La transformation numérique de l'Etat franchit une nouvelle étape au Maroc avec le lancement d'IDARATI x.0, une méta-application pensée pour redessiner l'expérience administrative des citoyens. Porté par le Ministère de la Transition Numérique et de la Réforme de l'Administration, le projet ambitionne de dépasser la logique classique des portails publics pour proposer un accès intelligent, personnalisé et intégré aux services de l'administration. IDARATI ne se limite pas à centraliser des liens vers différentes plateformes. L'approche retenue vise à créer un véritable écosystème numérique articulé autour d'un wallet national intelligent. Ce portefeuille numérique agirait comme un conteneur sécurisé, capable d'héberger des justificatifs, attestations et données administratives, tout en laissant au citoyen la maîtrise de leur partage. L'architecture envisagée s'appuie sur l'identité nationale régalienne, notamment la carte nationale d'identité fournie par la Direction Générale de la Sûreté Nationale, afin de garantir un ancrage institutionnel solide. Le chantier repose sur des principes méthodologiques clairs : « Privacy by design » et « Security by design ». Autrement dit, la protection des données et la sécurité des systèmes ne sont pas des ajouts tardifs, mais des fondations intégrées dès la conception. Dans cette dynamique, la Commission Nationale de contrôle de la protection des Données à caractère Personnel a joué un rôle structurant à travers des ateliers organisés en 2024 autour du concept de wallet et des exigences réglementaires en matière de données personnelles. L'objectif est de bâtir une architecture conforme aux standards de protection, tout en restant opérationnelle et évolutive. La logique de co-construction constitue un autre pilier du projet. Plusieurs institutions publiques ont d'ores et déjà rejoint l'initiative, parmi lesquelles le Ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, le Ministère du Transport et de la Logistique, l'Agence Nationale de la Conservation Foncière, du Cadastre et de la Cartographie, l'Agence Nationale de la Sécurité Routière ainsi que la Caisse Nationale de Sécurité Sociale. Côté privé, IDAKTO, SHAREID et La Marocaine Electronique des E-Services participent également à la réflexion technique et opérationnelle. Au-delà de l'outil technologique, IDARATI dessine un changement de paradigme. L'administration ne serait plus perçue comme un ensemble fragmenté de services, mais comme une interface cohérente, capable d'anticiper les besoins, de réduire les démarches répétitives et de fluidifier les interactions. À terme, le wallet national pourrait devenir la clé d'accès à un large éventail de prestations, depuis les services sociaux jusqu'aux formalités liées au transport ou au foncier. D'autres acteurs publics et privés sont appelés à rejoindre cette dynamique, signe que le projet s'inscrit dans une vision systémique de la modernisation administrative au Maroc. Si la réussite dépendra de la robustesse technique et de la confiance des citoyens, IDARATI pose déjà les bases d'un Etat plateforme, où l'identité numérique sécurisée devient le socle d'une relation plus simple, plus rapide et plus transparente entre le citoyen et l'administration.