Le syndicat Union nationale du travail au Maroc (UNTM) a exprimé sa vive inquiétude face à la poursuite de la hausse des prix au Maroc, dénonçant l'augmentation continue du coût de plusieurs produits de première nécessité et de certains services. Dans une communication, ce mardi 10 mars, la centrale syndicale met en garde contre les conséquences sociales de cette situation, estimant que la flambée des prix pourrait alimenter des tensions sociales si aucune mesure urgente n'est prise. L'organisation syndicale attribue cette situation à ce qu'elle qualifie d'échec des politiques sociales et des résultats jugés insuffisants du dialogue social mené ces dernières années. Selon elle, la persistance de la cherté de la vie, notamment durant le mois de Ramadan, risque d'accentuer les difficultés économiques des ménages marocains. La hausse des prix des produits de base et de nombreux services, poursuit le syndicat, contribue à éroder davantage le pouvoir d'achat des travailleurs et des familles, dans un contexte où les salaires restent jugés insuffisants et peu adaptés à l'évolution du coût de la vie. L'UNTM met également en garde contre toute tentative d'augmentation des prix des carburants qui pourrait être justifiée par les tensions géopolitiques actuelles au Moyen-Orient, notamment la guerre impliquant l'Iran. En ce sens, la centrale syndicale appelle les opérateurs du secteur à éviter toute hausse injustifiée des tarifs des carburants, rappelant que les importateurs sont tenus de maintenir un stock stratégique équivalant à trois mois de consommation. Selon le syndicat, toute augmentation des prix avant l'épuisement de ces stocks serait difficilement justifiable pour les consommateurs. Une nouvelle hausse des carburants, prévient l'organisation, risquerait d'aggraver davantage la hausse générale des prix, en raison de l'impact direct du coût de l'énergie sur le transport, les services et de nombreux produits de consommation. Face à cette situation, l'UNTM appelle le gouvernement à adopter des mesures immédiates pour protéger le pouvoir d'achat des citoyens. Le syndicat plaide notamment pour un renforcement du contrôle des marchés afin de lutter contre les pratiques spéculatives et les situations de monopole qui contribuent à l'augmentation des prix. L'organisation demande également une révision de la politique fiscale afin de renforcer l'équité au profit des salariés et de la classe moyenne, tout en accélérant la mise en œuvre des réformes sociales liées à la généralisation de la protection sociale et à l'amélioration des conditions des retraités et des catégories les plus vulnérables. Des inquiétudes sur le marché du travail Au-delà de la question des prix, le syndicat critique également la situation du marché de l'emploi au Maroc. Il pointe la persistance de taux de chômage élevés, en particulier chez les jeunes et les diplômés, ainsi que l'expansion du secteur informel qui prive de nombreux travailleurs de protection sociale et de droits professionnels fondamentaux. Il dénonce par ailleurs la lenteur dans le traitement de plusieurs dossiers sociaux et professionnels dans des secteurs clés comme la santé, l'éducation et l'enseignement supérieur. Selon l'UNTM, ces retards contribuent à alimenter un climat de tension sociale et à fragiliser la stabilité professionnelle. Dans ce contexte, la centrale syndicale insiste sur la nécessité de relancer un dialogue social qu'elle souhaite plus efficace et fondé sur une approche participative. L'objectif, selon elle, est d'aboutir à des accords concrets permettant d'améliorer les conditions des travailleurs, tant durant leur carrière qu'au moment de leur retraite. Elle appelle également à une réforme globale du système salarial afin d'augmenter les revenus et de réduire les disparités jugées importantes entre les différentes catégories professionnelles.