Des sources concordantes évoquent un malaise politique croissant après une rencontre tenue sans coordination préalable avec le ministre de la Justice, Abdellatif Ouhbi, lequel a pointé « la méthode et le respect des usages gouvernementaux ». Un nouvel épisode de friction traverse les rangs de la majorité gouvernementale. Selon une source responsable au sein du département de la Justice, la rencontre entre le Chef du gouvernement et l'Association des barreaux aurait été organisée « en dehors de toute coordination avec le ministre de tutelle », suscitant des réserves au sein de la coalition. La même source, qui s'est confiée à Hespress, estime que la méthode adoptée « soulève des interrogations quant au respect des usages du travail gouvernemental collectif », rappelant que le projet de loi en question relève directement des attributions du ministre chargé du secteur. En ce sens, le Parti authenticité et modernité (PAM), en tant que composante centrale de la majorité et dont relève Ouahbi, aurait exprimé des réserves quant à la manière dont le dossier a été géré. Le ministre concerné irait jusqu'à brandir la menace de démission, dénonçant ce qu'il considère comme un contournement du principe de concertation au sein de l'Exécutif. « Il s'agit du ministre directement en charge du projet objet de la controverse, et pourtant aucun contact n'a été établi avec lui », insiste notre interlocuteur. Malaise politique et crispations internes Au sein de la majorité, certains cadres évoquent un « précédent délicat ». Le projet de réforme, déjà adopté en Conseil de gouvernement, aurait fait l'objet de concertations élargies avec différents départements, en plus d'échanges avec des représentants de la profession. Selon nos informations, le ministre concerné considère que toute médiation politique ou institutionnelle autour d'un texte examiné par l'Exécutif devrait se faire dans un cadre formel, associant les parties directement impliquées. À défaut, cela risquerait d'ouvrir la voie à des lectures divergentes et à des tensions inutiles au sein de la majorité. Des voix internes soulignent également que le texte représente l'État dans son ensemble et non un seul département ministériel. Dès lors, toute modification substantielle en cours de procédure législative pourrait susciter des résistances, notamment au Parlement, où certaines composantes tiennent à préserver les équilibres arrêtés lors de son adoption initiale. Silence officiel Le communiqué publié à l'issue de la rencontre avec les représentants des avocats n'a pas été suivi d'une clarification officielle de la part du gouvernement, alimentant les interprétations politiques. « Une mise au point aurait permis d'éviter l'amplification des spéculations », confie une source parlementaire. À ce stade, aucune position officielle n'a été rendue publique pour préciser la portée exacte des discussions engagées ni leur impact sur le parcours législatif du texte. Dans les cercles politiques, plusieurs observateurs estiment que la gestion de ce dossier sensible constituera un test pour la cohésion de la majorité et pour sa capacité à préserver l'esprit de solidarité gouvernementale.