Le roi Mohammed VI écrit au président du Paraguay    DGSN : 65 ans d'existence et d'abnégation    L'ECONOMIE, OTAGE D'UN VIRUS    Les célébrités marocaines rendent hommage à Hammadi Ammor (PHOTOS)    Soutien à la Palestine: le chanteur Ahmed Chaouki devient la risée de la Toile (PHOTOS)    Marrakech : « Kwayria », la plateforme de promotion des jeunes talents du ballon rond (Reportage)    La Sûreté nationale célèbre son 65e anniversaire    Décès de Hammadi Ammor: les confessions touchantes de son fils (VIDEO)    Ingérence Iranienne au Sahara: Téhéran se voile la face    Maroc-Rwanda: Vers un retrait de la reconnaissance de la RASD par Kigali?    L'Egypte ouvre sa frontière avec Gaza pour évacuer des blessés    Exploration de l'espace : la Chine réussit à poser un robot sur la planète Mars    Heure légale: retour à GMT+1 le dimanche 16 mai à 02H00    Condamnation unanime de l'accueil par l'Espagne du chef du Polisario    Inde: Les exportations agricoles en hausse de 17,5% en 2020-2021    Le Gunner déchu, Matteo Guendouzi, annoncé de retour en France    Mesures restrictives: Les Marocains sont à bout    Covid-19 : L'OMS prédit un bilan plus élevé en 2021    Le mouvement "Neturei Karta" appelle à présenter les criminels de l'entité sioniste devant la CPI (WAFA)    Documentaire: Ne manquez pas "Homo Sapiens: les nouvelles origines" sur 2M, ce dimanche à 21h50    Le Roi Mohammed VI ordonne l'envoi d'une aide humanitaire d'urgence à la Palestine    Heure GMT+1 au Maroc: n'oubliez pas de régler vos montres    Innovations financières: BAM engagé pour le développement des fintechs    L'acteur marocain Hammadi Ammor n'est plus    Coronavirus : le Royaume-Uni accélère l'administration de la deuxième dose    Programme foot: les matchs à suivre ce week-end    E-commerce : Les nouvelles attentes des clients (étude internationale)    Une association bulgare dénonce l'accueil par l'Espagne de Brahim Ghali    Bassin hydraulique de Sebou : Un taux de remplissage des barrages de 74%    VIDEO. Casablanca: le parc de la Ligue arabe comme vous ne l'avez jamais vu    Federer estime que « les athlètes ont besoin d'une décision » sur la tenue des JO    Maroc/Météo: Temps passagèrement nuageux ce samedi 15 mai    Josep Borell : L'UE suit de près la situation des droits de l'homme en Algérie    Les confidences de Munir El Haddadi sur son choix pour le Maroc    Fiorentina : Sofyan Amrabat n'est pas satisfait    Palestiniens censurés, nouvelles conditions d'utilisation de Whatsapp... dans la "Chronique Geek" de la semaine    Le roi Mohammed VI ordonne l'envoi d'une aide humanitaire d'urgence à Gaza et en Cisjordanie    65e anniversaire des Forces armées royales : message de fidélité et de loyalisme de la famille des FAR au Roi    Afghanistan : attentat dans une mosquée près de Kaboul    Un politologue espagnol porte plainte contre Brahim Ghali    Affaire Brahim Ghali : le silence du gouvernement espagnol est «contre-productif»    Podcast: Punk, en toute transparence    Usurpation de l'identité visuelle du parlement européen : Les eurodéputés s'attaquent aux manoeuvres du Polisario    Rabat : Goethe-Institut organise une exposition autour de la migration du 17 mai au 04 juin    Israël-Palestine: L'ONU déplore l'impact "dévastateur" du conflit sur les enfants    La SNRT a affiché une tendance haussière pendant le Ramadan    "La femme dans le cinéma marocain, devant et derrière la caméra": L'hommage mérité aux comédiennes et cinéastes marocaines    La Londonienne Dua Lipa sacrée " meilleure chanteuse " aux Brit Awards    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Guerre fraîche
Publié dans La Gazette du Maroc le 13 - 12 - 2004

Mais guère clémente. Après le démantèle-ment de l'URSS, on considérait à travers le monde que la guerre froide était terminée, et comme guerre il y avait, celle-ci avait été gagnée par l'Amérique, qui n'avait plus, de ce fait, ni ennemi ni adversaire. Il s'est avéré que c'était aller un peu vite en besogne.
L'Amérique, à l'instar de l'entité sioniste, sera toujours en danger de paix. L'une pour faire tourner son industrie militaire, glaive de l'impérialisme, l'autre pour maintenir unies leurs populations. La guerre froide continue donc, d'apparence fraîche parce que l'ennemi communiste n'existe plus. Mais le siècle ne fait que commencer et il y a eu déjà tant de massacres en Palestine et en Irak. Cependant les puissances demeurent et, selon leur habileté, peuvent garder leurs aires d'influence.
L'ambition des uns et des autres est d'imposer la multipolarité aux Etats-Unis. En a-t-on les moyens ? L'Union européenne ne peut être opérationnelle que dans quelques décennies. Il y a, d'autre part, la Russie et la Chine. C'est l'exacte copie du Conseil de sécurité de l'ONU, si l'on considère que la France et le Royaume-Uni représentent l'Europe. Celle-ci, objectivement, travaille dans l'intérêt des USA. Chaque pays qui rejoint l'Europe consolide et élargit le marché européen. Par ailleurs, les nouveaux adhérents rejoignent l'OTAN pour se protéger de l'impérialisme historique de la Russie. Or, l'OTAN a un membre puissamment armé –sans malice- c'est l'Amérique.
C'est une situation bien étrange dans laquelle se trouve l'Europe. Chaque fois qu'elle s'élargit, elle fournit en réalité des clients à l'Amérique. Le cas le plus significatif est celui de la Pologne. Dès son adhésion à l'Europe et à l'OTAN, elle a approuvé l'initiative américaine en Irak en expédiant des troupes sur le terrain puis a acheté du matériel de guerre américain. Ce n'est pas élégant, mais on peut considérer que la vieille Europe est la maquerelle des Etats-Unis. Dans ces conditions, on ne voit pas comment le Vieux Continent peut construire une force unifiée et une politique étrangère unique.
En se dirigeant vers l'Est, du côté de l'Oural, on reste pantois devant la manière dont le président Poutine dirige son pays. On aurait imaginé qu'en tant que familier du renseignement, cela le pousserait à regarder hors de ses frontières pour voir ce qu'il s'y passe. C'est le contraire qui a été observé. Il est très occupé à raser de la carte la Tchétchénie et à consolider son pouvoir. Ce n'est pas faute d'avoir été alerté par des observateurs que l'OTAN allait camper aux portes du Kremlin. C'est fait.
Le président Poutine vient de prendre conscience de la réalité avec l'affaire de l'Ukraine qui révèle l'affrontement entre deux conceptions du pouvoir. La Russie considère que l'Ukraine doit faire partie de son aire d'influence, ce qui est rétrograde mais plausible. La lointaine Amérique veut démocratiser ce pays, c'est-à-dire l'américaniser. Cela est visible tant les manifestations font penser par leur impeccable orchestration à des shows de Broadway. Les amis de Poutine, craignant la défaite, envisagent la partition de l'Ukraine. Le cas échéant, Poutine, qui a digéré la Tchétchénie, serait capable d'intervenir militairement. Bientôt, il n'est pas impossible qu'on assiste à Moscou à des attentats attribués aux Ukrainiens manipulés par la CIA, selon le pouvoir.
Avec beaucoup de difficultés, les républiques musulmanes ex-soviétiques sont encore dans l'aire d'influence russe. On peut penser qu'elles subissent deux attractions contraires. Tiraillement entre l'Amérique et la Chine. Comme dans les autres pays émergents, il y a probablement un hiatus entre les dirigeants et leurs peuples. Ceux–ci se sentent sans doute plus proches des Chinois. Ces républiques découvrent certainement la puissance économique ascendante de la Chine, qui aura de plus en plus besoin d'énergie pour son industrie. On peut donc logiquement concevoir une lutte entre la Chine et l'Amérique pour le contrôle de ces régions pétrolifères. D'une certaine manière, et encore discrètement, la Chine joue le rôle d'un second pôle face aux Américains. Néanmoins, ceux-ci ont une méthode éprouvée pour épuiser leurs adversaires. C'est d'abord la course aux armements qui se fait au détriment du développement économique. Cela a poussé Poutine à déclarer que la Russie met au point une arme hypersophistiquée qu'aucune puissance ne pourra mettre au point. La Chine garde le silence car elle sait que l'Amérique joue aussi des conflits territoriaux, et qu'elle a sur les bras le Tibet et Taïwan.
Quant aux pays du tiers-monde, ils se livrent au plus offrant et ignorent qu'un souffle venu de New York les ferait s'écrouler. Chez nous, on devrait avoir constamment à l'esprit ce vieux proverbe marocain : "Celui-là est nu qui est vêtu des habits d'autrui".


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.