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Tétouan : La belle Andalouse, fille de Grenade
Publié dans La Gazette du Maroc le 06 - 03 - 2006

Capitale des arts classiques et de la culture arabo-andalouse, Tétouan a conservé une âme qui fait d'elle la plus hispano-mauresque des villes marocaines. Berceau du raffinement andalous au Maroc, Tétouan a largement contribué à la richesse du patrimoine musical, architectural et artistique, dans tous les sens du terme, du royaume.
Etablie depuis des siècles, près de la Tamuda romaine (site antique du Nord), Tétouan est aussi connue sous le nom de Titawin signifiant sources en berbère. À partir du VIIIème siècle, elle devient le principal point de jonction entre le Maroc et l'Andalousie. On attribue sa fondation au Soufi andalou, Sidi Abdelkader Tabine. Il urbanise le site pour la première fois, en construisant des maisons, une mosquée, des boutiques et des moulins.
En 1286, Abou Youssef Yacoub le Mérinide fait édifier la Qasba de Tétouan, utilisée comme base militaire pour le siège de Sebta.
Mais au début du siècle, la ville est détruite par les Espagnols, pour arrêter les attaques de pirates, pour lesquels elle constituait une base arrière.
Elle reste ruinée et abandonnée, jusqu'à la fin du XVème siècle. Sa reconstruction démarre vers 1493, juste après la chute de Grenade en 1492. Des musulmans qui s'étaient réfugiés en Andalousie (au moment de la reconquête de l'Espagne) reconstruisent Tétouan.
À une époque où toutes les autres villes marocaines du littoral méditerranéen sont sous la domination espagnole ou portugaise, Tétouan constitue un refuge et un avant-poste pour l'Islam.
Tétouan l'Andalouse,«fille de Grenade», est l'œuvre d'Abou Hassan Ali Al Mandari, réfugié andalou de la région de Grenade. Ce grand chef militaire est accompagné dans sa fuite par des émigrés, les premiers Mudéjars.
Dès lors, des peuples de religions diverses vont venir s'y installer, porteurs du rêve d'Al-Andalus, celui d'un Islam rayonnant. En 1913, Tétouan devient la capitale du Maroc espagnol et le restera jusqu'à l'indépendance du Maroc en 1956. Son école des arts et métiers (Dar As Sanaa), son institut national des Beaux-Arts et ses musées archéologique et ethnographique, témoignent d'une tradition ancestrale et d'un savoir-faire artistique, très avant-gardiste.
L'école des Beaux-Arts
de Tétouan
En 1947, l'école des Beaux-Arts de Tétouan est créée par le peintre Don Mariano Bertuchi venu tout droit de Grenade. C'est la première école, calquée sur un schéma occidental. L'enseignement y est très académique. Elle se compose initialement de deux ateliers, situés à l'emplacement actuel de l'Ecole des Arts et Métiers Traditionnels. Le but premier était d'offrir aux épouses de militaires un lieu de loisirs et de détente. Dans les années 40, en Espagne, les écoles supérieures des Beaux-Arts décident d'envoyer leurs élèves à Tétouan, afin d'enrichir leurs connaissances des décors des villes marocaines. Après l'indépendance, en 1956, Sa Majesté Mohammed V inaugure un nouvel établissement, dirigé par le peintre, Mohamed Serghini. L'institut National des Beaux-Arts de Tétouan est créé. Il a pour partenaires l'Institut français du Nord, l'Université Abdelmalik Assaadi de Tétouan, l'Institut Cervantès de Tétouan, les Amis du Cinéma de Tétouan, l'Institut français de Rabat, l'Ecole Supérieure d'Art de Nantes. Des accords de coopération sont aussi conclus avec l'Académie Royale des Beaux-Arts de Grenade et l'Université des Beaux-Arts de Séville. Il faut savoir que l'école de Tétouan a donné naissance à de nombreux peintres marocains et étrangers tous aussi talentueux les uns que les autres, dont Abdelkrim Ouazzani, Meki Megara, Faissal Benkiran, Adil Rabih, Bouabid Bouzaid… tous originaires de Tétouan.
L'héritage musical
d'Al- Andalous
En 822 après J.C., un musicien du nom de Ali Ibn Nafii est surnommé le merle noir. Il quitte la cour décadente des Califats abbassides en Orient et se rend en Andalousie. Là, il compose sa propre musique, celle-là même qui deviendra la fameuse « Al ala » au Maroc. Conçue sous la forme d'un arbre « l'arbre des modes » (tubu), elle est constituée de 24 suites musicales : les « noubas ». Ces dernières se composent à leur tour de 5 parties : « mizans ». Mais cette musique citadine qui nous vient de loin a subi de nombreux changements. Sur les 24 « noubas » d'origine, il n'en reste que 11. Celles-ci ont été répertoriées par le musicien tétouanais, Al Hayk.
Tétouan a donné à la musique andalouse marocaine ses représentants les plus prestigieux : Mohamed Larbi Tamsamani qui fut directeur du Conservatoire de musique de Tétouan. Il représenta le Maroc dans de nombreuses manifestations au Maroc et à l'étranger, en compagnie de deux autres illustres musiciens tétouanais Abdessadeq Cheqqara (au violon) et Mokhtar Mfarrej (au luth). Par ailleurs, les femmes instrumentalistes de Tétouan constituent un cas à part. Ces musiciennes professionnelles s'inspirent du patrimoine andalou, tout en puisant aussi, dans le folklore local (taqtouqa jabaliya), le gharnati ou les chants soufis. Il existe actuellement une dizaine d'orchestres féminins à Tétouan. Un des plus célèbres est l'ensemble Al Ikhlâs, dirigé par Fatima El Asri, dont le répertoire est édité par l'Institut du Monde Arabe à Paris ( Maroc- Chants d'allégresse- Les Femmes de Tétouan- Collection « Musicales » - IMA /Harmonia mundi).


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