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Khatri Ould Sidi Said El Joummani : Le cavalier du désert
Publié dans La Gazette du Maroc le 12 - 06 - 2006

C'est son allégeance renouvelée à feu le Roi Hassan II qui transformera les données de l'affaire du Sahara. Il choisit le bon moment pour le faire : trois jours avant le lancement de la glorieuse Marche Verte, Khatri Ould Sidi Said El Joummani administrera la preuve qu'il était l'authentique représentant des populations sahraouies et la grande tribu des R'guibat. Portait
De père en fils, les Joummani ont été au centre de la vie politique, économique et sociale des populations sahraouies. Hadj Khatri Ould Sidi Said Ould El Joummani Ould Brahim Ould Boujamaâ Ould Dadda Ould H'midane Ould Ali Ould Benm M'hamed Ould Aya Ould Ali Ould Babbih Ould Kacem Ould Sidi Ahmed R'guibi est incontestablement le dernier grand leader des tribus du Sahara. Un authentique «cavalier et prince du désert». Son père, Sidi Said, avait donné l'exemple, dès les années quarante, en participant activement à la lutte contre le colonialisme espagnol dans l'ex- Sahara occidental et français dans la région de Guelmim. Hadj Khatri Ould Sidi Said El Joummani, né en 1915 dans la région de Tlat Lakhssas au cœur de la province de Guelmim, sera son successeur le plus digne.
On raconte qu'à sa naissance, sa mère Lalla Rkia Bent Mouloud se considérait comme la plus heureuse femme du monde. Les Sahraouis appartenant à la grande tribu des R'guibat affirment, en tous cas, que dès ses premiers pas, il présentait déjà le profil d'un futur chef.
En 1951, son père est décédé au terme d'un parcours exemplaire au service l'unité de la nation marocaine. Si son père pieux est mort dans la zone de Saguiet El Hamra, plus précisément à Tifariti, non loin de la frontière algérienne, c'est à Laâyoune où l'on entendra parler pour la première fois de ce jeune Cheikh de 21 ans. C'était en 1936. Il répétait alors que la frontière du Sahara se situait entre le fleuve du Sénégal, l'ouest de l'Algérie et l'Oued Drâa. Le territoire qu'il a parcouru en long et en large en tant que commerçant, que «cheikh» dont la mission était destinée à la sensibilisation des populations du Sahara contre les méfaits d'un colonialisme qui cherchait à diviser pour régner.
Une main de fer dans un gant de velours
Contrairement à son père qui ne mâchait pas ses mots pour stigmatiser l'occupation coloniale, c'est par la discrétion, par sa sagesse et son pragmatisme qu'il conquit les cœurs des Sahraouis. Le Résident espagnol à Laâyoune cherchera, par plusieurs moyens, à s'attirer sa sympathie. Il n'y réussira que partiellement.
Pour l'écrivain égyptien Jalal Kachk qui l'avait connu en 1974, Hadj Khatri Ould Sidi Said El Joummani impressionnait beaucoup plus par son calme, sa pondération, sa vie austère et sa modestie que par le discours provocant et frontal de son défunt père et des autres «chioukhs» et chefs historiques sahraouis.
Les Espagnols vont finir par reconnaître sa dimension de chef naturel des Sahraouis. Tous les Sahraouis, là où ils se trouvent. Plus tard ils tenteront de faire de lui le président de «l'Etat» sahraoui qu'ils se proposaient d'ériger sous protection espagnole. La presse espagnole le surnommera alors «Prince des Phosphates» et la chambre du Cortés (Parlement espagnole) l'accueillera en tant que parlementaire représentant le Sahara à partir des années soixante. Dans un entretien accordé à la revue libanaise Al Anouar, il avouera, pourtant, que contrairement aux apparences, il restait fidèle aux liens historiques entre les populations du Sahara et le Trône Alaouite.
Dans un livre consacré à l'histoire des Rguibat, le Cheikh Ali Ould El Bouhali, l'un des historiens les plus crédibles du Sahara, note que son grand père, Sidi Ahmed R'guibi, avait joué un rôle décisif pour la propagation de l'Islam en Afrique subsaharienne, en particulier au Sénégal, au Mali et au Niger et qu'il était un descendant direct de la dynastie des Idrissides. Il choisira d'installer sa Zaouia au nord du Sahara, dans les environs de la province de Tan Tan.
En 1957, il intègre l'armée de libération marocaine en lutte pour le parachèvement de l'intégrité territoriale du Royaume. Il sera traqué à travers le désert. Il quittera alors Guelmim lorsqu'il sentira que sa vie était menacée, non seulement pas les Espagnols mais surtout par nombre de ses semblables.
Cependant, les Espagnols tenteront de le récupérer une autre fois. Ils mettront en place un parlement sahraoui qu'ils baptiseront la Jamâa. Il y sera élu président à l'unanimité des Chioukhs et fera sa grande entrée au sein du Cortés. Sa devise était alors «Chaque fait en son temps, prenons d'abord ce que les Espagnols nous proposent. Une autonomie interne proche du statut des Iles Canaries ? Pourquoi pas ? A condition de ne pas couper le liens historiques qui nous lient aux Rois du Maroc».
Au lendemain de la Marche Verte, et alors que le Polisario venait d'être fondé en Algérie, il choisira de se rendre spontanément au Maroc pour renouveler l'acte d'allégeance à Feu Hassan II. Des sources fiables affirment, cependant, qu'il entretenait des rapports secrets, réguliers et solides avec les autorités marocaines. En particulier le Roi Hassan II. Son retour était depuis longtemps programmé. Seul manquait le timing approprié de son arrivée au Maroc.
Ça sera le 3 novembre 1975, lorsqu'il atterrira à Agadir, trois jours avant le lancement de la glorieuse Marche Verte. Un double coup dur aussi bien pour les Espagnols que pour le pouvoir algérien. Lorsque feu Hassan II lui remettra son Burnous en guise de reconnaissance et de gratitude, la cause était entendue. Tout au long des années 70 et 80, le Polisario tentera plusieurs fois de le récupérer. Il n'en sera rien, en particulier lors de l'union des Chioukhs sahraouis à Genève, à l'initiative des Nations Unies en vue de lancer l'opération d'identification des populations habilitées à prendre part au référendum d'autodétermination. Les chefs du Polisario iront jusqu'à sa chambre d'hôtel. Il leur offrit un verre de thé, les écoutera attentivement et longuement avant de lancer : «Mes enfants, je n'ai qu'une parole et je l'ai déjà donnée à mon Roi et à mon peuple. J'espère que vous aurez un jour le courage de faire votre autocritique et de regagner votre pays.»
Traduit de l'arabe par
Omar El Anouari


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