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“Le froid diplomatique entre le Maroc et l'Arabie Saoudite est une pure allégation”
Publié dans La Gazette du Maroc le 26 - 07 - 2004


Maroc - Arabie Saoudite
Inédit. C'est la première fois, depuis sa nomination à son poste à Rabat, que l'ambassadeur de l'Arabie Saoudite, M. Abderrahmane Al Bichr parle à la presse. En exclusivité à La Gazette du Maroc. Diplomate averti, l'ambassadeur n'y va pas par quatre chemins. “Les relations entre le Maroc et l'Arabie Saoudite, affirme-t-il, sont au beau fixe”. Un démenti retentissant et douloureux pour bien des parties. La réforme, le wahhabisme, le terrorisme... et l'Amérique sont également autant de questions brûlantes auxquelles M. Al Bichr s'est prêté intelligemment. Entretien.
La Gazette du Maroc : Certains milieux évoquent des soi-disant dissonances dans les relations maroco-saoudiennes, et ce, depuis les attentats du 11 septembre 2001. Qu'en est-il réellement ?
Mohamed Ben Abderrahmane Al Bichr : Les relations, entre l'Arabie Saoudite et le Maroc sont et seront toujours indéfectibles et inébranlables. Rien ne saurait les nuire ou y introduire des embrouilles, ni avant ni après le 11 septembre. Il en résulte que le “coup de froid” diplomatique entre le Maroc et l'Arabie Saoudite, évoqué par certains journaux marocains n'est rien d'autre qu'une allégation infondée. Loin s'en faut, les concertations et les contacts politiques entre les responsables n'ont jamais perdu de leur intensité. D'où, la compatibilité des points de vue des deux parties vis-à-vis de nombre de questions tant arabes, qu'internationales. Je crois que les liens fraternels indéfectibles entre S.M le Roi Mohammed VI et le Serviteur des Lieux Saints S.M le Roi Fahd Ben Abdelaziz, Son Altesse Royale le Prince héritier Abdellah Ben Abdelaziz, le vice-président du Conseil des ministres et président de la garde nationale, y sont pour beaucoup. Ils jouent effectivement un rôle essentiel dans le développement des relations entre les deux pays. Par ailleurs, les relations économiques bilatérales ne cessent d'évoluer. Bien qu'ils soient en-deçà des aspirations des deux pays frères. Le Maroc reste l'une des destinations des investissements saoudiens. Plusieurs commissions dont la haute commission maroco-saoudienne, ont été créées à cette fin. Elles s'emploient énergiquement à aplanir les entraves pouvant retarder l'investissement de part et d'autre. Vous n'êtes pas sans savoir également que le Royaume du Maroc frère abrite de grands investissements saoudiens en matière de raffinerie et de distribution du pétrole.
Le marché marocain regorge de produits saoudiens, notamment pétrochimiques. Tout comme les produits marocains abondent le marché saoudien. Sans oublier, aussi, les experts et la main-d'œuvre qualifiée marocaine qui exercent dans plusieurs domaines techniques en Arabie Saoudite. Ceci étant, les deux pays n'en aspirent pas moins, à plus de coopération. Nous espérons voir dans un futur proche se concrétiser cette aspiration commune.
Plusieurs rapports américains, dont le dernier en date est celui des libertés religieuses dans le monde, chargent directement le gouvernement saoudien. Qu'en est-il vraiment de ces accusations ?
De prime abord, je tiens à affirmer que les relations américano-saoudiennes sont très solides et basées sur des intérêts communs aussi sur des liens historiques conjointement initiés par feu S.M le Roi Abdelaziz et l'ancien président américain Roosevelt. Depuis lors, ces relations sont restées aussi solides qu'enracinées. Il va sans dire, néanmoins que des différences de points de vue, survenant d'un moment à l'autre, n'affecteront en rien la force de ces liens. Jamais, différence ne sera un différend. Pour ce qui est des libertés religieuses, personne n'ignore que le Royaume d'Arabie Saoudite a le Coran pour Constitution. Ses préceptes, il les tire de l'Islam qui -faut-il le rappeler- impose le respect des autres religions, des droits de l'Homme et de sa dignité. Les exemples dans notre histoire musulmane sont d'ailleurs légion.
Certains considèrent que le Wahhabisme est un affluent qui nourrit le terrorisme. Pourquoi tient-on à lier le wahhabisme au terrorisme?
Le terrorisme est banni aussi bien par les religions que par la morale, et nulle religion, et encore moins l'Islam, ne permet le meurtre des innocents et des civils. En plus, il n'y a pas de doctrine au nom du Wahhabisme. Les actes d'assassinat sans loi ni foi, commis par une minorité de personnes déviant du droit chemin de la religion, n'est strictement pas de l'Islam. Il en ressort, donc, qu'il n'existe aucun lien entre un mouvement de réforme ou une doctrine islamique et le terrorisme. Le terrorisme on ne le sait que trop, prend toutes les couleurs.
Où en est la réforme entreprise en Arabie Saoudite ?
Grâce à Dieu, la réforme existe en Arabie Saoudite depuis bien longtemps. Le pays n'en persévère pas moins sur cette même voie, pour plus de réformes. A cet effet, un conseil de la Choura a été récemment institué, et le pays connaîtra très bientôt les élections municipales, ce qui constitue un pas dans la marche du développement du royaume. Ceci dit, les conseils des responsables dans le pays restent toujours ouverts pour l'écoute des doléances et autres requêtes des plaignants ou des nécessiteux. Tout citoyen saoudien a le droit et la possibilité de s'entretenir directement avec les responsables et exposer son affaire. Fait très rare dans bien des pays.
Certains partis ne ménagent aucun effort pour ternir l'image du royaume. Quelles sont les mesures que comptent prendre les autorités saoudiennes pour y remédier ?
Le royaume fait peu de cas des balivernes et autres inepties. Résolument, fermement. Cependant, certaines plumes venimeuses trempées dans le vitriol et mal intentionnées ne cessent de pervertir la vérité pour ternir l'image du pays et entacher sa réputation. Nous, nous remédions aux torts causés à notre image de marque par plus de travail et plus d'attachement au droit chemin que nous nous sommes tracés. Le royaume, ses responsables, son gouvernement et son peuple vivent dignement, les droits aussi bien des citoyens que des résidents sont jalousement préservés.
Le royaume est ouvert à quiconque souhaite connaître davantage ses réalités et la vérité de son vécu. La vérité ne dissuadera pas, cependant, les malintentionnés, animés par la haine. Mieux vaut les ignorer.
A votre avis, comment faire pour regagner l'influence arabe aux USA, notamment avec la campagne électorale en cours ?
Je serais franc et vous dirais que l'influence du lobby arabe n'a jamais été suffisamment efficace pour que nous la retrouvions. Ce dont il est question maintenant, c'est de bâtir cette influence à travers une élite culturelle, économique et politique et non pas seulement se limiter au domaine des services. Et partant, il faut œuvrer avec plus de coopération et de coordination. Egalement, nous devrons cesser de porter les différends interarabe sur la scène américaine et avoir une attitude plus unie. Il est nécessaire, enfin, d'être au diapason de son temps et profiter des avancées réalisés en matière de médias et autres moyens de communication.
Quelles sont vos priorités au Maroc en tant qu'ambassadeur ?
Le Maroc est mon pays. Tout y est une priorité. Les grandes facilités qui m'ont été offertes depuis que j'ai foulé le sol de cette chère seconde patrie, sont pour moi très édifiantes à cet égard. Cependant, mon premier souci à l'heure actuelle est d'aplanir toutes les difficultés pour faciliter l'investissement saoudien. Le Maroc a plusieurs atouts qu'on retrouve rarement ailleurs : Sa proximité avec l'Europe, ses deux côtes, méditerranéenne et atlantique, ses splendides terres fertiles avec ses rivières et fleuves. Le Maroc compte aussi une main-d'œuvre qualifiée. Ce qui manque pour l'instant ce sont les flux financiers suffisants et la bonne gestion des investissements qui profiteront sans doute aux deux parties.


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