Brahim Ghali, chef du Polisario / DR ‹ › Le Front Polisario cherche à minimiser l'érosion de ses soutiens sur la scène internationale. «Nous conservons notre soutien, et la reconnaissance de l'Etat sahraoui est une reconnaissance permanente en vertu du droit international ; elle ne disparaît pas», a déclaré Abdellah Arabi, représentant du Polisario en Espagne, lors d'une interview accordée à un média des îles Canaries. «Certains gouvernements modifient la nature de leurs relations, les gèlent ou les retirent, mais la reconnaissance de l'Etat sahraoui demeure intacte. Cela fait partie du discours que le Maroc cherche à promouvoir. Nous restons membre fondateur de l'Union africaine et entretenons des relations avec la majorité des pays, 84 pour être précis, qui reconnaissent l'Etat sahraoui.» Cette volonte de rassurer l'opinion publique à Tindouf intervient deux semaines après que la Bolivie a annoncé la suspension de sa reconnaissance de la «république arabe sahraouie démocratique (RASD)». Cette dynamique n'a pas empêché le représentant du Front en Espagne de minimiser la dynamique internationale favorable à l'initiative marocaine d'autonomie pour le Sahara occidental. «Ces opinions n'excluent pas l'autre option : l'autodétermination du peuple sahraoui. Le Maroc utilise cette propagande pour tenter, en théorie, de rallier des soutiens à sa proposition d'autonomie. Mais en réalité, tous ces pays qui se sont exprimés inscrivent également la solution dans le cadre du droit international et, lorsqu'ils l'invoquent, ils se réfèrent aux résolutions des Nations unies, qui prévoient toutes un référendum.» Cette position exprimée par Abdellah Arabi est également partagée par le représentant du Polisario à New York, qui a qualifié le plan d'autonomie marocain de «manœuvre dangereuse». En février dernier, l'administration de Donald Trump a initié deux rounds de discussions sur le dossier du Sahara occidental, réunissant le Maroc, l'Algérie, le Polisario et la Mauritanie, autour de la proposition marocaine d'autonomie.