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Capitaliser et transformer
Publié dans La Vie éco le 27 - 11 - 2021

Le gouvernement semble déterminé à s'attaquer sérieusement à l'investissement. Et il était grand temps. Car, même si beaucoup tendent à l'oublier, le dernier document qui encadre l'investissement au Maroc et qui est en vigueur remonte à 1995, soit il y a 26 ans.
Or, depuis 1995, le Maroc s'est profondément transformé, à commencer par son économie. Et les choix du Maroc pour son modèle de développement, qui sera déployé dans les 15 prochaines années, imposent eux aussi un changement de vision.
Les start-up, les auto-entrepreneurs, les partenariats public-privé, la dématérialisation, le digital et le numérique..., tout cela n'existait pratiquement pas il y a 26 ans.
Des pans et secteurs entiers du tissu productif actuel n'existaient pas non plus ou que sous des formes embryonnaires. C'est le cas de secteurs devenus aujourd'hui des piliers et une vitrine de l'économie comme l'automobile, l'aéronautique, l'offshoring, les NTIC, les énergies renouvelables. D'autres secteurs, dont certains historiques, se sont aussi transformés comme l'agriculture, l'agro-industrie, le textile, la chimie, l'électricité, l'électronique...
Le changement de vision en matière d'investissement est encore plus que nécessaire au regard de certaines orientations majeures prises par le Maroc. La régionalisation en est le meilleur exemple. Pour disposer de régions fortes, cela nécessitera un travail de rééquilibrage forcé entre les territoires. Les derniers chiffres du HCP disent que trois régions, qui représentent l'axe Tanger-El Jadida, concentrent à elles seules près de 60% de la création de richesse et de valeur ajoutée qui ne sont finalement que la résultante de l'investissement.
Une autre action de rééquilibrage est nécessaire mais cette fois-ci entre le public et le privé. La norme standard désormais admise à l'échelle mondiale stipule que dans une économie solide le volume de l'investissement privé doit représenter le double de celui du public. Pour 2022, à titre d'exemple, si l'Etat a prévu d'investir 245 milliards de DH, le secteur privé devrait en afficher 500 milliards. Evidemment, on en est encore loin.
Cela dit, pour sa nouvelle charte d'investissement, le gouvernement ne part pas d'une page blanche. Le Maroc, qui a accumulé depuis 1995 beaucoup d'expériences, avec des réussites mais aussi des échecs, a développé des pratiques qui ont démontré leur pertinence et a pu construire malgré les aléas et l'adversité mondiale une économie résiliente avec des positions fortes sur de nombreux métiers anciens et nouveaux.
La nouvelle charte sera une brique de plus, importante cependant, dans l'édifice et surtout le levier le plus indiqué pour accélérer la transformation impérative de l'économie.


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