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Le gang de Badie enfin démantelé
Publié dans La Gazette du Maroc le 12 - 01 - 2004

Les routes utilisées par les Marocains pour l'émigration clandestine vers l'Europe sont diverses et impénétrables. Les voies d'accès au vieux continent ont fait ressortir jusqu'à présent leur caractère téméraire, voire dangereux, à bord des pateras, des cales de camions TIR et autres autocars de transport international. L'histoire du démantèlement du gang de haj Mustapha Badie, actuellement en fuite, a ouvert les yeux du BEC (Bureau de l'émigration clandestine) de la préfecture de police de Casablanca sur d'autres pratiques utilisées par les réseaux mafieux pour atteindre leur objectif.
Nettement plus sophistiqués, bien plus dangereux pour la sécurité territoriale, les moyens employés par les hommes de haj Mustafa Badie ont ciblé une émigration de luxe, qui transite toujours par les grands aéroports du royaume et des capitales européennes, avec faux papiers et nouvelles identités clés en main.
Une arrestation qui cache bien son affaire
Mais l'histoire de ce gang opérant entre Tanger et Casablanca, qui aurait peut-être des connexions avec d'autres réseaux locaux et internationaux qui utilisent exactement les mêmes outils de travail et méthodes de passage vers l'Europe, commence par l'arrestation d'un individu à Casablanca filé depuis quelques temps par la police, à bord d'une Peugeot 309 immatriculée 14946-Alif-1. Le véhicule s'est révélé appartenir à une femme, Khadija Moutawakil, habitant à hay Anassi à Casablanca. Interrogée sur ses liens avec le conducteur arrêté à bord de la Peugeot, celle-ci se limitera à dire que la voiture en question était bien enregistrée à son nom mais que depuis son achat il y a deux ans, c'est son frère Abdelhadi Moutawakil qui en dispose et l'utilise à Casablanca. Selon toute apparence, la voiture avait été achetée par Abdelhadi qui avait préféré l'enregistrer au nom de sa sœur pour plus de discrétion sur ses activités et c'est l'un de ses acolytes qui la conduisait au moment des faits. Né le 13 juillet 1968, Abdelhadi Moutawakil ben Abdeslam, C.I.N. n° B535817, vivait à Had Soualem mais se déplaçait régulièrement dans le pays pour ses affaires douteuses. Une simple perquisition dans sa demeure fournira à la police de Casablanca les premiers éléments d'inculpation pour procéder à l'arrestation de Abdelhadi. Soigneusement dissimulés chez lui, des passeports marocains, des cartes d'identité nationale, des carnets de chèques vierges, des permis de conduire et des formulaires consulaires avaient été découverts ce jour-là.
Lui-même avait des antécédents et était recherché depuis quelques temps par la police de derb Soltane pour trafic de devises et vol de voitures au Maroc. Il était aussi recherché pour escroquerie et falsification de documents. Son parcours de délinquant puis de criminel notoire avait débuté après l'abandon de ses études à un âge précoce et ses débuts de manufacturier sans avenir dans des sociétés de la place. En 1990, pourtant, le prévenu allait réussir un coup de force en émigrant en Europe, jusqu'en 1999 date à laquelle il retourne au pays pour des raisons inexpliquées. C'est à cette époque qu'il fera la connaissance de Mustapha Boukkaoui qui lui propose d'intégrer le réseau criminel auquel lui-même appartenait pour se faire un peu d'argent. Il lui explique les combines utilisées par le gang : un ami bien placé, dénommé Miloud Himou, leur procure des chèques non utilisés que Boukkaoui et ses compères achètent 800 dh pièce. En falsifiant les signatures des chèques, les malfrats disposaient d'une manne non négligeable qui leur permettait de se la couler douce et d'attendre de jours meilleurs pour des coups plus fastueux
Vers la connexion internationale
L'occasion allait se présenter lors d'un voyage du prévenu à la ville de Tanger. Abdelhadi Moutawakil est désormais une bête qui a pris du poil et qui cherche à grimper dans la hiérarchie du crime organisé. Il voit grand, il voit loin. Dans la ville du Détroit, il rencontre un étrange individu qui lui présentera sur un plateau la solution à ses ambitions démesurées. L'homme en question, toujours en fuite, s'appelle Mustaha Badie qui a fait ses preuves dans le monde crapuleux. Abdelhadi a en face de lui un professionnel rodé, qui a ses références, son réseau dûment installé dans plusieurs villes marocaines, ses entrées dans les aéroports, ses contacts dans plusieurs pays européens et un savoir-faire criminel qui fera l'admiration de sa nouvelle recrue. Haj Badie le prend sous sa tutelle et l'introduit dans l'organisation. Le Casablancais qui falsifiait jadis les chèques en vivotant -confortablement- au jour le jour, va maintenant passer à un niveau supérieur. Il s'agit de travailler dans le trafic de l'émigration clandestine et de faire passer des Marocains, très aisés et qui ont de l'argent à placer dans l'affaire, vers des pays européens. Cependant, Haj Badie le rassure : il ne s'agit pas de l'émigration des petites gens qui utilisent de petits moyens ou des routes dangereuses pour quitter le pays, non ! Leurs clients, le prévient-il, sont des gens au-dessus de tout soupçon et ils rallongent la bagatelle de 50.000 dh ou plus pour filer à l'anglaise. A quoi il faut ajouter les frais du billet d'avion pour sortir du territoire marocain. Ils ont tous une histoire secrète, un passé à fuir et ils préfèrent un chemin sûr, une destination gagnée d'avance qui leur permettra de changer de vie. Il évoque devant lui la catégorie de “clients” qui font appel à ses services : des femmes argentées, professionnelles de gros calibre qui font la belle pour tenter le jackpot dans les capitales européennes, des hommes recherchés au Maroc en quête de virginité, des bourgeois désillusionnés qui veulent refaire leur vie ailleurs…
A Casablanca, l'un des complices de Mustapha Badie, dénommé Abdelkrim, a présenté au chef du gang un policier travaillant à l'aéroport Mohammed V. Le flic ripoux promet à Mustapha Badie des affaires en or et sans bavures et demande 15.000 dh pour chaque passager qui franchirait grâce à sa bienveillance la frontière. Pour ce faire, Mustapha Badie et Abdelhadi Moutawakil préparaient leurs coups et achetaient des passeports marocains comportant de vrais visas, volés au Maroc ou en Europe par des pickpockets habiles. Ensuite, la contrefaçon était utilisée pour agrafer la nouvelle photographie du candidat à l'émigration clandestine sur le vrai passeport, avec un vrai visa qui ouvrait la porte de Sésame. C'était simple et efficace. Le visa était impossible à réfuter lors des contrôles dans les aéroports, restait le détenteur du passeport qui pouvait faire valoir sa nouvelle identité en espérant que le pot-aux-roses ne soit jamais découvert. Dans ce gang démantelé en décembre dernier, plusieurs individus restent en fuite et sont activement recherchés par la police, dont le chef originaire de Tanger, Haj Mustapha Badie.
En passant à table, Abdelhadi Moutawakil allait tout déballer en livrant de précieux renseignements sur le gang. Le 24 décembre 2003, Abdelhadi Moutawakil a été présenté devant le tribunal de première instance de Aïn Chock en compagnie d'autres inculpés arrêtés dans le sillage du gang. Il s'agit de Saber Ben Mohamed, Amine Abdelkader Al Ouski et Abdessamad Al Khafian. Tous impliqués dans des opérations d'escroquerie et de falsification de documents en vue d'un usage frauduleux. Le chef d'inculpation est plus précis : “organisation d'un réseau de trafic d'émigrants clandestins, falsification et utilisation de faux documents et de chèques bancaires.” Ils avaient en leur possession un ensemble de documents qui allaient être utilisés pour de futurs passages de clandestins vers les pays européens. Ainsi, la police a entre les mains 8 passeports marocains, 2 passeports français, 13 cartes d'identité marocaine achetées auprès de Mohcine Biyi, employé comme gardien dans une agence de Maroc Telecom au quartier Bourgogne, qui dérobait les documents aux clients venus déposer leur dossier pour bénéficier d'abonnements téléphoniques.
Il y avait en outre 8 carnets de chèques bancaires, 7 permis de conduire marocains, plusieurs cartes professionnelles et 25 estampilles et tampons utilisés pour les cachets des signatures falsifiées. Près de 26.000 dh était en possession de Abdelhadi Moutawakil lors de son arrestation.


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