Les précipitations enregistrées ces derniers jours au Maroc commencent à produire leurs effets sur les ressources hydriques nationales. Plusieurs barrages stratégiques du Royaume ont connu, au cours des dernières 24 heures, des apports significatifs en eau, contribuant à améliorer sensiblement leurs niveaux de remplissage après plusieurs années marquées par un stress hydrique persistant. Cette évolution intervient dans un contexte météorologique instable. Selon la Direction générale de la météorologie, un système dépressionnaire en altitude continue d'influencer les régions du nord et du centre du pays, entraînant des averses parfois soutenues ainsi que des chutes de neige sur les reliefs. Une amélioration progressive des conditions météorologiques est toutefois attendue au début de la semaine prochaine. Parmi les barrages ayant enregistré les apports les plus importants figure le Barrage Bin El Ouidane, situé dans la province d'Azilal. Cet ouvrage hydraulique a reçu environ 5,1 millions de mètres cubes d'eau supplémentaires, ce qui porte son taux de remplissage à près de 75,4 %. Ce niveau est considéré comme relativement confortable à l'approche des phases cruciales de la saison agricole. Dans le nord du pays, le Barrage Cherif Al Idrissi, dans la province de Tétouan, a enregistré près de 3,3 millions de mètres cubes d'apports. Son taux de remplissage atteint désormais environ 95%, renforçant ainsi les réserves destinées à l'alimentation en eau potable dans la région. D'autres ouvrages ont également bénéficié de ces précipitations. Dans la province de Béni Mellal, le Barrage Ahmed El Hansali a reçu près de 3 millions de mètres cubes d'eau, portant son taux de remplissage à 70,4 %. Quant au Barrage 9 Avril 1947, situé dans la préfecture de Tanger-Assilah, il a enregistré environ 2,2 millions de mètres cubes d'apports supplémentaires, ce qui a permis d'élever son taux de remplissage à près de 72,9 %. La situation s'est également stabilisée au niveau du Barrage Oued El Makhazine, dans le bassin du Loukkos. Après plusieurs semaines marquées par des apports exceptionnels ayant fait craindre un dépassement critique des capacités de l'ouvrage et suscité une vive inquiétude dans la région de Ksar El Kebir, le niveau de remplissage du barrage est redescendu sous la barre des 100 %. Selon des données actualisées de l'Agence du bassin hydraulique du Loukkos, le taux de remplissage de ce barrage stratégique s'établissait mercredi à 99,62 %. Le niveau d'eau a reculé à environ 61,43 mètres, tandis que le volume stocké atteint près de 670 millions de mètres cubes. Cette évolution marque un retour à une situation jugée plus stable et rassurante pour les autorités locales et les habitants, après les craintes suscitées par les niveaux exceptionnellement élevés enregistrés récemment, qui avaient dépassé les 160 % de la capacité normale du barrage. À l'échelle nationale, ces précipitations se traduisent par une amélioration notable des réserves hydriques. Les stocks d'eau dans les barrages du Royaume atteignent désormais environ 12,2 milliards de mètres cubes, soit une progression d'environ 161 % par rapport à la même période de l'année précédente. Le taux de remplissage global des barrages marocains s'établit ainsi à 70,5 % à la date du 4 mars 2026. Pour les spécialistes, ces indicateurs traduisent une dynamique hydrologique positive, sans pour autant signifier la fin définitive de la crise de l'eau. Selon eux, cette amélioration offre une marge de manœuvre supplémentaire pour la gestion des ressources hydriques dans les mois à venir, notamment pour sécuriser l'approvisionnement en eau potable et soutenir la campagne agricole. Cependant, plusieurs années consécutives de sécheresse ont profondément affecté les sols et les bassins hydrauliques du pays. Selon les experts, plusieurs saisons pluvieuses régulières seront nécessaires pour rétablir durablement l'équilibre hydrologique. Ils insistent également sur la nécessité de poursuivre les efforts engagés dans les politiques de gestion durable de l'eau, notamment à travers le développement du dessalement de l'eau de mer, l'amélioration de l'efficacité hydrique et la réutilisation des eaux usées. Si les pluies récentes constituent un signal encourageant, les spécialistes appellent ainsi à maintenir une gestion prudente et responsable de la ressource, afin de consolider les acquis et de renforcer la résilience du Maroc face aux défis climatiques futurs.