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«Nous sommes un pays riche en énergies renouvelables»
Publié dans La Gazette du Maroc le 28 - 07 - 2003


Abdelhanine Bennalou, Directeur général du CDER
Créé par les pouvoirs publics en 1982, le Centre de développement des énergies renouvelables (CDER) est l'organisme public chargé du développement des énergies renouvelables au Maroc. Cependant, c'est véritablement en octobre 2001 que le CDER a jeté les bases de sa politique à travers la mise en place de son plan stratégique. Abdelhanine Bennalou, Directeur général du CDER, nous dresse dans cet entretien le chemin parcouru par le Centre et les nouveaux mécanismes mis en place pour atteindre les objectifs fixés à l'horizon 2011.
La Gazette du Maroc : le Centre de développement des énergies renouvelables (CDER), cherche aujourd'hui à augmenter les parts de l'énergie renouvelable dans la consommation nationale. Qu'en est-il au juste de ce programme ? Et que comptez-vous atteindre en termes d'objectifs ?
Abdelhanine Bennalou : depuis Octobre 2001, le CDER a mis au point un plan stratégique destiné à stimuler le développement des énergies renouvelables au Maroc sur la base du potentiel important et de l'expérience dont nous disposons dans ce domaine. Il s'agit d'un plan multisectoriel touchant à plusieurs technologies répondant elles mêmes à différents besoins et problèmes énergétiques du Maroc. Notamment, le sous-approvisionnement énergétique du milieu rural profond, les usages irrationnels de l'énergie en milieu urbain et enfin, la dépendance quasi-totale des importations de produits énergétiques (plus de 10 millions de tonnes équivalent de pétrole) pour la satisfaction des besoins énergétiques du pays. L'objectif est d'apporter des alternatives énergétiques nationales durables en se basant sur les ressources importantes en énergies renouvelables dont dispose notre pays.
Ce plan vise effectivement à relever la contribution des énergies renouvelables à notre bilan énergétique national de son niveau actuel (moins de 1 %) à 10 % en 2011 et à 19 % en 2020. Ces objectifs sont en grande partie conformes au programme du gouvernement pour la période 2002-2007, pour peu que les dispositions réglementaires, fiscales et incitatives qui s'imposent soient prises et appliquées rapidement. Globalement, il est possible d'atteindre, en 2007, une contribution de 5 % au bilan énergétique national si le programme gouvernemental est appliqué (notamment l'électrification effective de 150.000 foyers ruraux à l'énergie solaire photovoltaïque et la réalisation du cumul de 500 MW de parcs éoliens).
Depuis que nous avons commencé à entendre parler de l'énergie éolienne, nous n'avons aujourd'hui qu'un seul parc qui fonctionne, c'est celui de Tétouan, les autres étant toujours en projet. Qu'est ce qui bloque réellement ?
Le développement de la filière éolienne pour la production d'électricité de puissance et son injection dans le réseau est tributaire de la mise en œuvre d'une politique énergétique intelligente et libérée des étroites considérations d'équilibres financiers d'un opérateur ou d'un autre. Le caractère stratégique que doit revêtir l'utilisation massive de l'énergie éolienne dans notre pays devrait nous pousser à avoir une vision à long terme, similaire à celle, illuminée qu'avait eu Feu S.M Hassan II lorsqu'il a lancé la politique des grands barrages. Nous devons dans notre planification énergétique, et plus généralement dans la définition des priorités stratégiques de l'Etat, prendre de plus en plus en considération le fait que nous n'avons pas de ressources énergétiques mais que, par contre, nous sommes un pays riche en énergie éolienne ; une énergie propre et une ressource inépuisable. Les investissements dans les parcs éoliens doivent être encouragés de la manière qui a prévalu lors du réaménagement du Code des hydrocarbures. Nous devons nous rendre compte de plus en plus que pour tirer profit de cette ressource abondante et en faire une source de devises et d'emplois dans l'avenir, il faut mettre en place des mesures incitatives et des orientations claires. Nous avons réussi à le faire pour le secteur du tourisme et pour celui de l'habitat, pourquoi pas pour l'énergie éolienne, surtout si l'on considère qu'elle représente de réelles possibilités d'export d'électricité vers l'Europe.
Un nouveau parc éolien sera mis en place dans la région de Taza-Boulemane, en coopération avec des partenaires belges et grâce à la mise en œuvre d'un nouveau système. Il s'agit "des Certificats verts". Qu'en est-il de ce principe ?
Concernant la région où ce parc sera installé, nous sommes encore en train de finaliser les études sur les deux alternatives suivantes : soit un parc dans le couloir de Taza qui serait destiné à la production d'électricité pour l'injecter dans le réseau national, soit un parc dans la région de Tan-Tan-Tarfaya dont l'électricité serait utilisée pour le dessalement de l'eau de mer. La décision sera prise d'ici décembre 2003. Quelle que soit la région retenue, ce parc permettra effectivement de faire intervenir, pour la première fois, les "Certificats verts".
Il faut rappeler que les pays industrialisés ont pris l'engagement de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre liés à la combustion des énergies fossiles (pétrole, charbon...). par des quotas de production d'électricité à partir de sources d'énergies renouvelables.
Dans le cas de pays (comme la Belgique) n'ayant pas de ressources renouvelables suffisantes ou assez intéressantes, il est permis de faire valoir une production renouvelable dans un pays en développement qui en dispose (comme le Maroc). Pour prouver sa participation, des certificats de contribution à la réduction d'émissions de gaz à effet de serre ou encore des "Certificats verts" sont mis en place par le pays producteur d'électricité verte (le Maroc). L'essentiel à retenir est que ces certificats sont négociables et les producteurs d'électricité belges sont intéressés à acheter les Certificats verts marocains.
Pour fixer les idées, un (1) Certificat vert correspond à un (1) Méga-Watt-heure (soit 1000 kWh) produit à partir d'énergie éolienne. A titre d'exemple: un producteur d'électricité produisant 1000 MWh par an et ayant l'obligation de fournir 10 % de sa production à partir de sources d'énergies renouvelables devrait acheter 100 Certificats verts sur le marché international de ces certificats. Il paraît très clair qu'un pays comme le Maroc, disposant de ressources éoliennes importantes dispose d'opportunités énormes de drainage de ressources financières supplémentaires. Un parc éolien de 50 MW produisant annuellement 200.000 MWh (parc Abdelkhalek TORRES de Tétouan) pourrait réaliser des recettes annuelles de l'ordre de 100 millions de Dh, s'il parvenait à vendre tous ses certificats. Sachant que la construction d'un tel parc coûterait aujourd'hui moins de 500 millions de Dh, son financement pourrait être entièrement réalisé par les revenus des certificats pendant ses cinq premières années d'exploitation !
Vous avez mis au point une expérience de lampadaires qui seront utilisés pour illuminer la place Jamaâ El-Fna. De quoi s'agit-il au juste ?
Ce projet consiste en la mise en place d'un système d'éclairage décentralisé de la place utilisant l'électricité solaire assistée par le réseau électrique : Chaque petit commerçant pourra avoir des ampoules électriques efficaces qui seront alimentées par batterie solaire. Il s'agit tout simplement de remplacer totalement les sources d'énergies polluantes (pétrole lampant, diesel...) par des sources d'énergie propre et de meilleure qualité.
C'est ainsi qu'une partie importante de l'énergie quotidienne utilisée par tous les commerçants, artistes et autres de la célèbre place Jamaâ Elfna sera dérivée à partir du soleil qui veille sur ce lieu, réduisant ainsi bruits et pollutions de la place à zéro.
L'ensemble des investissements requis seront assurés par un investisseur privé en partenariat avec le CDER. Le concept et l'ensemble des développements technologiques nécessaires ont été réalisés par le CDER et l'installation est prévue avant la fin de l'automne.
Avez-vous suffisamment de moyens pour développer votre politique ?
Ce dont nous avons réellement besoin aujourd'hui pour réaliser cette vision ce ne sont pas les moyens, mais des décisions claires, des actions efficaces, des mentalités responsables et des sentiments nationalistes …-


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