Le ministère de la transition numérique et de la réforme de l'administration (MTNRA) a officiellement lancé le chantier d'IDARATI x.0, une méta-application appelée à devenir la porte d'entrée intelligente vers les services publics, adossée à un wallet national sécurisé lié à l'identité numérique régalienne. La signature de plusieurs mémorandums d'entente (MoU) marque le point de départ d'un projet structurant, pensé pour rapprocher durablement le citoyen de son administration. Pour la ministre de la transition numérique et de la réforme de l'administration, Amal El fallah Seghrouchni, il ne s'agit pas d'un énième projet de dématérialisation. « La transition numérique dépasse la simple digitalisation des procédures existantes. Elle implique une transformation en profondeur de la manière dont l'administration conçoit, délivre et gouverne les services publics », a-t-elle affirmé. Portée par les Hautes Orientations Royales, cette stratégie repose sur trois piliers : la confiance, la sécurité et l'interopérabilité. Concrètement, IDARATI ne se limitera pas à rediriger l'usager vers différentes plateformes administratives. L'ambition est plus large : créer une architecture unifiée et intelligente, capable d'orchestrer les services publics autour d'une identité numérique robuste, intégrée à la carte nationale d'identité fournie par la DGSN. Un wallet national intelligent Au cœur du dispositif figure un wallet national intelligent de contenants numériques, permettant au citoyen de stocker et partager des documents officiels ou justificatifs dans un environnement sécurisé. Le projet s'appuie sur les travaux menés en 2024 par la CNDP autour de la protection des données personnelles et du concept de wallet numérique. Il adopte dès sa conception les principes de Privacy by Design et de Security by Design, garantissant l'intégration native des exigences de protection des données. « L'innovation numérique ne peut se concevoir sans un encadrement juridique et institutionnel rigoureux, conforme à la loi 09-08 », a insisté la ministre, en mettant l'accent sur le rôle central de la CNDP dans l'architecture du projet. Une co-construction institutionnelle et technologique Le projet réunit, dès sa phase initiale, plusieurs départements ministériels et établissements publics notamment le ministère de la jeunesse, de la culture et de la communication, le ministère du transport et de la logistique, l'ANCFCC, la NARSA et la CNSS. Côté entreprises, Idakto, Shareid et La Marocaine électronique des E-Services figurent parmi les premiers partenaires. Cette approche collaborative marque, selon Amal El Fallah Seghrouchni, « une nouvelle manière de travailler », fondée sur l'expérimentation progressive : benchmark, cadrage, analyse architecturale, preuves de concept, recommandations et projections financières. L'objectif est clair : tester, ajuster et consolider avant déploiement à grande échelle. Souveraineté numérique et confiance citoyenne Au-delà de l'outil technologique, l'enjeu est stratégique. Le gouvernement entend renforcer la souveraineté numérique du Royaume et restaurer une relation de confiance entre l'administration et les citoyens. « Je suis convaincue que cette dynamique contribuera à renforcer la souveraineté numérique du Royaume, à améliorer la qualité des services publics et à consolider le lien de confiance entre l'administration et les citoyens », a déclaré la ministre. Dans un contexte où les attentes des usagers évoluent vers plus de simplicité, de fluidité et de continuité, IDARATI ambitionne de devenir l'interface centrale d'une administration modernisée. Le chantier ne fait que commencer. Mais avec cette méta-application et son wallet national, le Maroc pose les bases d'une administration numérique intégrée, sécurisée et résolument tournée vers l'usager.