Le 5ème « mandat de la honte » de Bouteflika, comme le surnomme les Algériens, a dérouté ses derniers et les a conduit à la rue. En effet, plusieurs manifestations pacifiques ont été observées dans plusieurs villes de l'Algérie, pour exprimer la colère et l'indignation contre ce mandat jugé « honteux » par les citoyens et qualifié de « masscarade » par l'opposition. Alors que le doute planait sur l'éventualité d'un cinquième mandat du président sortant Abdelaziz Bouteflika, l'annonce de sa candidature à un 5ème mandat a eu l'effet d'une bombe en Algérie. Une vague de colère et de contestation a été observée dans plusieurs régions du pays, notamment dans la capitale Alger, Oran, Kherata, Jijel ou encore Annaba. #خراطة #الأنمسيرة سلمية ضخمة تجوب شوارع مدينة خراطة الأن.المواطنون يحملون شعارات رافضة للعهدة الخامسة. Publiée par وزارة الفقر والسّعادة sur Samedi 16 février 2019 La colère est montée d'un cran Les manifestants ont dénoncé haut et fort la candidature de Bouteflika pour les élections présidentielles prévues le 18 avril. Ces derniers montent également contre les chefs des partis de l'Alliance présidentielle à savoir le FLN, RND, MPA, TAJ ou encore l'ANR qui soutiennent la candidature de Bouteflika, âgé de 81 ans et très amoindri par un AVC survenu en 2013. D'ailleurs, le président algérien ne s'est pas adressé à son peuple directement pendant tout son quatrième mandat. « Bouteflika que Dieu ait son âme » ou encore « le peuple souhaite renverser le régime ». C'est les slogans que scandaient les centaines d'Algériens sortis dans la rue pour dénoncer ce mandat qui est « susceptible d'enfoncer davantage le pays dans la crise politique, économique et sociale qui le ronge ». La colère est montée d'un cran aussi dans les stades de football. Lors du match qui opposait US Biskra au JSM Béjaia au stade de la ville de Biskra, plusieurs jeunes algériens venus voir le match ont crié haut et fort leur ras-le-bol de cette situation, surtout que le chômage bat son plein dans le pays. Appel a été lancé pour manifester dans plusieurs wilayas du pays Sur les réseaux sociaux, un appel a été lancé pour manifester dans plusieurs wilayas du pays le 22 février, tandis que le mouvement Mouwatana prévoit une manifestation dans la journée du 24 février. L'opposition se joint également à la cause du peuple Algériens. « Nous sommes en présence, d'un coup de force dans la lignée de celui qui en 2008 a permis de faire sauter le verrou de la limitation des mandats et qui a fait déjà du 3è mandat un mandat de trop, comme l'a été le 4è mandat et le sera le 5è », a dénoncé le parti de l'opposition Talaie El Hourriyet. Pour Khalid Chegraoui, Professeur d'Histoire et d'anthropologie politique à l'Institut des études africaines, « malheureux que le peuple algérien supporte une telle gabegie, un tel jeu politique entre les vrais détenteurs ». Professeur Chegraoui a estimé que les dirigeants algériens se « moquent du peuple, de son histoire, mais aussi de son avenir ». Du côté des autorités algériennes et des forces de l'ordre, aucune répression n'a été constatée. Ils observent la situation de loin, font des rapports, pour ne pas nuire éventuellement à la campagne de Bouteflika. Un calme qui fait néanmoins « peur » compte à l'approche qu'ils envisagent d'entreprendre pour calmer la colère du peuple algérien.