Sahara : Désenchanté, Abdelmadjid Tebboune se contente d'un soutien timide au Polisario    Urbanisme : l'Intérieur durcit le ton face aux élus en infraction    Après les pluies salvatrices, la région Casablanca-Settat se prépare à une saison agricole prometteuse    Iran: au moins 1.500 condamnés à mort exécutés en 2025, record "depuis plus de 35 ans"    Covid-19 : une menace persistante pour les plus vulnérables    CAN 2025 : La CAF fait son premier bilan et dévoile son tableau final    FRMF / Arbitrage : Grille des indemnités perçues par les arbitres    CAN Maroc 2025 : Séisme au Gabon après l'élimination des Panthères    CAN 2025 : le Gabon suspend sa sélection après une élimination jugée désastreuse    Intempéries : suspension des cours vendredi et samedi à Taroudant    La BD "Astérix en Lusitanie" a fait 1,65 million de ventes en France    Bœuf importé : la Chine impose un droit de douane additionnel de 55 % au-delà des quotas    USA : Trump repousse d'un an l'augmentation des droits de douane sur l'ameublement    Huit morts dans de nouvelles frappes américaines contre des embarcations de « narcotrafiquants »    Walid Regragui : Quel est le salaire du sélectionneur marocain ?    La France fait face à une multiplication de cyberattaques de sites stratégiques    Marrakech: effondrement d'un immeuble en construction, aucun blessé ni décès à déplorer (Autorités locales)    Cours des devises du vendredi 02 janvier 2026    Le chinois BYD domine le marché mondial des véhicules électriques en 2025    La FIFA salue l'âge d'or du football marocain en 2025    Sahara : un drone des FAR détruit un véhicule d'orpailleurs dans la zone tampon    Le président chinois Xi Jinping prononce son discours à l'occasion du Nouvel An    Alerte Météo : Fortes pluies, chutes de neige et vent fort vendredi et samedi    Casablanca : Dispositif sécuritaire renforcé pour les festivités du Nouvel An    Nouvel An : SM le Roi échange des messages de félicitations avec des Chefs d'Etat et de gouvernement de pays frères et amis    CAN 2025: Avec 5.400 demandes d'accréditation, l'engouement médiatique bat tous les records    MRE : les transferts de fonds augmentent à plus de 111,53 MMDH à fin novembre    Températures prévues pour vendredi 02 janvier 2026    Ali Bourni : une diplomatie parallèle discrète    Bourse de Casablanca : le MASI gagne 1,30% en décembre 2025    Coupe d'Afrique des Nations Maroc-2025 : Les équipes qualifiées pour les 8ès    Bureaux de change : Damane Cash et la FMSCD s'allient pour moderniser les transactions    Casablanca: deux mineurs déférés devant la justice suite à l'arrachage du drapeau d'un pays participant à la Coupe d'Afrique des Nations    DGSN : Avancement de 8.913 fonctionnaires de police au titre de l'exercice budgétaire 2025    Madonna passe les fêtes de fin d'année à Marrakech    Réforme des retraites : Nadia Fettah Alaoui rejette le discours alarmiste et plaide pour un consensus    Procédure civile : le texte recadré par la Cour arrive au Parlement    Sahara : de Laâyoune à Fès, la société civile trace un nouvel axe de plaidoyer    Elias Al-Malki se beneficiará de una pena alternativa con 900 horas de servicio comunitario.    Rafales de vent localement fortes vendredi dans plusieurs provinces    Présidentielle en Guinée : Mamadi Doumbouya élu président avec 86,72% des voix    Tebboune : «Nous ne sommes pas Sahraouis plus que les Sahraouis»    Brigitte Bordeaux - Brigitte Bardot    Musique et arts de la scène : 56 projets soutenus au titre de la 2e session de 2025    Marrakech : l'exposition « Mohammed Ben Allal, récits du quotidien » au musée Jamaâ el-Fna    CAN 2025 : Marrakech vue de l'Ouganda    Malgré les stéréotypes, le darija gagne en popularité parmi les apprenants étrangers de l'arabe    Vernissage de l'exposition nationale «60 ans de peinture au Maroc» le 6 janvier 2026    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



L'Amo n'arrive pas à séduire le corps médical
Publié dans La Vie éco le 19 - 10 - 2007

L'insuffisance des tarifs, l'étroitesse du panier des soins et la liste limitative des médicaments remboursés limitent la portée du système.
Le Collège syndical des spécialistes veut un tarif de responsabilité.
Selon le corps médical, l'assurance maladie obligatoire (Amo) n'a pas, contrairement aux prévisions, entraîné une hausse d'activité. Cette nouvelle couverture médicale, mise en place depuis 2006, n'a pas entraîné, pour les prestataires de soins, une hausse du nombre de patients. Pourtant, à la Caisse nationale de sécurité sociale, gestionnaire de l'Amo pour les assurés du secteur privé, on indique que «1 200 dossiers de remboursement de frais de soins médicaux sont traités quotidiennement et 100 prises en charge délivrées, sans oublier qu'à partir de novembre, ce régime s'étendra à 500 000 personnes supplémentaires, notamment les bénéficiaires de petites pensions». Malheureusement, les statistiques n'ont pas pu être obtenues auprès de l'autre gestionnaire, celui du secteur public, notamment la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (Cnops). Mais on y précise que le nombre de dossiers a enregistré une progression durant la première année d'existence de la couverture médicale.
Les médecins récalcitrants sous le coup d'une sanction ?
Autre son de cloche chez les praticiens. Selon eux, le système connaît de sérieux blocages et ne peut donner la pleine mesure de l'effet recherché initialement si des améliorations ne lui sont pas apportées.
Que reproche donc le corps médical à l'Amo ? Le principal grief avancé par les prestataires de soins est la Tarification nationale de référence (TNR) servant de base au remboursement des frais engagés par les patients pour les soins ainsi que les prises en charge. Cette tarification, rappelons-le, a été longuement discutée par l'Agence nationale de l'assurance maladie (Anam), les organismes gestionnaires ainsi que le corps médical. Suite à de nombreuses divergences, la Primature avait alors tranché pour permettre à l'Amo, dont la mise en place avait pris du retard, de démarrer, tout en promettant la poursuite des négociations avec les médecins pour parfaire cette tarification, qualifiée par ces derniers de très faible. Les médecins restent sur leurs positions : ils ne veulent pas «faire de la médecine au rabais !».
En effet, la première année de mise en œuvre de l'Amo a été marquée par des réclamations des professionnels relatives «aux tarifs insuffisants qui ne reflètent pas la réalité de l'exercice de la médecine». C'est dans ce contexte que le Collège syndical national médical des spécialistes privés, instance regroupant et représentant une vingtaine de spécialités, estime nécessaire la discussion avec l'Anam et les gestionnaires des tarifs «afin de permettre une adhésion et une plus forte implication du corps médical du secteur libéral dans la construction du régime de l'Amo». Car aujourd'hui, il est utile de le signaler, la majorité des médecins privés, particulièrement les gros cabinets, n'adhèrent pas au nouveau régime qu'ils qualifient d'«injuste par rapport à leurs longues années d'études et aux investissements matériels engagés». C'est pourquoi le collège des spécialistes précité a tenu, en juillet dernier, deux réunions avec l'Anam à laquelle il a proposé la mise en place d'un tarif de responsabilité à l'instar de ce qui se passe en France. «C'est un système qui laisse la voie libre aux patients de choisir leur médecin, au lieu du dirigisme auquel risque de donner lieu la TNR actuelle. Il permettra aussi de répartir les médecins en deux catégories : d'une part, les médecins conventionnés, et, d'autre part, les praticiens non conventionnés», explique le Dr Saâd Agoumi, président du collège. Aujourd'hui, le principe de la TNR est une disposition légale de la loi 65-00 régissant l'Amo à laquelle tous les praticiens doivent tacitement se conformer. Et l'Anam de préciser que «la loi de l'Amo stipule que lorsqu'une convention nationale est approuvée, tout prestataire de soins membre de la profession est réputé adhérent d'office». Mais la pratique est toute différente dans la mesure où plusieurs médecins n'appliquent pas cette tarification. Pour l'assuré, cela ne change rien, car il est toujours remboursé, sur la base du tarif conventionnel, que le médecin soit conventionné ou non. Une situation qui risque, selon un observateur, de se retourner contre ces praticiens car le dispositif légal prévoit un contrôle des médecins (sauf ceux qui ont fait part de leur non-conventionnement à l'Anam), contrôle exercé par une commission de suivi regroupant des représentants du syndicat des médecins, du Conseil national de l'ordre, du ministère de la santé et de l'Anam ainsi que des organismes gestionnaires.
Une convention sera signée avec les oncologues dans les prochains jours
Par ailleurs, un spécialiste de l'Amo estime que le collège des spécialistes privés propose un tarif de responsabilité car «il craint une fuite des patients vers les praticiens pratiquant la TNR. C'est une façon de se protéger contre une baisse de la clientèle. La situation qui prévaut aujourd'hui ne leur porte, pour l'instant, aucun préjudice, car les patients supportent une partie des frais et acceptent les remboursements des gestionnaires». A la CNSS, on confirme en effet qu'aucun dossier de remboursement provenant d'un praticien n'appliquant pas la TNR n'est rejeté du fait que «le patient a fait son choix et nous faisons notre travail conformément à la loi», est-il expliqué. Aujourd'hui, indique-t-on à l'Anam, six prestataires se sont déclarés non conventionnés. Pour ceux-là et pour eux seuls, les organismes gestionnaires ont le droit de ne pas accorder la prise en charge préalable de frais de soins.
En attendant, et conformément à l'engagement des pouvoirs publics, les discussions se sont poursuivies avec certaines spécialités et ont abouti à la signature de conventions avec plusieurs professions médicales. D'ailleurs, les discussions avec les oncologues viennent de prendre fin et la signature se fera dans les prochains jours.
La tarification est donc le principal blocage au bon fonctionnement de l'Amo, sans compter, comme le relève encore une fois l'association nationale des cliniques privées, que l'entrée en vigueur de l'Amo n'a pas permis, comme cela était prévu au départ, aux patients d'accéder aux soins. Et ceci en raison de l'exclusion des soins ambulatoires, d'une part, de la liste limitative des médicaments remboursables, d'autre part.
En définitive, les praticiens ne semblent pas adhérer à l'Amo qu'ils avaient tant attendu car le régime devait drainer de nouveaux patients. Un objectif qui n'est pas près, selon le corps médical, de se réaliser, si des ajustements ne sont pas apportés au schéma actuel.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.