Interrompu depuis 2017, le rêve de voir Tanger inscrite sur la prestigieuse liste du patrimoine mondial de l'UNESCO reprend vie. Poussée par l'échéance de la Coupe du Monde de football 2030, la ville du Détroit mobilise ses forces vives pour constituer un dossier solide et faire reconnaître sa « valeur universelle exceptionnelle ». C'est un chantier stratégique qui vient de sortir de son sommeil. Mercredi dernier, l'Observatoire pour la protection de l'environnement et des monuments historiques de Tanger, épaulé par la Direction régionale de la Culture, a sonné la mobilisation générale. L'objectif est clair : réactiver et actualiser le dossier de candidature de Tanger pour son inscription au patrimoine mondial de l'humanité. Lancé en 2017, le projet avait été mis en pause pour des raisons restées floues. Aujourd'hui, l'heure n'est plus à l'attentisme mais à la méthode. Pour éviter les écueils de la première tentative, les autorités locales adoptent une approche plus technique et rigoureuse. Lors de cette réunion de relance – qui a rassemblé des représentants de l'Observatoire, de la Culture, du Tourisme et de l'Agence des eaux et forêts –, la priorité a été donnée au renforcement des compétences. Il ne s'agit plus seulement de lister des monuments, mais de répondre aux exigences millimétrées de l'organisation onusienne. Une session de formation, en coordination directe avec l'UNESCO, est d'ores et déjà programmée pour aider les cadres locaux à bâtir un dossier intégré et irréprochable. En parallèle, un vaste inventaire des sites nécessitant une protection juridique au titre de la législation marocaine est en cours, prélude à de prochaines visites de terrain. Si le chemin administratif est complexe, la matière première, elle, est bien là. Tanger n'a pas à rougir de ses atouts. Véritable carrefour des civilisations, point de rencontre entre l'Afrique et l'Europe, l'Atlantique et la Méditerranée, la ville est un creuset culturel unique. De sa médina historique accrochée à la colline, à sa majestueuse Kasbah surplombant le détroit de Gibraltar, en passant par les vestiges de son époque fascinante de « Zone Internationale » et son patrimoine naturel comme les célèbres Grottes d'Hercule, Tanger possède tous les arguments pour prouver sa Valeur Universelle Exceptionnelle. Mais pourquoi cette soudaine accélération ? Le calendrier n'est pas dû au hasard. L'Observatoire a souligné l'urgence d'ériger ce chantier en priorité stratégique à l'approche de la Coupe du Monde de la FIFA 2030, co-organisée par le Maroc. Accueillir les délégations et les supporters du monde entier en arborant le prestigieux label de l'UNESCO donnerait à la métropole nordiste un rayonnement international sans précédent. Au-delà du prestige sportif, c'est l'occasion de consolider un tourisme culturel de qualité et de garantir des fonds et une protection stricte contre l'urbanisation sauvage, préservant ainsi l'âme de la ville pour les générations futures. Le label UNESCO se mérite et le processus s'apparente à un marathon diplomatique et scientifique. Tout commence par l'inscription sur la liste indicative, qui fait office de pré-sélection à l'échelle nationale. Vient ensuite la constitution du dossier, la phase actuelle dans laquelle s'investit Tanger, nécessitant de réunir des preuves historiques, juridiques et de définir des plans de gestion stricts. L'étape suivante consistera en une évaluation sur le terrain par des experts internationaux (notamment l'ICOMOS), qui viendront scruter la ville et son état de conservation. Enfin, le verdict final sera prononcé par le Comité du patrimoine mondial lors de sa session annuelle.