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Les impayés reculent chez les particuliers mais s'accumulent chez les entreprises
Publié dans La Vie éco le 14 - 03 - 2012

A fin janvier par rapport à la même période en 2011, les créances en souffrance ont baissé de 23% pour les particuliers alors qu'elles ont augmenté de 60% pour les entreprises.
Le mois de janvier est venu confirmer la tendance de l'année 2011 : les créances en souffrance continuent de diminuer chez les particuliers alors qu'elles s'accumulent chez les entreprises. Le rythme s'est même accéléré durant le premier mois de cette année par rapport à décembre 2011. Chez les personnes physiques, les impayés ne totalisent plus que 9,4 milliards de DH, marquant une baisse importante de 23,3% par rapport à janvier 2011. Avec un encours de crédit accordé à cette clientèle de 181,2 milliards de DH, n'ayant augmenté que de 6,2% sur une année, le taux de créances en souffrance des particuliers a diminué de 2 points de pourcentage d'un coup pour s'établir à 5,2%, soit un niveau plus proche que la moyenne sectorielle (4,88%).
Pour les entreprises (hors petits entrepreneurs), les créances en souffrance atteignent désormais 16 milliards de DH, soit une aggravation de 60% par rapport à janvier 2011. L'encours des crédits aux entreprises n'ayant augmenté que de 12,7% sur la même période, à 324,5 milliards de DH, le taux d'impayés de cette catégorie a augmenté de 146 points de base pour se situer à 4,94%.
Un taux d'impayés de 14,7% chez les petits entrepreneurs
Il faut dire que chez les particuliers, la tendance des créances en souffrance est à la baisse depuis quelques années déjà. Chaque mois, leur niveau diminue un peu plus, et cela s'explique par plusieurs facteurs. D'abord, les conditions de financement de cette clientèle sont devenues plus strictes, plus encadrées durant ces dernières années, et le processus d'octroi des crédits aux particuliers a été industrialisé chez la plupart des banques de la place. La quotité de financement ne dépasse que rarement les seuils fixés par les différents établissements (40 à 45% du revenu de l'emprunteur) et les renseignements relatifs à la situation professionnelle et aux prêts déjà contractés sont vérifiés de façon rigoureuse, conformément aux instructions de Bank Al-Maghrib.
Ensuite, il y a un effet rattrapage qui explique aussi le recul des créances en souffrance des particuliers. En effet, le taux d'impayés de cette clientèle dépassait de loins la moyenne sectorielle. Rien qu'en décembre 2011, il était à plus de 7% contre moins de 5% pour toute la clientèle bancaire.
Chez les entreprises, les créances en souffrance sont certes plus volatiles : il suffit qu'un gros emprunt d'une société de taille importante bascule dans la ligne des créances en souffrance pour que celles-ci augmentent significativement d'un mois à l'autre. Mais cette hausse exponentielle des impayés chez les entreprises de ce mois de janvier n'est pas nouvelle. Déjà, en 2011, leurs créances en souffrance affichaient une hausse de 27% par rapport à 2010. Une situation qui s'explique par une conjoncture difficile dans plusieurs secteurs d'activité, notamment la promotion immobilière, l'industrie (textile et agroalimentaire, les matériaux de construction, le tourisme et le transport.
Pour les entrepreneurs individuels, constitués essentiellement de petits promoteurs immobiliers (la moitié de l'encours de crédits de cette catégorie qui s'élève à 43,6 milliards de DH), les créances en souffrance affichent une baisse de 5,6% par rapport à janvier 2011, à 6,4 milliards de DH. Mais il faut savoir que ces impayés sont très volatils pour ces clients, puisque rien qu'en 2011, ils étaient en hausse de 40% par rapport à 2010. Quoi qu'il en soit, leur taux de créance en souffrance demeure le plus élevé du secteur bancaire, culminant à 14,6%.
Au final, l'encours global des créances en souffrance détenues par les banques affiche une hausse de 13,2% par rapport à janvier 2011, à 33,2 milliards de DH. Les crédits bancaires n'ont, eux, progressé que de 10,6%, à 680,7 milliards. Ce qui a induit une aggravation de 11 points de base du taux de créances en souffrance du secteur bancaire, qui se situe désormais à 4,88%.


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