Football. Mondial et CAN 2006. Maroc-Kenya 5-1 La sélection nationale a mis à profit ce match en retard pour cartonner et prendre la tête de son groupe mais, dans l'ensemble, sa production n'a pas rassuré le public tant le volume de jeu développé a été faible faute d'un milieu de terrain organisateur. Evidemment on peut toujours se gargariser par l'ampleur du score et se dire que seul le résultat prime dans une rencontre. Seulement quand il s'agit d'un match inscrit dans des éliminatoires, le plus important est de disposer d'une équipe en constants progrès au fil des sorties pour arriver, en fin de parcours, à dégager une formation performante, c'est-à-dire forte dans tous ses compartiments de jeu. De ce match face au Kenya, on saluera "l'audace" de l'entraîneur Zaki qui a abordé cette partie en 4-3-3 de manière à privilégier l'attaque et cela lui a bien réussi puisqu'à la mi-temps, les Lions de l'Atlas avaient deux buts d'avance (Zaïri et Mounir Diane). Au cours de ce premier half, la sélection nationale avait bien fait circuler le ballon et la ligne d'attaque, constituée de Chemmakh-Zaïri-Hadji, avait posé beaucoup de problèmes à la défense kenyane. Mais dès l'entame de la seconde période, voilà que Zaki, après le 3ème but réussi par l'intenable Zaïri se met à chambouler son équipe en procédant, au fil des minutes, à trois changements qui ont complètement désorganisé le milieu de terrain en principe pourvoyeur en bons ballons. Ainsi la sortie de Abdessadki se fit ressentir au niveau de la récupération car son remplaçant, Ahnafouf vint renforcer le compartiment offensif. Puis ce fut la sortie de Mounir Diane (joueur de milieu) au profit d'un 5ème attaquant, Aboucherouane qui priva carrément les Lions de l'Atlas d'un stratège dans la zone du milieu. Ce fut alors un festival de jeu décousu face à des adversaires qui s'enhardirent quelque peu pour mener des contre-attaques heureusement annihilées par une défense à la hauteur car, derrière, dans la cage, Sinouh était loin de donner tous les gages de sécurité. Le dernier changement, Chemmakh par Skitioui, permit à l'équipe nationale de reprendre quelque peu le jeu pour ajouter deux nouveaux buts. Quelle image faut-il finalement garder de cette équipe ? L'euphorie du buteur du jour, Zaïri en état de grâce, l'excellente prestation des deux latéraux Regragui et Kaddouri, l'expérience de la charnière centrale (Naybet-Ouaddou) ou les débuts prometteurs de Mounir Diane ? Sans doute, Baddou Zaki va tirer les conclusions de ce match pour se faire une meilleure idée de son groupe avec l'incorporation de nouveaux éléments afin de constituer une formation plus homogène et davantage complémentaire. Le 3-5-2 jusqu'alors utilisé ne s'impose plus à domicile et on a vu des Lions plus libérés et mieux inspirés en 4-3-3.