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Hausse des prix : A quand une véritable action de contrôle ?
Publié dans Jeunes du Maroc le 15 - 01 - 2013

L'ascension des prix des produits alimentaires se poursuit depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois. Cette flambée a été particulièrement importante durant le mois de décembre. Le kilo de la tomate coûtait 10 Dhs dans certaines villes du Royaume. Cette tendance haussière serait due, selon le département de l'Agriculture et de la Pêche maritime, aux aléas climatiques.
Selon le ministère, la hausse des prix de certains légumes tels que la tomate et la pomme de terre a été consécutive à la forte baisse de la température (-8°) dans la région du Souss, principal producteur de ces agrumes. « Les prix devraient retourner à la normale dès la mi- janvier », assure le département de M. Akhannouch, qui table sur une bonne campagne agricole. « Au cours de cette campagne, la superficie de la tomate primeur dépasse les 5.000 ha dans le Souss, soit plus que la superficie réalisée en 2010 et 2011 ».
Le même argument est avancé pour la pomme de terre. Or, la ménagère ordinaire, ne comprend pas tout cela.
Ce qui importe pour elle, c'est le volume et le coût de son panier. Lequel ne cesse de rétrécir. « A chaque fois, que je me rends au marché pour faire mes courses, je suis désagréablement surprise de découvrir que les prix de la quasi totalité des produits alimentaire vont en augmentant. », avance cette mère de famille.
En effet, les prix du quotidien vont croissant, alors que le pouvoir d'achat demeure trop faible. Avec un Smig de 2300 Dhs/mois, il est particulièrement difficile de s'approvisionner avec le strict nécessaire. De nombreuses familles sont ainsi contraintes d'avoir recours à des emprunts pour boucler les fins de mois. La classe moyenne est également touchée. Face aux augmentations excessives de tous les produits à la consommation (à l'exception des télécommunications), le pouvoir d'achat ne cesse de reculer.
Cette flambée des prix est excessive, quelles que soient les justifications officielles. Certes, il y a les aléas climatiques, la hausse des prix des semences et celle des matières premières importées, mais il y a également d'autres facteurs que les pouvoirs publics connaissent pertinemment et alors qu'ils ne cessent de promettre de les combattre. Il est question du problème de la spéculation, le non affichage des prix, le manque de contrôles. Ce sont tous ces facteurs qui font que les prix atteignent des sommets.
A titre d'exemple, le kilo de tomates aujourd'hui coûte entre 4 et 5 Dhs, alors qu'il était il y a deux semaines à 10 Dhs. Le kilo de la pomme de terre coûte entre 5 et 7 Dhs. Les poivrons verts sont vendus à 7-8 Dhs/kg. Les petits pois coûtent 14 Dhs/kg et les fèves 9Dhs/kg et enfin l'oignon 5 Dhs/kg.
Du côté du poisson, la pénurie et la cherté vont de soi. Le kilo de sardine coûte entre 15 et 20 Dhs. Les calmars coûtent 120 Dhs et encore faut-il les trouver. Le merlan et la sole coûtent entre 60 et 80 Dhs/kg.
Le marché est régi depuis 2001 par la loi de la concurrence qui permet une liberté des prix, mais cette loi n'est malheureusement pas appliquée à bon escient. L'affichage des prix et l'étiquetage font partie des dispositions de la loi 6-99. L'objectif étant d'arriver à des relations commerciales fondées sur la transparence. En dépit de cette loi, l'affichage des prix n'est pas partout de mise, même dans les grandes surfaces censées être un modèle, de nombreux produits ne comportent pas de prix. Le ministère des Affaires générales et de la Gouvernance, les commissions des ministères de l'Intérieur et de l'Industrie ainsi que de l'ONSSA sont vivement sollicités pour réagir, en vue d'aller vers plus de sanctions et moins d'impunité.
Par Leila Ouazry www.lnt.ma


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