Intervenant ce lundi 2 février à la Chambre des représentants, le ministre de l'Agriculture, Ahmed El Bouari, a dressé un état des lieux détaillé de la campagne agricole en cours. Marquée par un contexte climatique exceptionnellement contraint depuis plusieurs années, la saison actuelle bénéficie toutefois d'un net redressement grâce aux précipitations enregistrées depuis la mi-novembre, avec des effets déjà visibles sur les cultures, les barrages et les perspectives de production. Interagissant avec les questions des députés sur l'impact des récentes pluies, le ministre de l'Agriculture, Ahmed El Bouari, a rappelé que la campagne agricole en cours s'inscrit dans un contexte climatique particulièrement éprouvant, marqué par sept années consécutives de déficit pluviométrique. Cette situation a fortement pesé sur les ressources hydriques, le taux de remplissage des barrages, les superficies irriguées ainsi que sur les équilibres économiques et sociaux du monde rural, faisant de la question agricole un enjeu direct de sécurité alimentaire et de stabilité sociale. Face à ce contexte contraint, le ministère a adopté dès le lancement de la saison une approche anticipative afin d'assurer un démarrage maîtrisé de la campagne, indique le responsable gouvernemental. Cette démarche a porté, précise M. El Bouari, sur la sécurisation des intrants de production, la gestion rationnelle de l'eau d'irrigation, le renforcement de la mécanisation, l'accès au financement et l'accompagnement de proximité des agriculteurs. Dans ce cadre, environ 1,5 million de quintaux de semences certifiées de céréales d'automne ont été mis sur le marché à des prix subventionnés, avec un élargissement du soutien à d'autres cultures céréalières et légumineuses, a-t-il précisé. Le ministre a également souligné que la programmation des grandes cultures d'automne a dépassé 4,4 millions d'hectares, dont plus de 3,7 millions d'hectares consacrés aux céréales, en progression notable par rapport à la saison précédente. Parallèlement, 650.000 tonnes d'engrais phosphatés ont été rendues disponibles aux mêmes prix que l'an dernier, tandis qu'un programme d'assurance agricole a été déployé pour couvrir près d'un million d'hectares, dans une logique de gestion des risques climatiques. À partir de la mi-novembre, la campagne a connu un net infléchissement positif grâce à des précipitations pluviométriques et neigeuses importantes. Ces apports ont amélioré les conditions de semis, favorisé la levée des cultures et contribué à la régénération des parcours pastoraux. À ce jour, le cumul moyen des précipitations s'établit à environ 360 millimètres, soit une hausse de 54 % par rapport à la moyenne des trente dernières années et de 215 % comparativement à la même période de la saison précédente, affirme le ministre. Cette dynamique pluviométrique s'est traduite par une amélioration sensible des réserves hydriques. Les barrages à vocation agricole affichent un volume stocké de 8,22 milliards de mètres cubes, correspondant à un taux de remplissage de 58 %, contre 25 % un an auparavant. Le volume global des retenues, toutes catégories confondues, atteint désormais 10,26 milliards de mètres cubes, soit un taux de remplissage de 61 %, alors qu'il ne dépassait pas 28 % l'année précédente. Sur le plan des réalisations agricoles, les superficies labourées ont atteint environ 4,5 millions d'hectares, avec un taux d'avancement proche de 95 %. Les cultures d'automne couvrent plus de 4 millions d'hectares, en hausse de 40 % sur un an, dont 430.000 hectares de cultures fourragères et 112.000 hectares de légumineuses alimentaires. Les cultures sucrières ont atteint 44.500 hectares, enregistrant une progression de 24 % par rapport à la campagne précédente, tandis que le semis direct a concerné 215.000 hectares, en augmentation de 27 %. Concernant les cultures maraîchères, les superficies des légumes d'automne ont atteint 100.000 hectares, pour une production attendue d'environ 2,1 millions de tonnes, en hausse de 300.000 tonnes sur un an. Les cultures hivernales devraient couvrir près de 68.000 hectares, permettant d'assurer l'approvisionnement régulier des marchés nationaux entre février et juin, notamment durant le mois de Ramadan. Les filières arboricoles enregistrent également une nette reprise, avec une production d'agrumes estimée à 1,9 million de tonnes, en hausse de 80 % par rapport à la saison précédente. La production d'olives devrait avoisiner le million de tonnes, soit une progression de plus de 100 %, tandis que celle des dattes est estimée à 160.000 tonnes, en augmentation de 55 %. Dans le cadre des programmes de soutien, plus de 1,13 million d'agriculteurs ont bénéficié des aides publiques, pour une enveloppe financière dépassant 5,3 milliards de dirhams, les décaissements devant se poursuivre jusqu'à la fin février puis lors d'une seconde phase prévue au printemps.