvernance du secteur, censé rapprocher la décision publique des besoins réels des territoires. Le porte-parole du gouvernement a également énuméré les autres piliers juridiques de la réforme. « Il y a également la loi relative à la fonction publique de la santé, la loi portant création de la Haute Autorité de la santé, la loi relative au sang, ainsi que celle concernant les médicaments », a-t-il détaillé, insistant sur la cohérence d'ensemble de ces textes. Conscient des réserves exprimées par les syndicats et les professionnels du secteur, Mustapha Baitas a tenu à rappeler que ces réformes n'ont pas été élaborées de manière unilatérale. « L'ensemble de ces réformes, avant d'être adoptées et mises en œuvre, a fait l'objet d'un débat très large avec les syndicats et les différents partenaires sociaux », a-t-il assuré, évoquant un processus de concertation destiné à « préparer le terrain et d'aboutir à ces réformes ». Au-delà du cadre juridique, le gouvernement revendique des engagements financiers et opérationnels d'envergure. « Les engagements pris par le gouvernement dans ce domaine sont des engagements très importants », a souligné le porte-parole, précisant que « des moyens considérables » ont été mobilisés pour accompagner cette transformation du système de santé. Dans un contexte marqué par des revendications salariales, des tensions sur les conditions de travail et une mobilisation récurrente des soignants, Mustapha Baitas a réaffirmé la ligne de l'Exécutif. « Ce que nous affirmons aujourd'hui, c'est que le gouvernement poursuit cette dynamique en accordant à ce dossier une priorité majeure », a-t-il déclaré, justifiant cette orientation par le fait que la santé constitue « un sujet qui concerne le citoyen au quotidien ». Le porte-parole a enfin replacé la réforme sanitaire dans le cadre plus global de l'évolution du pays. « Le développement que connaît notre pays dans différents domaines, notamment sur les plans économique et social, impose que les services de santé soient à un niveau élevé », a-t-il estimé. Un constat qui, selon lui, fonde la position de l'Exécutif vis-à-vis des professionnels du secteur. « C'est pourquoi le gouvernement porte une considération particulière aux professionnels du secteur de la santé », a conclu Mustapha Baitas, en promettant que l'Exécutif « continuera, bien entendu, dans le cadre d'un dialogue ouvert, à examiner et discuter l'ensemble des questions ».