Les pharmaciens se sont soulevés contre l'Institut de recherche Pasteur, en adressant une lettre de « colère » au ministre de la Santé, dénonçant le «monopole» pratiqué par l'Institut sur le vaccin contre la grippe A H1N1, et le vaccin contre la méningite pour les pèlerins. Infos ou intox ? Hespress Fr a mené sa petite enquête et s'est renseigné sur cette affaire. Les détails. Le bras de fer entre les pharmaciens et l'Institut Pasteur ne fait que commencer. Dans une lettre ouverte adressée au ministre de la Santé, Anas Doukkali, par la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc, les pharmaciens ont exprimé leur déroutement de «la manière dont la maladie H1N1, qui a enregistré des décès dans plusieurs villes du royaume, a été traitée par le ministère de la santé». Ils se son également élevés contre «l'exclusivité accordée à l'institut Pasteur pour la vente et le traitement contre la grippe A H1N1 et le vaccin contre la méningite pour les pèlerins», peut-on lire dans la lettre. Face à cette situation, l'Institut Pasteur a tenu à mettre le point sur cette affaire et «éclairer» l'opinion publique, en publiant un communiqué conjoint avec le ministre de la Santé. Contacté par Hespress Fr, le Professeur Abderrahmane El Maâroufi, directeur de l'institut Pasteur, se demande bien « pourquoi on s'attaque à l'Institut Pasteur?« . C'est la question que la plupart se pose, surtout après le coup de gueule des pharmaciens, qui selon eux, cette situation « d'exclusivité » ne facilite pas « l'accès aux soins aux citoyens« . Les explications de l'Institut Pasteur Mais y a-t-il réellement un monopole ou une exclusivité accordée à l'Institut Pasteur ? Le communiqué de l'Institut explique et répond bien comme il faut à cette question. Pour commencer, l'Institut détaille les types des vaccins qui existent ainsi que leur mode d'utilisation et comment ils sont distribués aux établissements de santé, ainsi que les pharmacies. Premièrement, «le vaccin de la grippe -Vaxi Grippe- dont la commercialisation est autorisée dans notre pays, comprend deux types de conditionnement», peut-on lire dans le communiqué. «Le premier type est le multidose. Il ne peut pas être vendu aux pharmacies, puisque le patient a besoin que d'une seule dose». Et dans ce sens, l'institut précise qu'il «détient l'autorisation de commercialiser ce type de vaccin uniquement. À savoir qu'il est importé chaque année durant les mois de septembre-octobre (début de la saison grippale) et distribué pour être utilisé dans les établissements de santé». Le deuxième type de vaccin grippal, est l'«unidose». Il est conditionné dans une boite spécifique pour une utilisation unique et commercialisé par les pharmacies, souligne le communiqué. «Ce type de vaccin est fabriqué, importé et distribué par le laboratoire qui possède sa licence de commercialisation». A propos des vaccins contre la méningite Il y a également le vaccin contre la méningite, dont l'Institut Pasteur détient «le monopole», selon la lettre des pharmaciens adressé au ministre de la Santé. Interrogé sur cette « accusation », le Professeur El Maâroufi a tenu à expliqué que «les vaccins contre la méningite, ainsi que les vaccins contre la grippe saisonnière sont tenus par le laboratoire fabricant». Il ajoute que«leur autorisation de mise sur le marché AMM est détenu par le laboratoire qui fabrique le vaccin et donc c'est lui qui s'occupe de la distribution et l'approvisionnement des grossistes et des pharmacies». La requête des pharmaciens est-elle donc légitime ou pas ? Une source proche du laboratoire qui détient l'AMM du vaccin, s'est exclamée vis-à-vis l'indignation des pharmaciens contre l'Institut Pasteur. Elle a confirmé à Hespress Fr que plusieurs pharmaciens effectuent des commandes souvent pour se procurer les vaccins, ce qui met en doute l'indignation des pharmaciens. L'Institut Pasteur est « un centre de recherche, un organe de l'Etat » Dans ce sens, le Professeur El Maâroufi dénonce la lettre des pharmaciens et affirme que l'Institut Pasteur est « un centre de recherche, un organe de l'Etat ». « L'Institut Pasteur n'a rien avoir là dedans. Ce n'est pas nous qui régulant les décisions. On n'a aucune légitimité », affirme notre interlocuteur. Cependant, l'Institut Pasteur détient «l'habilité, entre autres, à exercer la fonction d'un établissement de santé». Ceci-dit, l'établissement a donc pour «mission d'exercer les fonctions d'un établissement pharmaceutique, ainsi que l'importation et la distribution des sérums et des vaccins, uniquement, conformément à la loi». Parmi ses exercices, il y a la vaccination. Un acte que les pharmaciens ne sont pas autorisés à réaliser et qu'ils ont revendiqué dans leur lettre. Interrogé sur ce point, notre interlocuteur répond que « c'est au ministère de la santé de trancher sur ce sujet, l'Institut Pasteur a répondu clairement aux accusations et fausses informations communiqué aux citoyens par la presse« . Et pour conclure, le Professeur El Maâroufi a précisé que « la préoccupation majeure de l'Institut Pasteur est la santé du citoyen et la mise à disposition des soins à toute la population ».