Les discussions sur le Sahara, qui se déroulent depuis ce dimanche à l'ambassade des États-Unis à Madrid et réunissent les délégations des quatre parties prenantes, avancent de manière significative. Elles devraient permettre d'imposer un consensus autour d'un règlement basé sur l'initiative d'autonomie sous souveraineté marocaine. Les chefs de la diplomatie du Maroc, de l'Algérie et de la Mauritanie ont rencontré des représentants du Polisario à Madrid, dans le cadre de ce premier cycle de négociations placé sous la houlette des États-Unis. L'émissaire américain désigné par l'administration du président Donald Trump est Massad Boulos. Conseiller principal du président pour les affaires arabes et africaines, il avait précédemment déclaré que le règlement de ce dossier constituait une priorité absolue pour Washington. Les rencontres ont débuté ce dimanche 8 février dans les locaux de l'ambassade américaine, marquant la volonté affichée de Washington de donner un coup d'accélérateur au règlement politique de ce différend. L'objectif est d'appliquer la feuille de route tracée par la dernière résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée en novembre dernier. Les États-Unis s'étaient proposés pour engager et accueillir ce processus de médiation entre les quatre parties, après plusieurs tentatives onusiennes restées vaines, notamment en raison du refus de l'Algérie d'admettre son rôle historique et prépondérant dans ce conflit. Cette fois-ci, Washington n'a laissé aucune échappatoire et a choisi l'Espagne comme premier lieu de rendez-vous pour entamer les pourparlers. L'Espagne, ancienne puissance coloniale s'étant retirée du Sahara en 1975 à la faveur du retour du territoire sous souveraineté marocaine, adopte dans cette configuration une posture de neutralité. Les États-Unis, qui ont déjà reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara en s'appuyant sur des fondements historiques et juridiques, jouent aujourd'hui un rôle central pour mettre fin à des décennies de blocage et concrétiser le consensus international autour de la marocanité des provinces du Sud. Si le contenu précis des réunions demeure confidentiel afin d'éviter toute interprétation prématurée, le ton est donné : les parties les plus récalcitrantes, à savoir l'Algérie et le front Polisario, devront se plier au consensus international et aux directives de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée le 31 octobre dernier. Cette réunion historique initiée par les Américains met ainsi un terme à plusieurs années d'obstruction algérienne, qui avait interrompu le processus des tables rondes de l'ONU en 2019. Le Maroc est attendu pour présenter et détailler son plan d'autonomie : ses mécanismes, ses détails techniques et sa mise en œuvre. Il s'agira de la proposition centrale et de l'unique cadre autour duquel la solution sera articulée. Les mois à venir seront déterminants pour poursuivre le travail amorcé, d'autant que ces derniers jours, les représentants du Polisario ont montré des signes d'ouverture à la négociation sur cette base. À la suite de l'annonce de cette rencontre en Espagne, l'ONU est restée prudente sur le fond des échanges. « Concernant le Sahara occidental, je tiens à signaler que des délégations de haut niveau des Nations unies, dont l'Envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura, ainsi que des représentants des États-Unis, ont mené des discussions à Madrid avec des représentants du Maroc, du Front Polisario, de l'Algérie et de la Mauritanie. Ces discussions portent sur la mise en œuvre de la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité, relative au Sahara occidental », a déclaré lundi Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général de l'ONU, lors de son point de presse quotidien. Il a ajouté que les échanges se poursuivaient, précisant : « Dès que nous aurons des résultats tangibles à partager, nous vous en informerons. »