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Témoignages et réactions: Quand des juifs forcent notre admiration
Publié dans La Gazette du Maroc le 09 - 01 - 2009

Ils sont Marocains juifs, intellectuels, journalistes, scientifiques. Ils n'hésitent pas à prendre position contre l'arrogance, l'aveuglement et la violence de l'Etat hébreu dans ses attaques atroces sans précédent contre les enfants palestiniens.
David Toledano, dirigeant de la communauté juive de Rabat
«Le statut-quo n'est pas une solution »
«C'est d'abord en tant que Marocain que j'ai envie de réagir. Je suis très peiné de ce qui se passe et, en tant que dirigeant communautaire, je peux dire que nous sommes tous extrêmement touchés par la situation humanitaire à Ghaza. C'est une préoccupation universelle et même en Israël, des voix commencent à s'élever pour dénoncer les conditions sanitaires et de vie des habitants de Ghaza. Pour ma part, je compte lancer un appel pour l'arrêt des combats. Il serait stupide, voire prétentieux de ma part de me prononcer sur le fond du conflit. Les grands politiques l'ont fait, comme Nicolas Sarkozy, en renvoyant chacun à ses responsabilités. Ce que je peux dire, c'est que les responsables militaires, des deux côtés, prennent des décisions qui sont ce qu'elle sont, mais que ce sont les populations civiles qui subissent les frappes, des femmes et des enfants qui n'y sont pour rien. Des frappes qui ont un impact beaucoup plus fort, démesuré, côté palestinien. Nous devons revenir aux valeurs du judaïsme mondial, qui sont la compassion, la mesure et la retenue. Plus généralement, il faut qu'on puisse trouver les moyens d'une paix durable et juste pour tous. A plusieurs reprises, on nous a annoncé qu'on était proche d'un règlement du conflit : chaque fois, les combats ont repris brutalement et nos espoirs ont été déçus. Le statu quo n'est pas une solution, il faut que tout cela cesse. Les Palestiniens doivent pouvoir vivre en paix et dans la sérénité et pour longtemps, pour que les deux parties puissent panser leurs plaies et se développer ».
Monique Ohana, journaliste au Maroc
«Réagissent au lieu de réfléchir»
«J'imagine le désespoir de cette mère de Ghaza qui voit son enfant grandir dans les gravats avec, pour seule perspective, la misère et la peur. J'imagine sa terreur quand les bombes sifflent, que les mitraillettes crépitent et que son enfant n'est pas encore rentré. Je peux comprendre que cette femme veuille l'anéantissement d'Israël. J'imagine cette mère israélienne qui voit, chaque matin, son enfant prendre le bus scolaire le cœur serré, se demandant si un kamikaze choisira ce bus pour faire sauter sa ceinture d'explosif. J'imagine son angoisse de voir son enfant enfiler son uniforme pour partir vers une destination qu'elle ignore. Je peux comprendre que cette femme haïsse les Palestiniens. Ce que je ne parviens pas à comprendre, c'est pourquoi les dirigeants politiques des deux bords réagissent comme ces mères. Réagissent au lieu de réfléchir, ce qu'on est pourtant en droit d'attendre de personnes qui ont choisi de prendre en main la destinée de leurs peuples respectifs. Je ne comprends pas non plus ce qui est arrivé à Israël, ce pays qui, de par son histoire et les conditions de sa création, a l'encombrant et exaltant devoir d'être une nation plus juste et plus compatissante que les autres. Quand est-il devenu un Etat comme tous les autres ? Aujourd'hui, Israël ensevelit sous des tapis de bombes des populations civiles désarmées. Je ne comprends pas comment ses soldats et son opinion publique peuvent tolérer les images insoutenables de corps d'enfants déchiquetés. Ce matin, l'annonce d'un cessez-le-feu provisoire a laissé filtré un mince espoir. Mais les conditions d'une paix durable ne seront réunies que lorsque les deux parties auront le courage d'en finir, une fois pour toutes, avec le cercle vicieux de la peur. Parce qu'une fois encore, dans cette tragédie, c'est elle qui a marqué des points».
Sion Assidon, industriel*
«Oslo est morte depuis longtemps»
«Ce qui vient à l'esprit: le parallèle avec la destruction du ghetto de Varsovie par les nazis durant la seconde guerre mondiale : enfermer, affamer, exterminer. Et les tonnes de bombes, fournies ou financées par les USA, qui tombent sur Ghaza (sur les écoles et les mosquées) sont en train d'enterrer définitivement toute illusion pour une solution pacifique et la coexistence de deux Etats. Oslo est morte depuis longtemps, et les gesticulations autour d'une fameuse feuille de route apparaissent pour ce qu'elles sont : un rideau de fumée derrière lequel le projet de perpétuation du projet sioniste pousse jusqu'au bout son corollaire de rayer la Palestine de la carte....
ntre les soldats qui sont dans les tanks MERKAVA et les intellectuels «de gauche», ou d'ailleurs, qui étaient un jour de «La Paix Maintenant» et qui passent leur temps à justifier les massacres par un soi-disant équilibre entre «les deux côtés», (à l'unisson des discours-parapluies et la diplomatie complice de Bush, de Sarkozy, de Hosni Moubarak et d'autres,...), avec qui les Palestiniens pourront-ils faire la paix ? C'est une malédiction : l'Etat sioniste ne peut exister qu'en poussant la logique de l'extension de la colonisation à son terme, en tentant d'effacer le peuple palestinien de la carte : humiliation, blocus, et finalement bombes et massacres de civils. Et après cela, lorsque quelques kamikazes se manifestent et quelques fusées artisanales sont tirées : on vous l'avait bien dit, ces Palestiniens ne connaissent que la violence «contre les victimes de l'holocauste...» Ceux qui continuent depuis des années à négocier malgré le mur de l'apartheid et le reste, ce sont eux que les bombes israéliennes tuent politiquement. Quant aux dirigeants de nos Etats, ils ont montré leur degré d'impuissance et d'inféodation à la politique américaine. Mesdames et Messieurs qui êtes terrorisés par «la montée de l'islamisme», sachez que c'est la lâcheté face à la barbarie qui a toujours été la voie ouverte à sa réplique en miroir!».
*Signataire d'une pétition demandant l'embargo sur Israél, comme pour l'Afrique du Sud au temps de l'apartheid
Joseph Levy, entrepreneur
Ce fils d'ancien résistant et Secrétaire général adjoint du PCS (Parti du centre social) est un homme d'affaires casablancais qui a la citoyenneté marocaine dans les veines et le patriotisme dans l'âme. Interrogé sur les évènements de Ghaza, Joseph livre spontanément son témoignage à nos lecteurs. « Ce qui s'est passé est horrible. Je suis révolté à l'extrême par la violence contenue dans ces images de civils abattus et de destructions de guerre. Il y a une banalisation de la mort. Mais qui est derrière ces drames ? Quelles sont les mains obscures qui s'entêtent à ce que la situation ne s'arrange pas ? Ces agressions ne sont pas le fruit du hasard et sapent toutes les bonnes volontés de paix. 60 ans de folie, de guerre et de souffrances suffisent. Il y en a marre et il faut mettre un terme d'urgence à un conflit israëlo-palestinien qui n'a que trop duré. Il est temps que Hamas et Fatah s'assoient ensemble et la communauté internationale et les pays arabes se doivent de trouver des solutions pour une paix durable au Proche-Orient. Il faut à tout prix sortir de ce cercle vicieux. A mes yeux, les vrais coupables, ce sont tous ces gens de mauvaise volonté qui ont intérêt à ce que la situation ne s'arrange pas. Le silence est complice et criminel. Les deux peuples ont besoin d'amour et de paix au lieu de les entraîner dans la spirale de la haine. Abraham doit se retourner dans sa tombe. Les religions doivent être une preuve d'amour et non de confrontation. Il faut faire tomber ces murs de haine. Il est temps de trouver un règlement durable car les trêves ne servent pas et les hostilités menacent de reprendre à chaque occasion. L'aide humanitaire, aussi n'est pas suffisante et c'est l'amour, la concorde, la tolérance et le respect qui doivent prévaloir entre les deux peuples. S'il n'existe plus de barrières, cela deviendra la jungle ».
Jauk ARMALE musicien, musicologue, auteur et compositeur
«Je suis révolté et anéanti»
«Je suis révolté par ces combats fratricides! Il faut qu'Israël cesse de faire le sale boulot des Occidentaux et du monde arabe. D'autre part, bien sûr qu'Israël a le droit de vivre, comme les Palestiniens ont ce même droit de vivre. Mais quand même, quand un mec t'envoie un pétard, tu ne lui réponds pas en lui envoyant une bombe. Ces attaques sont disproportionnées, indécentes, révoltantes. Pour moi qui suis un vieux de la vieille de la lutte anti-raciste, je suis anéanti».
Jérôme COHEN-OLIVAR, cinéaste
«Je suis infiniment triste»
«Je suis cinéaste, je peux vous parler des heures de cinéma; mais ça non ! Je préfère ne pas me prononcer sur tout ce qui se passe à Ghaza. Bien sûr, comme tout le monde, je suis infiniment triste de cette guerre, mais je ne veux vraiment pas m'engager dans un tel débat».
Avi Alzraa, retraité militaire de Tsahal vivant à Casablanca
«Je suis outré d'entendre A mort les juifs»
«Je suis un ancien militaire: j'ai participé à deux guerres. Mon frère est mort lors de celle de Kippour : en 1974, Israël a dû libérer 264 prisonniers pour récupérer sa dépouille. Aujourd'hui, mon fils est dans l'armée. Chaque soir, je l'appelle au téléphone et, quand il ne répond pas, j'ai le cœur qui s'emballe. On critique les Israéliens parce qu'ils tuent des innocents mais comment peuvent-ils faire, sachant que le Hamas se sert des populations civiles comme boucliers humains ? Les juifs ne sont pas sanguinaires, tout ce qu'ils veulent, c'est vivre en paix mais quand on les attaque, ils sont forcés de réagir. Qu'est-ce qu'on leur reproche ? D'avoir été assez intelligents pour faire d'un désert un pays magnifique alors que de l'autre côté, Arafat détournait l'argent que le monde entier lui a versé en volant son peuple ? On critique Israël, mais il ne faut pas oublier qu'il y a un an, le Fatah et le Hamas s'entretuaient dans les rues de Ghaza. Et puis, il serait facile pour les Israéliens d'anéantir la population, s'ils le voulaient, sachant que de toute façon, ils sont critiqués. Mais ce n'est pas ce qu'ils font : ils essaient, dans la mesure du possible de ne pas tuer d'innocents et ils lèvent l'embargo trois heures par jour pour laisser passer les vivres et les médicaments. Je plains aussi les populations civiles de Ghaza. Et je comprends la colère des musulmans marocains quand ils voient d'autres musulmans se faire tuer. Maintenant, ce qui est honteux, c'est la façon dont certaines chaînes arabes font de la propagande pour attiser la haine contre les juifs et exporter ce qui se passe là-bas. Je trouve scandaleux d'entendre, comme ce fut le cas il y a deux jours, des étudiants excités crier « A mort les juifs ! » dans les rues de Casablanca ! Les juifs marocains sont chez eux ici, ils vivent là depuis des siècles. Et je suis outré qu'hier, une gamine de 14 ans ait été agressée en France, simplement parce qu'elle est juive.
Ran HaCohen (universitaire israëlien): La pacification
de Ghaza
«Le ministre de la Défense Ehud Barak (son nom hébreu signifie « éclair » ou encore «blitz» en allemand) l'a encore fait : un record historique de plus de 200 Palestiniens tués en un seul « Chabbat-éclair » le 27 décembre. Les sondages prédisent à présent 5 sièges de plus à son parti Travailliste aux prochaines élections législatives de Février. Cela fait 40 cadavres de Palestiniens par siège. Pas étonnant qu'il promette que ce ne soit qu'un début : à ce rythme il ne faudra au parti que 2000 cadavres de plus pour passer de la misère à la richesse, d'un parti politique mort à une majorité absolue au parlement comme au bon vieux temps».
Michel Warschawski (président du mouvement israélien du centre d'information alternative. Anti-sioniste qui milite pour le remplacement d'Israël par un Etat dit bi-national): «Condamner les deux côtés : l'hypocrisie»
Barak, Olmert, Livni et Ashkenazi auront un jour à répondre de crimes de guerre devant une cour de justice, comme d'autres criminels de guerre. En conséquence, notre devoir est d'informer sur leurs actes et déclarations de façon à nous assurer qu'ils payeront pour les massacres qu'ils ont ordonnés et commis. Il y a cependant une seconde catégorie de criminels qui pourraient échapper aux tribunaux. Ils ne se salissent pas les mains avec le sang des civils, mais fournissent les justifications intellectuelles et pseudo morales des assassins. Ils constituent l'unité de propagande du gouvernement et de l'armée des tueurs. Les écrivains israéliens Amos Oz, et A. B. Yehoshua sont les exemples type de tels misérables intellectuels, et ce n'est pas la première fois ! Afin de montrer sa préoccupation, l'Europe envoie une assistance humanitaire (symbolique) à la population de Ghaza. En entendant le ministre français des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner soutenir l'action israélienne, en même temps qu'il annonce la décision d'envoyer des produits humanitaires à Ghaza, je n'ai pu m'empêcher de me souvenir des informations sur les délégations de la Croix Rouge Internationale qui venaient visiter les camps d'extermination nazi avec des chocolats et des biscuits.
Je sais que ce n'est pas la même chose, mais personne ne peut contrôler ces associations mentales.
Uri Avnery (écrivain et journaliste israélien) : «Israël a manqué un rendez-vous avec l'histoire»
Cette guerre l'écrit en lettres capitales : Israël a manqué une chance historique de faire la paix avec le nationalisme arabe laïque. Demain, il pourra être confronté à un monde arabe uniformément fondamentaliste, un Hamas multiplié par mille. » Ayant tablé sur la faiblesse d'Abbas, se contentant d'un simulacre de négociation, Israël n'a pas compris que le Hamas l'emporterait contre une Autorité Palestinienne discréditée. Après l'échec du blocus à briser la résistance des ghazaouis et à les retourner contre le nouveau pouvoir installé à Ghaza, Israël espère aujourd'hui pouvoir liquider le Hamas par le fer et le feu, avec la complicité de l'Egypte qui verrouille la seule issue de cette zone de combat où la population civile est piégée, en une réédition de la stratégie de bombardements massifs utilisée sans succès au Liban. Mais au delà de Ghaza, c'est toute une génération Arabe, révoltée par la passivité et la corruption de ses dirigeants qui pourrait se tourner bientôt vers l'Islam politique, apparaissant comme la seule force indemne de compromission.


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