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Le Maroc table sur 2 millions de croisiéristes dans dix ans
Publié dans La Vie éco le 19 - 12 - 2008

270 000 croisiéristes ont fait escale au Maroc en 2007 contre 230 000 en 2006. 140 000 à Casablanca, 80 000 à Agadir et 75 000 à Tanger Le ministère du tourisme prévoit de lancer un label «Maroc Croisières».
Letourisme de croi- sière se développe, lentement mais sûrement. Longtemps négligée, cette niche a commencé à prendre de l'ampleur à partir de 2005, avec la mise en œuvre d'un plan d'action axé sur trois destinations portuaires, en l'occurrence Casablanca, Agadir, Tanger, et, dans une moindre mesure, Safi. Ainsi, dès 2006, le Maroc a accueilli quelque 230 000 croisiéristes et, en 2007, ce chiffre est passé à 270 000, ce qui correspond à une progression annuelle de plus de 10%, un rythme qui, d'ailleurs, se serait maintenu pour 2008, selon Fouad Gholabzouri, responsable du tourisme de niche au département du tourisme.
Six opérateurs se partagent le marché mondial
Le seul port de Casablanca a accueilli en 2007 plus de la moitié des croisiéristes, soit 140 000, contre 93 000 une année auparavant. Agadir et Tanger ont accueilli respectivement 80 000 et 75 000 passagers en 2007.
Certes, ces chiffres restent très en deçà des potentiels d'un pays comme le Maroc qui dispose de 3 500 kilomètres de côtes. Mais le fait est que le tourisme de croisière reste une activité à part dans ce secteur. Il faut savoir, à ce sujet, que les circuits de croisières sont programmés longtemps à l'avance par les TO spécialisés. Actuellement, fait remarquer M. Gholabzouri, les TO spécialisés dans cette activité sont en train de préparer les circuits des croisières pour 2012, ce qui veut dire que ceux de 2011 sont déjà arrêtés.
D'autre part, si, au niveau mondial, le tourisme de croisière affiche une croissance qui ne se dément pas, avec 16 millions de passagers en 2007 contre 6,2 millions dix années auparavant, ce sont, en tout et pour tout, six grands TO qui se partagent cette manne à travers le monde. Ceci en fait un créneau sensible. En effet, ces opérateurs échangent des informations entre eux ; ainsi, si l'un d'eux programme un pays, les autres ne tardent jamais à suivre, et inversement, s'il met un pays à l'index, les autres TO vont faire de même. Aujourd'hui, l'offre mondiale sur ce créneau croît rapidement avec des navires de plus de 2 500 passagers, ce qui laisse au Maroc une marge de manœuvre intéressante, à condition, toutefois, de développer des infrastructures d'accueil de ces bateaux dans les ports nationaux.
C'est dans cette optique que le ministère du tourisme envisage de lancer, dès 2009, une grande étude de faisabilité pour combler le retard en matière d'infrastructures portuaires. Il est prévu de revoir les capacités d'accueil des ports de Nador, Al Hoceima, Laâyoune et autres, sans oublier la transformation du port de Tanger en port de plaisance. L'objectif du ministère est d'atteindre 2 millions de croisiéristes pour la prochaine décennie.
En attendant, le Maroc tente, tant bien que mal, d'attirer cette activité en se plaçant dans l'orbite des TO. Début décembre, on a pu voir un paquebot de croisière, appartenant au grand TO américain Royal Caribbean International (RCI), jeter l'ancre au port de Casablanca pour une escale inaugurale dans la capitale économique. Ce TO a par ailleurs programmé 6 escales au port de Casablanca au courant de l'année 2009.
Au niveau interne, le département a commencé à jeter les bases d'une collaboration avec différents partenaires publics et privés pour développer l'activité. Cette collaboration a démarré avec la signature en 2005 d'une convention cadre avec l'ex-Office d'exploitation des ports (Odep), l'Office du tourisme (ONMT), la Fédération des agences de voyages (FNAVM) et toutes les associations professionnelles qui opèrent dans le maritime.
Des conventions spécifiques ont aussi été signées avec les ports de Casablanca (octobre 2006), Agadir (novembre 2006) et Safi (mai 2007). Ces conventions précisent les prestations de services liées à l'activité de croisière à l'intérieur et à l'extérieur des ports ainsi qu'à l'organisation d'infrastructures dédiées et à l'embellissement des ports et des sites et circuits touristiques empruntés par les croisiéristes. Mais pour vendre le produit, il faut en faire la promotion. Pour cela, le ministère du tourisme prévoit de lancer une marque spécifique, un label «Maroc croisières» auprès des agences de voyages et des agences maritimes.


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