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Bel Maroc : L'usine tangéroise, le nerf de guerre du groupe
Publié dans La Vie éco le 02 - 04 - 2021

Un site leader en termes d'autonomie de gestion et de performance industrielle. Un quart de la production, de l'usine du détroit, est dédiée à l'exportation vers une vingtaine de pays. Le groupe s'attaque bientôt au marché américain.
Bel Maroc nous a ouvert les portes de son usine de Tanger, ce Jeudi 1er avril. L'occasion de pénétrer les coulisses de fabrication de la plus célèbre des vache « La vache qui rit ».
Avec un milliard de dirhams d'investissement injecté durant ces 20 dernières années, ce site se positionne aujourd'hui en tant que leader en volume pour la production de fromage fondu au sein du groupe. L'usine fait figure de site pilote en termes de gestion autonome et de performance industrielle. « Le site a 1 à 2 ans d'avance sur tous les autres sites industriels » annonce le tout nouveau directeur de cette usine Denis Ruillé. Organisé comme une ruche d'abeilles à la pointe de la technologie, on nous apprend, par exemple, que chaque machine de fabrication des fameux cartons d'emballage en produit 100 par minute, avec un taux de performance de 98%. Il faut dire que ce site est riche d'un programme de performance industrielle innovant, depuis 2010, sous forme d'Ilots Autonomes de Production (IAP): Des équipes à taille humaine d'opérateurs qui gèrent leurs ressources de façon autonome. Cette démarche, initiée à Tanger et devenue une best practice partagée au sein du groupe Bel à l'internationale, est supportée par un programme de formation et d'accompagnement qui favorise la responsabilité et la montée en compétence des collaborateurs qu'elle implique dans la résolution des problèmes. Côté produit lui-même, la traçabilité se veut très stricte quand il s'agit de production, des ingrédients des recettes, et des produits finis. Une multitude de tests microbiologiques, physico-chimiques et organoleptiques sont d'ailleurs prévus tout au long du cycle de vie, en phase de production et sur le marché.
En synergie complète avec les deux autres sites majeurs du groupe (le centre de distribution nationale de Mohammedia et le siège Casablanca), ce site contribue activement à la consolidation des parts de marché du groupe Bel qui s'élèvent aujourd'hui à 50% en volume du segment des fromages à tartiner, disponibles en portion ou en pot. Un quart de la production, de l'usine du détroit, est dédiée à l'exportation vers une vingtaine de pays. Dans ce sillage, le groupe Bel qui avait pour habitude d'exporter près de 40% de sa production vers l'Afrique subsaharienne et le moyen orient, n'a pas échappé aux filets de la crise sanitaire.
En 2020, la production exportée a chuté à 25%. Il faut dire qu'en plus des mesures de restrictions liées au Covid, c'est la crise du Liban enclenchée suite aux explosions de Mars 2020, un marché de distribution particulièrement important pour la filiale marocaine, qui a contribué à cette baisse (le pays a, depuis, connu une dévaluation sans précédent de sa monnaie locale face au dollar).
Toujours au volet exportations et dans une optique de diversifier ses débouchés (et pour le coup ses risques), Bel Maroc est en phase de finalisation d'un grand projet d'exportation vers le marché américain. Un pari ambitieux de pénétrer un marché américain aussi exigeant que rudement concurrentiel.
S'agissant des retombées de la crise sanitaire au Maroc, Le DG du groupe Chakib Seddiki explique qu'elle a incontestablement secoué le marché. Il était donc primordial pour le groupe de s'adapter à ce nouveau contexte perturbant de plein fouet les modes de consommation. Cela est d'autant plus vrai quand on sait que le segment de la consommation du fromage fondu au Maroc se caractérise par une consommation de la portion 'ailleurs que chez soi', dans des laiteries, des cafés, des épiceries….


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