En visite au Maroc, le top management de Visa pour la région CEMEA a décliné les grandes lignes de la stratégie déployée par le groupe dans le Royaume afin de soutenir l'émergence d'un écosystème de paiement moderne. Il évoque aussi les retombées attendues du sponsoring de la CAN 2025, ainsi que les dernières tendances et innovations dans l'industrie des paiements. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram Présent au Maroc depuis 20 ans, Visa s'est imposé comme un partenaire clé du Royaume dans la digitalisation des paiements. Le groupe, dont le bureau casablancais compte à ce jour une quarantaine de salariés, compte renforcer sa présence et ses investissements sur le marché marocain, afin d'accompagner au mieux ses clients, a assuré Tareq Muhmood, président régional de Visa pour la zone CEMEA (Europe centrale et orientale, Moyen-Orient et Afrique), lors d'une table ronde avec les médias, organisée récemment à Casablanca. Selon le dirigeant, l'action de Visa au Maroc est guidée par trois éléments clés. Le premier, c'est l'impact. «Nous voulons nous assurer d'avoir un impact concret sur les entreprises. Cet impact se mesure au nombre d'entreprises qui acceptent les paiements digitaux, et au nombre de consommateurs qui utilisent les paiements digitaux dans la vie de tous les jours», a-t-il expliqué. Dans ce sens, Visa déploie au Maroc plusieurs programmes visant à développer les différents éléments de l'écosystème des paiements, à savoir l'acceptation, l'émission et la sécurité, tout en introduisant les dernières innovations. «Nous avons introduit les paiements contactless au Maroc en 2016. Aujourd'hui, le sans contact représente près de 65 % des transactions», indique le président régional de Visa, qui était accompagné notamment de Leila Serhan, Senior Vice President et Group Country Manager pour la région Afrique du Nord, Levant et Pakistan, et de Sami Romdhane, Country Manager pour le Maroc. L'établissement de partenariats durables avec les acteurs locaux est le deuxième pilier de l'action de Visa au Maroc. Nous travaillons avec les grandes banques de la place, mais aussi avec les start-ups marocaines, en particulier les fintechs. Nous déployons plusieurs programmes pour encourager l'entrepreneuriat innovant, et aider les fintechs à se développer et à s'intégrer dans l'écosystème des paiements. Visa a également noué des partenariats avec des institutions étatiques de premier plan, comme la Banque centrale, la Fédération royale marocaine de football et le ministère du Tourisme. Le renforcement des capacités constitue le troisième pilier. Pour cela, Visa peut s'appuyer sur son réseau mondial. «Visa opère dans près de 100 pays. Il y a un échange constant d'expertise et d'expérience entre les différentes zones de présence. Ce que nous apprenons sur les autres marchés, à Singapour ou au Japon, nous l'exportons au Maroc, et vice-versa», a expliqué Tareq Muhmood. Visa multiplie également les sessions de formation, en ligne ou en présentiel, autour de thématiques clés comme les risques, les évolutions technologiques, l'optimisation, etc. Sponsoring de la CAN : une mine de données à traiter Les dirigeants de Visa ont par ailleurs évoqué le sponsoring de la Coupe d'Afrique des Nations. Le groupe est en effet partenaire de paiement officiel de la CAN depuis 2018. Visa fournit aux pays organisateurs sa technologie de paiement numérique sur tous les sites, pour les achats de billets, entre autres. Visa collecte également énormément de données sur les dépenses par carte réalisées durant l'évènement. «Nous avons par exemple constaté au début de la compétition une forte hausse de l'utilisation des cartes congolaises au Maroc. On constate aussi une forte hausse chez les personnes en provenance de France mais aussi d'Allemagne et de Belgique», révèle Tareq Muhmood. Ces données seront partagées avec les autorités marocaines, en particulier le département du Tourisme. Elles fourniront de précieuses informations sur le comportement d'achat des visiteurs, et plus globalement sur l'impact économique de cette compétition sur l'économie du pays hôte. Le partenariat permet aussi de lever certaines barrières culturelles à l'utilisation des paiements numériques, à travers une série d'initiatives et de promotions durant la compétition, telles que les préventes exclusives des billets ou la mise en place d'offres promotionnelles pour les commerçants. Des programmes spéciaux dédiés aux enfants ont également été déployés, en partenariat avec diverses associations. Les tendances mondiales du paiement Le top management régional de Visa a également donné un aperçu sur les principales tendances en matière de paiements pour 2026, dans un contexte mondial de forte innovation technologique. Tareq Muhmood cite en premier lieu les stablecoins. Selon lui, leur potentiel pour enrichir et compléter l'écosystème des paiements internationaux est immense, notamment pour les marchés émergents et les transactions transfrontalières. Par exemple, pour les transferts de fonds, notamment en Afrique, les stablecoins offrent un moyen plus rapide, moins coûteux et plus fiable de transférer de l'argent. Visa contribue à accélérer cette transformation en intégrant le règlement basé sur la blockchain aux systèmes financiers traditionnels et en numérisant les processus de transfert d'argent. Avec l'évolution du cadre réglementaire dans plusieurs pays de la région CEMEA, Visa estime que les cas d'usage des stablecoins vont s'accélérer d'ici les deux prochaines années. Autre tendance : celle de l'agentique (système d'IA capable de prendre des décisions autonomes). «Nous sommes passés du commerce traditionnel au commerce électronique, puis au commerce mobile, et maintenant au commerce agentique, où des agents d'intelligence artificielle effectuent des transactions pour le compte des consommateurs et des entreprises. En 2026, les achats assistés par l'IA deviendront une réalité pour tous, et le commerce agentique en découlera naturellement», affirme Tareq Muhmood. Visa fournit dès à présent l'infrastructure et les outils clés nécessaires à cette évolution. Un premier cas d'usage a même été réalisé aux Emirats Arabes Unis. La collaboration avec les émetteurs, les commerçants et les acteurs de l'écosystème va se poursuivre afin de déployer davantage de cas d'usage et d'accélérer l'avènement de la prochaine ère du commerce. Une troisième tendance concerne le « guest checkout » (paiement invité, en e-commerce, permettant aux clients d'acheter sans créer de compte). Fini le temps où il fallait chercher son portefeuille, saisir un numéro de carte à 16 chiffres et renseigner ses informations de livraison à chaque achat. Place désormais à l'authentification biométrique par tokenisation. Outre les avantages en matière de sécurité et de commodité pour les consommateurs, un tel processus simplifié a un impact positif sur les commerçants en éliminant les obstacles et en réduisant les abandons de panier. Il devrait se répandre de manière accélérée au cours des prochaines années. Et de conclure : «Les nouveaux moyens de paiement continueront de se développer, faisant de 2026 une année charnière pour l'avenir des paiements».