La course vers la 5G a déjà été lancée. Déployée en début du mois en Corée du Sud, la 5e génération du réseau promet des vitesses allant jusqu'à 10 Gb/s, facilitant de nombreuses tâches qui étaient jusqu'à présent sujettes aux limitations techniques de la 4G. Cela dit, cette technologie n'est pas seulement réservée aux pays développés, du fait que certains pays du continent africain se penchent sérieusement dessus. Le déploiement de la 5G dépend de plusieurs éléments, tout aussi bien techniques que matériels. Son lancement au sein de marché « sous-développés » implique la mise en place d'une infrastructure matérielle très développée, mais surtout « coûteuse ». De plus, il est à noter que sa rentabilité est assez aléatoire, dans la mesure où les prix appliqués pour l'Internet haut débit et très haut débit, ainsi que pour l'ancienne génération du réseau sont bien élevés par rapport à ce qui se pratique à l'étranger. Si les premières prévisions pour l'Europe parlent d'un déploiement fin 2019 début 2020, les opérateurs télécoms du royaume se sont déjà lancés dans le déploiement et les tests de la 5G. Cela place le Maroc parmi les pays africains où le déploiement de la 5G devrait se faire dans les plus brefs délais, contrairement aux prévisions des experts du secteur qui indiquent un retard d'au moins une année dans ce sens. En plus des actions entreprises par les 3 opérateurs nationaux pour le déploiement de la 5e génération du réseau, l'autorité qui réglemente le secteur, à savoir l'Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT) a mis en place un cadre juridique pour le bon déroulement des choses. Ainsi, la loi n° 121-12, modifiant et complétant la loi n° 24-96, a pour objectif de faciliter la transition vers la 5G pour les opérateurs et leurs clients, mais aussi d'encadrer son lancement en évitant au maximum les dépassements et les actions de concurrence déloyale. Le Maroc est sur le bon chemin pour la 5G Ainsi, les experts du secteur des télécoms indiquent que le royaume est parmi les pays les plus avancés, en termes d'innovations technologiques pour le déploiement de la 5G. Les opérateurs télécoms du Maroc ont ainsi fait appel aux plus grands noms du domaine, afin de les fournir, mais aussi développer l'infrastructure actuelle du réseau. Il est vrai que certaines régions du pays ne disposent toujours pas de la couverture réseau basique, mais cela devrait s'arranger avec la 5 G, qui promet une couverture à « 100 % », en plus d'un accès 24h/7 j. Cette situation ne peut être que bénéfique pour le Maroc, qui a affiché un taux de pénétration de 130,73 %, selon les données de l'ANRT pour l'année 2018. Cela résulte directement de la facilité d'accès aux équipements, notamment les smartphones, phablettes et tablettes, ainsi que du succès des diverses offres télécoms auprès des consommateurs nationaux. Ainsi, 99,8 % des ménages marocains utilisent un smartphone de façon quotidienne, que ce soit dans le milieu urbain tout aussi bien que rural. Pour ce qui est du taux de pénétration d'Internet, les données de l'ANRT indiquent qu'il s'est placé à 67,5 % en 2018, ce qui dépasse de loin la moyenne en Afrique, qui est de 36 % seulement. Si l'on devait effectuer une comparaison poussée, la GSM Association (GSMA), qui représente les plus grands noms du secteur télécom, avait indiqué dans son rapport concernant l'état de l'accès à l'Internet mobile en 2018 qu'en Afrique subsaharienne, 21 % de la population était couverte et connectée effectivement en 4G, contre 38 % qui était couverte mais pas connectée. Cela dit, le continent reste assez « timide » pour ce qui est du taux de pénétration d'Internet. Selon les données du rapport de Hootsuite et We are social, l'Afrique affichait un taux de pénétration d'Internet de 36 % à hauteur de janvier 2019, contre 71 % dans le Moyen-Orient, 78 % en Amérique et 82 % en Europe. L'accès à la data en Afrique reste donc assez loin d'être aligné sur les performances du secteur dans le reste du monde. Un coût d'accès qui reste assez cher Cela dit, en plus de ces limitations techniques, le coût de la 5G ne devrait pas être à la portée de tous. Par exemple, au Maroc, les prix pratiqués pour l'accès à la fibre optique commencent à 500 dirhams le mois pour un débit théorique de 100 Mb/s. Dans ce sens, l'Alliance for Affordable Internet (A4AI) indique que le pays qui offre le meilleur rapport prix-offre pour le haut débit sur le continent africain n'est nul autre que l'Egypte. Le pays propose le volume de 1GB de data au prix de 1,12 dollar US. Le Soudan vient en second lieu avec une offre de 1GB à 1,20 dollar US, suivi par le Rwanda avec 1 GB à 2,80 dollars US. Le Maroc est à 5,21 dollars US pour 1GB. La Guinée équatoriale est par contre, le pays où l'accès au haut débit mobile est le plus cher du continent, avec un prix de 34,80 dollars US pour 1 GB de data. La question qui se pose maintenant est : est-il intéressant d'investir dans un terminal doté de 5G actuellement ? Pas vraiment, du fait que la technologie est à ses débuts dans le monde entier. L'Afrique n'en dispose toujours pas. Il serait donc plus intéressant d'acquérir un terminal doté de 5G une fois que le réseau sera mis en place, mais qu'il aura surtout fait ses preuves, quoique la réalité des débits théoriques sera bel et bien de la partie.