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Les saints de Casablanca : Sidi Messaoud, Sidi Mohamed Moul Essabiane, Sidi Mohamed Mers Soltane et tous les autres noms de Casablancaet tous les autres noms de Casablanca
Publié dans La Gazette du Maroc le 31 - 07 - 2006

Sidi Messaoud, Sidi Mohamed Moul Essabiane, Sidi Mohamed Mers Soltane, ainsi que tous les autres saints, sont à juste titre considérés comme des anges gardiens pour les Casablancais de souche. Ils ont et continuent réellement à soulager (psychologiquement) bon nombre de personnes. C'est là tout le paradoxe du Maroc, un pays tourné vers l'avenir mais qui garde jalousement ses rituels ancestraux. Les Marabouts ont toujours été les médecins et les psychologues des gens simples (et souvent moins simples) et ils le resteront sans aucun doute ad vitam aeternam. C'est entre autres aussi ça, l'identité d'une cité! Et rien, pas même les buildings et la course à la modernisation, ne pourront leur ôter leur rôle sacré de saints patrons d'une ville dont ils sont en quelque sorte le ferment. D'ailleurs, leurs noms parcourent toutes les artères de Casablanca.
Sidi Messaoud
Le marabout de Sidi Messaoud date de la fin du XIXème siècle. Situé sur la route de l'aéroport Mohammed V, il est construit sur une colline qui domine d'un côté la ville de Casablanca et de l'autre, la plaine des Oulad Haddou. il a été rénové ces dernières années.
Sidi Messaoud est issu d'une famille connue et respectée dans la région. Il devient alem et se consacre à la prière et à la méditation. Très jeune, il se distingue par ses dons de guérisseur qu'il utilise dans un premier temps pour soulager sa propre mère, atteinte de folie. La nouvelle se propage très vite dans toute la région et sa réputation ne tarde pas à s'établir bien au-delà. Des personnes atteintes de troubles affluent de toutes parts. Le mausolée actuel est édifié à la mort du saint homme. Il se situe à l'emplacement où Sidi Messaoud méditait et attachait les malades. Lors de leur traitement par flagellation, ces derniers étaient installés dans des cellules. Ces chambres du pardon nommées "byout el -âfou", existent encore aujourd'hui. Les pèlerins y déposent une multitude de bougies en guise d'offrandes. Celles-ci sont souvent destinées à l'éclairage des cellules. Autrefois, un très grand souk se tenait le dimanche, juste aux abords de la Koubba de Sidi Messaoud. Ce jour était d'ailleurs considéré comme le plus important pour le pélerinage.
Sidi Mohamed Moul Essabiane
Sidi Mohamed Moul Essabiane était un porteur d'eau. Son maigre salaire se composait d'une miche de pain, de figues et d'olives. Cet homme d'une exceptionnelle bonté, était constamment entouré d'enfants qui trouvait auprès de lui écoute et réconfort. Le saint homme passait aussi son temps à distraire et à soigner tous les enfants qui en avaient besoin. Il les guérissait à l'aide de plantes médicinales. Et s'il n'en trouvait pas toujours à Casablanca, il allaient souvent les chercher à Marrakech. Si Mohamed Moul Essabiane devint une sorte de spécialiste des maladies infantiles. Sa réputation attira une multitude de parents et enfants de toutes parts. À la mort de cet ancêtre du pédiatre, on l'enterra à proximité du lieu où l'hôpital Averroès sera construit plus tard. Le mausolée actuel contient toujours une chaîne en fer. Sidi Mohamed Moul Essabiane la passait autour des jambes des enfants afin de conjurer le sort. Il frottait les parties du corps atteinte par la maladie, à l'aide d'une pierre lisse; Lors de la célébration de la fête d'Achoura, il organisait une grande cérémonie dans la cour du lieu où il vivait. Celle-ci perdure encore jusqu'à aujourd'hui. À cette occasion, de nombreuses femmes et jeunes filles viennent se faire tatouer au henné, les pieds et les mains. Ce rituel est censé leur garantir la protection du saint.
Sidi Mohamed Moul Essabiane se trouve dans le quartier Riviera, sur le boulevard Ghandi. Tout proche de ce saint encore vénéré de nos jours, se trouve un petit cimetière où l'on enterrait autrefois les enfants décédés très jeunes.
Sidi Mohamed Mers Soltane
Sidi Mohamed Mers Soltane repose juste à côté de la clinique des fleurs, rue Général Braun (sur l' avenue menant venant du Boulevard Zerktouni, vers l'entrée de l'hopital Avéroès). Les femmes célibataires à la recherche d'un mari n'ont pas besoin d'aller à Sidi Abderrahmane. Lors des fêtes religieuses ou encore à l'occasion du printemps, des mécènes organisent également des fêtes et des opérations de circoncision collectives au profit des enfants nécessiteux. Les fêtes se déroulent généralement dans le mausolée du saint Sidi Mohamed Mers Soltane. Le lieu est également propice à la méditation et au recueillement. Bougies à la main, de jeunes femmes portant un foulard sur la tête, en jean, jupes ou en djellabas, se faufilent régulièrement par une petite porte très discrète donnant sur une ruelle collée à la clinique des fleurs. De nombreuses "Nekachats" installées sur le trottoir, leur proposent leurs services. Une autre porte plus discrète encore, mène vers "El hajja", installée dans l'enceinte même du marabout. Elle soulagerait dit-on, les pèlerins, de leurs problèmes de santé. Elle peut également semble t-il annuler toute trace de sorcellerie dont serait victimes ses clients. Tout proche de cette ambiance occulte, et le paradoxe est là, un couloir étroit qui mène vers la tombe du saint des saints: Sidi Mohamed Mers Soltane. Dans une grande pièce, un drap vert recouvre recouvre ladite tombe. Hommes et femmes voilées s'y recueillent. Certains pleurent discrètement (pour se soulager de leurs maux), d'autres prient ou lisent le Coran. D'autres encore allument des bougies qu'ils déposent autour ou sur la tombe. Dans une autre petite pièce obscure, de jeunes femmes viennent accomplir le rituel du "Ldoune" (faire fondre des plaques de plomb). En donnant le nom de l'homme qu'elles convoite et de sa mère, elles sont assurées de parvenir à leurs fins. Le plomb est fondu dans l'eau sainte du puits qui se trouve ici à l'intérieur de la Zaouïa. Un autre rituel consiste à se purifier (le corps) avec l'eau sainte du puits. Le geste annule toute trace de sorcellerie ou de mauvais oeil. quelques litres de cette eau magique, coûte la bagatelle de 150 dirhams. Les cas les plus désespérés ont recours à une ordonnance encore plus magique et efficace : un coq vivant, de l'eau de rose ou "ma zhar", du lait et du safran... Une vraie cour des miracles! Tout ce petit monde est en conflit avec les propriétaires du Marabout. Le prix d'occupation au sol de l'enceinte du Marabout a été considérablement augmenté.
Casablanca et ses autres anges gardiens
Sidi Abdellah belhaj est avant la piscine Océanic, dans le quartier des Roches Noires. Sidi Maarouf a été déplacé en nouvelle médina; le quartier porte d'ailleurs actuellement son nom. Sidi M'barek en Ancienne Médina repose dans l'impasse rue de Salé. SIDI AHMED ZIRIAB dans le quartier Bourgogne. SIDI MBAREK REGRAGUI rue sidi regragui située au cœur de l'ancienne médina au bout de la rue des Chleuhs. SIDI LALA KADIRA rue de Mogador. SIDI MOUMEN BOULNICH zenata est considéré comme le saint - Père des serpents. SIDI MAAROUF rue sidi maarouf. SIDI ABDALLAH BEL HADJ se trouve au quartier sidi Abdallah Belhadj. SIDI HAJJAJ oueled Bouziz SIDI MOUMEN est installé dans le quartier sidi Moumen. SIDI FATAH rue Tnaker est tout proche de Sidi Belyout. SIDI EL KHADIR dans quartier portant son nom. SIDI OTHMAN pour le quartier Sidi Othman. À Anfa, est enterré SIDI M BAREK BOUGDRA. MOULAY THAMI se trouve sur la route d'El Jadida. SIDI ZAGHLOUL, quant à lui, a plutôt choisi le sud en allant sur la route de Marrakech (km 7). MOULAY TAHAR siège dans la rue Larache. SIDI BRAHIM protège les commerçants de "Trik Mediouna". Toujours à Mediouna, SIDI AHMED BEN LAHCEN avait le don celui d'augmenter la lactation autant chez la femme que chez l animal. LALLA DERQUAOUIA repose à la place Kairouan. SIDI EL BERNOUSSI a donné son nom au quartier El Bernoussi. SIDI BOULBACH est dans la rue de Safi. SIDI EL MAKHFI au hay Mohammadi. Et enfin sur la route de Rabat, SIDI AHMED BEN ICHOU accueille ses pèlerins au sein de deux citernes, auxquelles on accède par deux petits escaliers en bois. L'une est réservée aux femmes et l'autre aux hommes. Les deux citernes sont éclairé par 2 ou trois bougies uniquement. Elles font office d'asile aux aliénés. Ces derniers sont attachés à des chaînes. Contrairement au rituel similaire qui se déroule à Sidi Messaoud, Ici à Sidi Ahmed Ben Ichou, la famille est invitée à assister le malade et à passer la nuit à ses cotés.


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