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Le fantôme perdu de l'ancienne médina
Publié dans La Gazette du Maroc le 25 - 07 - 2005


" Pourquoi, ô mer ? "
Hakim Belabess, le réalisateur des "fibres de l'âme " a entamé depuis une semaine le tournage d'un téléfilm sous le titre provisoire de " Alach A Labhar" dans les méandres de la médina de Casablanca. Une histoire de pêcheurs sur fond de surnaturel dans une ambiance pour le moins inhabituelle. Une production de la TVM, qui marque ici l'aide et le soutien de la politique de Fayçal Laâraïchi pour accompagner le cinéma et les cinéastes marocains.
Depuis "les fibres de l'âme", grande révélation du cinéma marocain ici et dans plusieurs grands festivals de par le monde, on attendait un nouvel opus de Hakim Belabess, le grand cinéaste natif de Bejaâd. Travaillant sur un projet ambitieux pour Sundance Festival, et en attendant de peaufiner un autre scénario puisé dans la réalité du Maroc, il s'attaque, en ce moment à un téléfilm sous le titre encore provisoire de " Alach Alabhar " (Pourquoi, ô mer ?). C'est une histoire inhabituelle dans les annales du cinéma et de la télévision marocains. Tout se déroule dans les dédalles de l'ancienne médina de Casablanca. Trois amis pêcheurs qui vont braver la mer et ses vagues à bord de leurs " chambres à air " à la recherche d'une manne incertaine dans le creux de la houle. L'un d'entre eux est hanté par une image. Une voix, une femme, une silhouette. Une présence invisible qui ponctue les sorties nocturnes des amis. Existe-t-elle cette voix qui se mélange au bruissement des vaguelettes flottant au gré du vent à l'aube ? Le pêcheur n'a même pas le loisir d'y réfléchir ? Sa vie bascule, et il faut trouver ce visage, en toucher l'essence.
La mémoire des lieux
La mer devient alors un personnage à part entière autant que cette médina de Casablanca dont les venelles sont visitées par la caméra de Belabess. Un travail de spéléologue pour ramener à la surface de la mémoire collective des Bidaouis des pans entiers de ce trésor qu'est la médina. Le cinéaste parcourt la ville, s'immisce dans ces moindres interstices, et creuse dans les richesses d'un tel lieu pour en rendre à la fois l'image certaine et une atmosphère qui répond aux exigences d'une histoire d'absence, de présence et de rêve perdu.
Hakim Belabess est très sensible aux espaces. Pour lui, les lieux ont des atmosphères particulières qu'il faut savoir approcher. On ne se comporte pas avec une ville comme Casablanca et sa médina comme avec n'importe quel espace. Le cinéaste est conscient des secrets que recèle la ville, des mécanismes des comportements, de la hiérarchie des visages. "C'est une ville impressionnante que je connais très bien pour y avoir vécu une partie de ma vie. Son âme est souterraine. Casablanca peut être perfide, aimante, repoussante, traîtresse…Mais elle a du cœur, elle a du coffre, c'est une ville blessée, qui blesse et guérit à la fois. Elle a une magie que peu de villes possèdent. Ce film est aussi une pensée pour la ville, son histoire, son présent, ses gens, ses secrets ".
Pour marquer l'énigme de la ville, il y a cet irrationnel qui sous-tend toute l'intrigue. Cette âme errante qui sillonne les rues à l'aube, derrière les silhouettes apeurèes des pêcheurs. Cette voix de naïade qui dit toute l'angoisse et l'amour que les hommes portent dans le cœur. Avec Belabess, c'est toute une philosophie sur la vie, l'existence, la mort et ses corollaires qui font leur apparition dans le cinéma marocain. Le propos est plus axé sur une préoccupation humaine où l'esthétique est toujours au service des sentiments.
Quand la mer pousse ses hurlements dans des ressacs affreux sous le phare de la ville, c'est tout le passé des hommes qui est charrié des fonds des eaux pour remonter à la surface. On ne peut jamais éviter ces démons dans les films de Belabess. Les face-à-face avec ses doubles et leurs variantes sont inéluctables.
En cours de route, les pêcheurs aiment, attendent, souffrent de l'incertitude et il y a toujours cette mort qui plane comme un rapace affamé sur la crête des vagues. Les hommes pourront retrouver sur l'écume des jours une partie de leurs rêves ? Possible, mais il leur faudra toucher le fond du sable et explorer les sédiments du cœur.
La TVM mise sur la qualité
Fayçal Laâraïchi l'a fait savoir depuis des années déjà à son arrivée à la tête de la télévision nationale. Il est conscient que le petit écran pourrait être un moteur fort pour aider les cinéastes à décoller, à faire du cinéma, à participer à cette dynamique de l'audiovisuel. En misant sur la qualité d'un Hakim Belabess qui n'a plus rien à prouver, c'est la voie de la sagesse qu'emprunte la TVM pour offrir au public marocain des histoires bien de " chez nous " par des réalisateurs qui connaissent leur métier et respectent les goûts de ce public varié et très exigeant. En produisant ce téléfilm qui pourrait être kinéscopé pour un passage sur les grands écrans, ce sont d'autres projets qui sont à l'étude et qui vont voir le jour. Une aubaine pour plusieurs cinéastes marocains qui peuvent allier à la fois grand et petit écran pour toucher le maximum de sensibilités et entamer cette interactivité importante pour qu'un cinéma puisse devenir le miroir d'une culture.


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