Christopher Ross, ancien envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara (2009-2017), a souligné que les efforts internationaux visant à résoudre le conflit amorcent un tournant décisif suite à l'adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Il a précisé que cette résolution confère aux États-Unis un rôle de premier plan dans la conduite du processus de négociation, ces derniers s'étant montrés disposés à accueillir les pourparlers pour appuyer la mission de l'envoyé onusien, Staffan de Mistura. Dans une analyse publiée récemment, Ross a ajouté que cette évolution a généré une nouvelle dynamique diplomatique après des années de blocage. Celle-ci s'est matérialisée par la tenue, en janvier et février à Madrid puis Washington, d'une série de réunions ministérielles confidentielles. Ces rencontres ont rassemblé des délégations du Maroc, du Polisario, de l'Algérie et de la Mauritanie, ainsi que de hauts responsables américains et onusiens. L'ex-diplomate américain a expliqué qu'il s'agit des premières réunions de niveau ministériel exclusivement dédiées au dossier du Sahara. Cependant, leur caractère secret et l'absence de communiqués officiels ont limité la couverture médiatique à des fuites reflétant les positions historiques des protagonistes : le Maroc maintient son initiative d'autonomie comme base de solution réaliste, tandis que le Polisario réaffirme que le référendum demeure le seul outil d'autodétermination pour le territoire. Ross a fait observer que la dernière résolution de l'ONU a entériné une nouvelle approche au sein du Conseil de sécurité. Celle-ci consiste à retenir la proposition d'autonomie marocaine comme base de discussion, en omettant toute référence au projet de référendum prôné par le Polisario. L'ancien responsable de l'ONU a qualifié ce changement d'« évolution majeure dans le traitement du conflit par le Conseil ». Dans le même ordre d'idées, l'auteur a relevé que certains médias ont fait écho à une version élargie de la proposition d'autonomie marocaine, détaillée dans un document de plus de quarante pages. Il a souligné que « cette mouture enrichie pourrait servir de base technique lors des prochaines sessions de négociations, bien que ses contours n'aient pas encore été officiellement confirmés par l'ensemble des parties ». Christopher Ross a par ailleurs rappelé les propos tenus par le conseiller américain Massad Boulos lors du dernier Forum de Munich sur la sécurité, confirmant que Washington inscrit son action dans le cadre de la nouvelle résolution onusienne. Il estime que l'accord des quatre parties pour participer à ces réunions constitue un signal positif quant à la relance du processus de paix, en dépit de sa complexité. Abordant ensuite la question centrale de l'autodétermination, l'auteur a averti que tout accord éventuel serait voué à l'échec s'il n'obtient pas l'adhésion de la majorité des Sahraouis, qu'ils vivent sur le territoire, dans les camps de réfugiés ou au sein de la diaspora. Sans ce consensus, a-t-il précisé, « le risque est d'aboutir à un accord précaire, contestable et porteur d'instabilité ». À cet égard, le responsable américain a soutenu que le référendum n'est plus l'instrument le plus usité ni le plus efficace pour exercer le droit à l'autodétermination. Il a évoqué des alternatives envisageables, s'appuyant sur l'exemple de la « Loya Jirga », l'assemblée traditionnelle afghane qui a permis de prendre des décisions cruciales pour le pays sans recourir à la consultation populaire directe. L'ancien médiateur a également mis l'accent sur l'impératif de concevoir des garanties internationales robustes pour encadrer un futur accord. Cette précaution est d'autant plus nécessaire que la méfiance règne entre les parties, exacerbée par l'échec des précédentes tentatives onusiennes. En conclusion, Christopher Ross a jugé que l'implication américaine pour raviver les pourparlers est une avancée indéniable après une longue période de stagnation. Toutefois, cette initiative demeure fragile face aux obstacles politiques et juridiques qui entravent la résolution du conflit. Le succès d'un règlement définitif, a-t-il affirmé, reposera ultimement sur la capacité à forger une formule de compromis capable d'articuler les exigences de l'autonomie avec les aspirations des différentes parties.