Une enveloppe de 75 millions de dirhams a été alloué à des projets portés par des associations dans le cadre du programme « Moucharaka Mouwatina » d'appui à la société civile dans les régions de Casablanca-Settat, l'Oriental, Souss-Massa et Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Ce programme dispose d'un bureau de coordination nationale à Rabat. C'est autour du partenariat Etat-société civile que s'est articulée la rencontre, tenue mardi 19 mars à Rabat, en présence de Mustapha El Khalfi, ministre délégué auprès du Chef du gouvernement chargé des relations avec le parlement et la société civile, porte-parole du gouvernement, Claudia Wiedey, ambassadeur, chef de la Délégation de l'Union européenne au Maroc et Mariacarmen Colitti, Directrice du Bureau des Nations unies pour les services d'appui aux projets pour l'Afrique du Nord. Les différents partenaires ont procédé par la même occasion, au lancement national du programme « Moucharaka Mouwatina » d'appui à la société civile au Maroc. Celui-ci vise à renforcer la gouvernance, la transparence du financement public et le développement de partenariats avec la société civile. Financé par l'Union européenne à hauteur de plus de 165 millions de dirhams (15 millions d'euros) pour la période de 2018-2020, « Moucharaka Mouwatina » est mené en partenariat avec le ministère délégué auprès du Chef de gouvernement chargé des relations avec le parlement et la société civile, le Conseil national des droits de l'Homme, l'Institut national de formation aux droits humains (Institut Driss Ben Zekri) et le Bureau des Nations unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS) en tant que partenaire de mise en œuvre et avec la participation de la société civile au Maroc. L'évaluation des politiques publiques D'après UNOPS, ce programme entend accompagner ces réformes et renforcer la contribution effective des organisations de la société civile marocaine à la consolidation de l'Etat de droit, à la démocratisation et au développement socio-économique du pays. « Plus particulièrement, le programme vise à améliorer l'environnement institutionnel et légal des organisations de la société civile marocaine et à promouvoir leur l'implication dans la définition, la mise en œuvre, le suivi et l'évaluation des politiques publiques », explique la même source. Le programme « Moucharaka Mouwatina » appuie les initiatives de la société civile dans les domaines de la jeunesse, de l'égalité et de l'environnement et se déploie au niveau régional, à travers quatre bureaux dans les régions pilotes de Casablanca-Settat, l'Oriental, Souss-Massa et Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Par ailleurs, ce programme dispose d'un bureau de coordination nationale à Rabat. Selon Mustapha El Khalfi, le programme consacre 75 millions pour les projets portés par des associations, mais aussi pour la promotion de la gouvernance de l'appui public aux associations à travers notamment la réforme du cadre de partenariat y afférent. Il a mis en avant l'importance d'adopter un plan de réforme du système d'appui public aux associations en coopération avec divers départements ministériels, dans le respect des règles et principes de transparence, de compétitivité et d'efficience. « Moucharaka Mouwatina » illustre la qualité du partenariat stratégique du Royaume avec l'Union européenne, particulièrement en matière de soutien aux initiatives des associations de la société civile dans les domaines de la jeunesse, de l'environnement et de l'égalité. « Il traduit aussi la volonté commune du Maroc et de l'UE d'accompagner les réformes institutionnelles et juridiques dans lesquelles le Royaume s'est engagé depuis l'adoption de la Constitution de 2011 », a-t-il dit. La démocratie participative Pour Claudia Wiedey, les réformes législatives relatives au cadre réglementaire régissant le champ associatif et aux nouveaux dispositifs de la démocratie participative ont repositionné le rôle de la société civile et sa capacité à influer les grandes réformes en cours dans les secteurs de la jeunesse, de l'égalité et de l'environnement. L'Union européenne, a-t-elle expliqué, a fait le pari de relever les nouveaux défis en concertation avec des organisations de la société civile et des acteurs institutionnels afin de développer une approche territoriale cohérente en réponse aux spécificités et aux besoins des régions et d'être présent au niveau local. « Cette approche permet de réaliser un accompagnement de proximité adapté auprès des organisations de la société civile en fonction de leurs missions, leurs compétences et leur capacité d'action », a-t-elle fait savoir. Des appels d'offre seront lancés prochainement pour appuyer les initiatives de la société civile dans les domaines de la jeunesse, de l'égalité et de l'environnement dans les quatre régions ciblées par le programme. « Le programme apporte également un appui aux institutions publiques en vue d'améliorer l'environnement institutionnel et légal des organisations de la société civile et de permettre la mise en œuvre des recommandations émanant de la société civile dans le cadre du dialogue national », a relevé Mme Wiedey. A signaler qu'une première réunion du comité de pilotage s'est tenue dans la matinée afin de valider le plan d'action du programme pour 2019-2020 et les appels à propositions à destination des organisations de la société civile et d'ajuster les orientations stratégiques.