Tous les regards sont tournés ce vendredi vers le stade Moulay Abdellah de Rabat, théâtre du choc très attendu entre le Maroc et le Cameroun, comptant pour les quarts de finale de la Coupe d'Afrique des nations 2025. Dans un stade qui accueillera près de 70.000 spectateurs, les Lions de l'Atlas espèrent transformer l'enthousiasme populaire en un véritable levier de performance pour franchir un cap historique. Sur le plan sportif, la sélection marocaine mise sur sa maturité tactique et sur la reconnaissance même de son avantage par le sélectionneur camerounais pour imposer son rythme dès les premières minutes. Invaincus à domicile dans cette compétition, les Lions entendent faire du public un moteur de créativité et non une source de pression, dans un duel où chaque détail comptera. Pour les observateurs, le public constitue le véritable « joueur numéro 12 », capable de faire basculer les rencontres décisives. Plusieurs entraîneurs et analystes estiment que la symbiose entre les tribunes et le terrain doit se transformer en énergie positive, susceptible de pousser l'équipe nationale vers le dernier carré. Ancien entraîneur et consultant sportif, Mustapha El Herhar souligne l'importance d'un public actif et engagé. Il met en garde contre un certain relâchement observé récemment dans les tribunes, avec des supporters plus spectateurs que véritables acteurs de l'ambiance. « Nous avons besoin d'un public qui exerce une pression constante, comme c'est le cas dans les grands stades africains. Un stade comme Moulay Abdellah, plein à craquer, peut devenir un enfer pour l'adversaire », affirme-t-il. El Herhar insiste également sur l'image du Maroc véhiculée à travers l'organisation de la CAN : « Le soutien au stade est un devoir national. Le succès ne se mesure pas uniquement au trophée, mais aussi à la qualité de l'accueil, à l'ambiance et à l'image que le pays laisse aux visiteurs. » De son côté, le technicien et analyste Idriss Abbès estime que le Maroc traverse une phase délicate, sous la pression des attentes élevées. Pour lui, le public doit être plus que jamais mobilisé : « Le stade doit vibrer du début à la fin. Les supporters doivent rester debout, chanter, pousser l'équipe, et créer une atmosphère intimidante pour l'adversaire. » Selon lui, les supporters sont aujourd'hui bien plus que le douzième homme : ils constituent une force capable de décupler l'énergie des joueurs, notamment dans les moments difficiles. Il appelle ainsi à instaurer une véritable culture des tribunes marocaines, avec des chants et une ferveur capables de déstabiliser l'adversaire. Enfin, Abbès rappelle que les joueurs marocains, forts de leur expérience au Mondial 2022, savent désormais gérer la pression du public. Il invite les supporters à rester positifs, à éviter les sifflets et les critiques, et à soutenir l'équipe sans condition, quels que soient les moments du match.