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Remous au sein de l'Union Constitutionnelle
Publié dans La Gazette du Maroc le 11 - 04 - 2005

Des lames de fond traversent actuellement le parti cher à feu Maâti Bouabid, l'Union Constitutionnelle en l'occurrence. Il s'agit de l'expulsion mani militari de deux grosses pointures de l'UC : Abdelaziz Msioui et Abderrahmane Amalou.
Il faut dire que, depuis quelques années déjà, l'Union Constitutionnelle n'est pas parvenue à jouer pleinement son rôle au sein de l'opposition. Notamment en développant ses structures par le recrutement de nouvelles générations et des jeunes hommes politiques. Il est certes difficile pour un parti libéral de faire de l'opposition à un gouvernement de même nature, mais il faut dire aussi que l'UC a gardé ses vieux réflexes de parti de la majorité. En ce sens que les clivages politiques sont de plus en plus confus à un point tel que l'UC ne sait plus qui fait quoi. Ce qui constitue un obstacle de taille pour son positionnement sur l'échiquier politique national. A un moment où le Maroc s'implique de plus en plus dans la voix du changement, l'UC n'a pas su ouvrir ses portes aux jeunes potentialités qui lui permettraient d'avoir une nouvelle façon de voir la politique. On parle alors de poches de résistance qui empêchent le parti d'avancer. “Il existe à l'Union Constitutionnelle des personnes aigries qui pensent beaucoup plus aux portefeuilles ministériels qu'à l'avenir du parti et qui attendent le miracle d'une hypothétique accession au gouvernement pour réaliser leurs desseins“, a affirmé à La Gazette Du Maroc Zaki Semlali, ex-chef du groupe parlementaire de l'Union Constitutionnelle à la chambre des représentants. “Il existe aussi, dit-il, des personnes qui ont, soit, fait leur temps, soit porté un grave préjudice à la crédibilité du parti“. Et l'expulsion de Msioui et d'Amalou s'inscrirait dans cette logique. “Il n'y a pas que ces deux personnes-là qui doivent partir. D'autres responsables du bureau politique ou ce qui en reste sont beaucoup plus nuisibles au parti que Msioui et Amalou“, affirme Zaki. Certes, Abdelaziz Msioui s'est fait des ennemis parmi les responsables locaux de l'UC dans la région de Marrakech qui n'attendaient que sa déchéance de la présidence du conseil provincial pour réclamer sa tête. Omar Jazouli, l'actuel maire de Marrakech, et d'autres cadres de la région sont descendus de tout leur poids pour réclamer le départ de Msioui. “Nos cadres dans la région de Marrakech, a de son côté précisé à LGM M'hamedi Alaoui, membre du bureau politique de l'UC, ont exercé une forte pression sur Mohamed Abied pour exiger l'exclusion de Msioui“. “Ils ont été fermes et catégoriques: soit nous, soit Msioui“, ne cessaient-ils de marteler, précise M'hamedi Alaoui. Face à cette situation, le président de l'UC Abied n'avait plus de choix. Il a sacrifié Msioui sur l'autel des exigences des autres cadres. Ces derniers reprochaient à Msioui deux choses : sa gestion des finances du parti, mais surtout de s'être ligué avec des “partis politiques ennemis“ lors des élections du maire de Marrakech, qui n'est autre que Omar Jazouli.
Réglement de compte
En somme, une affaire de règlement de compte qui a aussi des ramifications d'ordre personnel beaucoup plus que de divergences politiques. C'est pourquoi les cadres de Marrakech avaient menacé de partir si Msioui n'était pas exclu. Toujours est-il que parler de finances du parti, reviendrait à se noyer dans un verre d'eau, puisque le budget de l'UC ne dépasse pas les neuf millions de DH quand on sait que celui du Raja de Casablanca s'élève à 30 millions. “Ce n'est même pas le budget d'une petite entreprise régionale“, s'insurge Zaki.“Il s'agit purement et simplement de querelles personnelles et non pas de divergences sur les problèmes structurels que vit le parti“, affirme-t-il. “Et puis, précise de son côté M'Hamedi Alaoui, Msioui n'a plus rien à apporter au parti. C'est un fin politique certes, mais actuellement il est gravement malade. C'est le crépuscule de sa carrière“.
Quant au cas de Abderrahmane Amalou, c'est une autre paire de manche. Les cadres de l'UC ne lui ont jamais pardonné son implication directe dans ce qui est convenu d'appeler “la campagne d'assainissement“, lancée en 1995. Abderrahmane Amalou, à l'époque ministre de la justice est tenu pour responsable des procès de nombreuses personnes tombées lors de cette campagne, puisque il n'en a jamais référé au bureau politique de l'UC. Il avait même refusé de recevoir certains responsables du parti qui voulaient attirer son attention sur les dérapages enregistrés par cette campagne. “Certes, Feu Hassan II avait donné ses directives pour assainir à un moment où la contre bande avait atteint des proportions énormes. Mais il n'a jamais dit d'aller fabriquer de faux procès verbaux ou de condamner des gens à la va-vite“, dit Zaki. Selon lui, “Amalou était le ministre de Basri. Il a envoyé en prison des membres et des sympathisants de l'UC. Je peux citer Abdelkrim Lahlou et Tber“. “En agissant de la sorte, Amalou et Basri avaient trahi feu Hassan II“, souligne-t-il. Pour donner la preuve de ce qu'il avance, Zaki affirme que les victimes da la campagne d'assainissement étaient défendus par des cabinets d'avocats UC, notamment feu Abdellatif Semlali, alors un des ténors du parti.
Amalou coupable
C'était une manière de dire que l'UC n'avait rien à voir avec la campagne lancée par le ministre de la justice Amalou, lui-même membre du bureau politique du parti à l'époque. Ce comportement avait porté un coup dur à la crédibilité et l'assise de l'Union Constitutionnelle. C'est ce qui avait amené, il y a déjà quelques années, M'Hamedi Alaoui et Zaki Semlali à demander le départ d'Amalou. C'était une manière de se laver les mains des actions qu'il avait engagées quand il était ministre de la justice, puis ministre des droits de l'homme. “Amalou est certes un membre fondateur de l'Union Constitutionnelle, mais il a causé beaucoup de torts au parti quand il était ministre de la justice“. “Au lieu de remplir pleinement son rôle, il se contentait d'exécuter les ordres de Basri et de ses hommes de paille“, renchérit M'hamedi Alaoui. “Il y a trois ou quatre mois, affirme-t-il, nous lui avons de nouveau demandé de quitter le parti la tête haute et nous lui avions laissé tout le temps nécessaire pour le faire, mais il a refusé“. “Par son comportement et son intransigeance, Amalou nous a acculé au pied du mûr. Alors, nous avons tranché, parce qu'il ne nous a pas laissé de choix. Nous avons donc opté pour l'exclusion“, précise M. Alaoui. “Maintenant, si Amalou s'estime lésé, il n'a qu'à fournir les preuves de son non implication dans la fameuse campagne d'assainissement et se présenter devant le prochain congrès du parti qui statuera“. Un congrès prévu d'ici la fin de l'année en cours dans un climat où l'absence de visibilité constitue un handicap de taille. Certes, l'UC a des idées, des principes et une certaine façon de voir les choses, mais elle ne dispose d'aucun programme, comme c'est d'ailleurs le cas de l'ensemble des partis politiques de droite. D'ailleurs, cela fait près de trois ans que les responsables de l'UC parlent de congrès. Mais pour tenir un congrès, il faut d'abord un consensus, ce qui ne semble pas être le cas actuellement. S'il n'y a pas pour le moment de problème au niveau du Secrétaire général du parti, il existe de grandes dissensions autour de la composition du bureau politique. Sur les 25 membres que compte ce bureau, seuls cinq ont été élus par le congrès précédent. Les 20 autres sont venus d'horizons divers, sans pour autant être élus. Une situation de “non-droit“ à laquelle l'Union Constitutionnelle doit s'atteler lors de ses prochaines assises nationales, aux côtés de la refonte des statuts du parti et de l'élaboration d'un véritable projet de société.


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