Il est des manigances si extravagantes qu'elles tournent vite au ridicule. Le procès de la Banque Populaire, où est impliqué entre autres l'ex-président-directeur général de la banque, Abdellatif Laraki en l'occurrence, pour détournement de deniers publics, illustre très bien ce cas d'espèce. Quitte à bousculer la justice ou la prendre carrément en otage. Reporté à plusieurs reprises ( depuis qu'il a atterri à la Cour spéciale de justice ), le procès n'arrive toujours pas à démarrer à la Cour d'appel de Casablanca. La dernière audience, prévue pour le 28 septembre dernier, n'a pas eu finalement lieu pour motif d'absence des inculpés cités à comparaître dans cette affaire. Selon l'un des avocats, les accusés, en liberté provisoire, n'auraient pas été convoqués par la Cour pour répondre des faits qui leur sont reprochés. À rappeler que la liste des chefs d'inculpation retenues contre Abdellatif Laraki et les autres accusés (Mustapha Rar, Aïcha Skali, Mohamed Benkirane, Hicham Aït Mena, Mohamed Benabdeljalil et Abderrahim Abassi) est longue et exhaustive. Elle varie entre dilapidation des deniers de la banque et octroi de crédits à des clients sans aucune garantie, ce qui contredit toutes les procédures habituellement appliquées par les organismes financiers. En effet, l'implication de Abdellatif Laraki et les cadres précités de la banque est avérée dans plusieurs opérations de malversation, comme l'octroi de crédits sans garantie et facilités de caisse non justifiées au profit de nombreux clients, les fausses informations sur les statuts des créanciers, la non-déclaration des créances en souffrance et prise en charge médicale de la BCP de plusieurs clients en France. En somme, si suites judiciaires il y aura dans cette affaire devant la Cour d'appel de Casablanca, il faudra aller plus loin dans l'investigation à la recherche de la vérité dans l'une des plus grandes magouilles de ces dernières décennies.