Face à l'escalade militaire entre les États-Unis et l'Iran, la ministre de l'Économie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, assure que le Royaume anticipe d'éventuelles répercussions sur le front énergétique. Fortement dépendant des importations d'hydrocarbures, le Maroc demeure exposé aux turbulences internationales, mais dispose, selon elle, de mécanismes suffisants pour amortir un choc externe. Au lendemain d'un week-end marqué par une montée des tensions au Moyen-Orient, Nadia Fettah Alaoui a réagi aux développements récents lors d'une intervention sur BFM TV. « Nous déplorons évidemment cette crise au Moyen-Orient », a-t-elle déclaré, évoquant « une solidarité avec les pays frères » et « une pensée pour les populations civiles ». Sur le terrain économique, la ministre a rappelé la réalité structurelle de l'économie nationale: «Nous sommes dans les chaînes globales de l'économie. Nous importons nos hydrocarbures». Cette dépendance rend le pays sensible à toute flambée durable des cours internationaux, notamment du pétrole. Pour autant, le gouvernement affirme avoir anticipé ce type de scénario. « Nous sommes prêts à d'éventuels impacts sur notre économie », assure-t-elle, insistant sur les outils activés ces dernières années pour faire face aux chocs inflationnistes successifs. « Nous avons hélas ces dernières années à expérimenter nos boucliers en faveur des populations les plus vulnérables et pour protéger l'économie », a-t-elle souligné, mettant en avant l'expérience acquise dans la gestion des crises récentes. Parmi les facteurs de résilience avancés figurent la solidité des réserves de change, la transformation progressive du mix énergétique et la capacité d'adaptation de l'économie marocaine. « Nous avons des réserves de change, un mix énergétique qui est de plus en plus vert et puis une économie qui a prouvé sa résilience », a-t-elle affirmé. La diversification énergétique devrait, selon elle, démontrer son efficacité dans les semaines à venir. Sur le plan budgétaire, la pression est déjà perceptible. « Sur le pétrole, nous l'avons budgété à 65$ dans notre loi de finances. Vous savez qu'il est déjà à 85$ », a rappelé la ministre. Un écart qui, s'il devait se prolonger, pèserait sur les équilibres financiers. Concernant le gaz, Nadia Fettah Alaoui se montre plus rassurante. « Le gaz, c'est vraiment une consommation plutôt domestique. Ça a un impact, mais qui est complètement contenu et que nous pouvons, on va dire, avec nos finances publiques, confronter », a-t-elle estimé, tout en reconnaissant que cette situation ne saurait s'inscrire dans la durée. « Mais on espère vraiment qu'on n'aura pas à le faire durablement », a-t-elle dit. En définitive, la ministre dit espérer une crise « courte », tout en revendiquant une approche fondée sur l'anticipation et la responsabilité, affirmant qu'« en responsabilité, nous avons le plan d'action qu'il faut ». Il est à noter que les marchés de l'énergie restent tendus sous l'effet des risques géopolitiques. Selon les dernières cotations, le baril de Brent se négociait ce mercredi 4 mars aux alentours de ~81,8 USD et le West Texas Intermediate (WTI) autour de ~74,8 USD, des niveaux significativement supérieurs à ceux observés avant l'escalade, reflétant la prime de risque attachée aux approvisionnements mondiaux.