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50 ans de photographie
Publié dans La Gazette du Maroc le 26 - 07 - 2004


Mohamed Maradji
Le 9 septembre 2004 l'émission Lahadat, diffusée sur 2M, a été consacrée à l'artiste-photographe, Mohamed Maradji. Une occasion de rendre hommage au travail de près de 50 ans de bons et loyaux services où la caméra de cet homme au parcours atypique, a immortalisé des milliers de clichés sur la mémoire du pays, son histoire et ses hommes.
Mohamed Maradji est un homme à part. Quand on connaît le bonhomme, on se rend compte à quel point il est passionné de ce qu'il fait. La photographie n'est pas un travail dont il s'acquitte honorablement, mais une histoire d'amour, un cri de cœur, une affaire de toute une vie. Quand on a dompté la caméra pendant 50 ans, on se place déjà dans une démarche d'œuvre artistique qui ne relève plus des contingences de la vie, mais s'inscrit dans la fatalité du faire artistique. Et Mohamed Maradji est un artiste à plein temps. Il vit de la photo, il dort en pensant à ses clichés, il se balade en ville en ruminant des mises en scènes, des montages, des visages et des situations humaines.
Mohamed Maradji est né en 1938 à Casablanca. Sa ville, il en connaît les soubassements. Il pourrait raconter le ventre de Casa en images comme Zola l'a fait en mots. Dans les années 1950, il s'auto-déclare photographe et prend sa besace de fixeur de silhouettes humaines dans les rues de la ville. C'est dans un Maroc très spécial que son aventure avec la photo prend corps. La lutte pour l'indépendance est le grand thème de la vie politique et sociale. Le photographe est nationaliste, patriote, amoureux de son pays. Il doit y participer. Feu Mohammed V est exilé, c'est un drame national. Maradji est un jeune homme qui veut apporter son grain de sel dans une affaire d'honneur. Après le retour d'exil de feu SM Mohammed V, Maradji sillonne les rues sa caméra entre les mains et entame sa série de couvertures sur le Sport et les Arts. Le Maroc se construit et Maradji devient un œil sur les différentes entreprises qui vont faire de ce pays au lendemain de l'indépendance une force de l'avenir. Il voyage, il accompagne en images ce que le Roi et le Prince héritier Moulay Al Hassan qui rassemblaient les voix et donnaient de l'assurance à toute la population marocaine.
Quand on aime son art, on y travaille en s'astreignant à une discipline et une formation sans relâche. C'est ce que décide de faire Maradji en partant à Paris en mars 1957 pour un stage de 6 mois dans une agence de photo internationale. Il s'agit de “l'agence Keystone” qui comptait parmi les plus connues à l'époque. A son retour, il devient photographe-journaliste. Ses clichés seront sur tous les tabloïdes de l'époque de “Al Alam”, à “At-tahrir”, en passant par “La Vigie Marocaine” et “l'Avant-garde”.
Avec le temps, il devient un visage incontournable du Maroc. On le voit sur les écrans de télévision courir sa caméra au cou, l'œil rivé sur un objectif. Il sera alors le compagnon de plusieurs ascensions, de plusieurs destins. On verra ses clichés sur des hommes qui ont façonné le monde comme le Général De Gaulle ou J.F Kennedy, Gamal Abd Nasser, Patrice Lumumba, Nehru, Fidel Castro et tant d'autres figures de la politique mondiale.
Il sera aussi l'œil qui nous parlera de la vie des stars : d'Oum Kaltoum à Pelé en passant par Taha Houcine, Ahmed Al Bidaoui, Charles Aznavour, Mickaeal Jackson, Larbi Ben M'Barek...
Bref un chemin immense que l'on ne peut pas couvrir en citant des dates et en nous remémorant des souvenirs. Non, Maradji reste plus grand que cela et son apport à la culture et à l'héritage marocains restera inscrit dans la mémoire collective de tout un peuple.


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