Des sources bien informées ont indiqué que les services des administrations territoriales relevant des préfectures et provinces des régions de Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra, Fès-Meknès et Béni Mellal-Khénifra ont accéléré leurs enquêtes sur des dizaines d'associations ayant déposé des demandes d'autorisation pour l'installation de tentes destinées aux tables de l'iftar durant le mois de Ramadan. Cette accélération fait suite à la réception d'informations faisant état du financement et du parrainage, par de grandes entreprises, d'initiatives portées par des associations proches de présidents de conseils, de parlementaires et d'élus influents. Les mêmes sources ont précisé que les enquêtes en cours se concentrent sur la vérification du parrainage par de grandes entreprises et des marques commerciales connues d'associations dans le cadre de leurs actions caritatives. Les autorités provinciales ont ainsi durci l'examen des demandes d'autorisation relatives à l'organisation de tables et de tentes pour l'alimentation des personnes démunies pendant le Ramadan, allant jusqu'à refuser un grand nombre de ces demandes en raison de soupçons d'exploitation électorale, d'autant plus que le mois sacré coïncide cette année avec les échéances électorales de 2026. Selon les mêmes sources, les actions des autorités provinciales s'inscrivent dans le cadre d'instructions émanant des services centraux du ministère de l'Intérieur, adressées aux walis et aux gouverneurs, visant à faire face à l'exploitation des initiatives caritatives et humanitaires par des « barons » des élections cherchant à séduire l'électorat défavorisé en vue des scrutins qui suivront le mois de Ramadan. Certaines préfectures ne se sont pas limitées au refus d'autorisation d'associations soupçonnées d'agir pour le compte de parties à visée électorale, mais ont également transmis des rapports détaillés les concernant au ministère, élaborés à partir d'enquêtes de terrain menées par les autorités locales. Les enquêtes menées dans le cadre de l'examen des demandes d'autorisation pour l'organisation de tables caritatives durant le mois de Ramadan ont permis aux services du ministère de l'Intérieur, selon les sources du journal, de réunir des informations actualisées sur des figures électorales engagées de manière précoce dans des campagnes électorales anticipées, à travers l'exploitation politique d'actions caritatives destinées aux personnes démunies. Ces enquêtes ont également mis en évidence l'implication de parlementaires, de présidents de conseils territoriaux, de conseillers et de notables de partis politiques qui s'apprêtaient à mener l'une des plus vastes opérations de mobilisation électorale à l'occasion du prochain Ramadan, compte tenu de sa proximité avec les élections. Des gouverneurs de préfectures et de provinces ont par ailleurs fait barrage à des tentatives de conseils élus visant à intégrer le « panier de Ramadan » dans des chapitres et lignes budgétaires ambiguës de leurs budgets 2026, officiellement présentées comme des aides aux personnes dans des situations sociales difficiles ou comme des subventions et aides aux démunis. Ces conseils ont toutefois veillé à maintenir, voire à augmenter, les montants programmés, malgré le changement d'intitulé des lignes budgétaires concernées. Cette manière d'inscrire les crédits relatifs aux paniers de Ramadan et aux aides sociales et caritatives visait à éviter le refus de visa par les gouverneurs de provinces, lesquels ont fait preuve d'une grande fermeté à l'égard des dépenses jugées suspectes ou excessives, notamment celles liées au soutien financier aux associations, souvent exploitées à des fins électorales, conformément aux directives antérieures des services centraux du ministère de l'Intérieur. Enfin, selon des sources de Hespress, les enquêtes en cours des autorités provinciales ont mis au jour des négociations entre des promoteurs immobiliers et des entrepreneurs influents et des associations proches d'élus actuels ou anciens, dans le but de financer l'achat et la distribution d'aides alimentaires et de dons en nature aux populations démunies au sein de circonscriptions électorales durant le mois sacré. Ces opérations serviraient des intérêts politiques et électoraux de candidats connus pour leur loyauté envers les parties financeuses, lesquelles bénéficieraient en contrepartie de facilités administratives, notamment dans l'octroi de diverses autorisations, ainsi que d'avantages fiscaux exceptionnels.