L'événement, prévu du 2 au 6 juin prochain, ambitionne de renforcer la place du stand-up marocain à travers une programmation élargie, des masterclasses et des galas réunissant des artistes nationaux et internationaux. Suivez-nous sur WhatsApp Suivez-nous sur Telegram Cinq jours où le rire ne lève jamais le pied, un village qui sent le street-food, une scène qui avale le Complexe Mohammed V pour le recracher en cathédrale pop, immersive et survoltée du stand-up. Jeudi 23 avril, lors d'une conférence de presse qui tenait plus du before que du point presse protocolaire, Comediablanca a officialisé sa mue en grande pompe. Pour une troisième édition, l'ambition se renouvelle et ne se limite plus à faire rire. Il faut briller, transmettre, et surtout monter d'un cran côté glamour, panache et stars. Le rire voit plus grand, et il le fait avec classe. Et une bonne dose de marocanité qui s'impose. Myriam Bouayad Amine et Saad Lahjouji Idrissi, cofondateurs infatigables, posent le décor sans filtre. «Cette année, on vous propose la semaine du rire. On passe à trois soirées de gala avec 5.000 personnes par soir, et deux jours de masterclass avec des invités de marque», précisent les fondateurs. Fini les jauges timides et les soirées cosy. On muscle le jeu, on vise 15.000 spectateurs au total. Le festival grandit, prend de la hauteur, et assume son statut de nouvel incontournable. Au centre du dispositif, Amir Rouani, directeur artistique qui ne fait jamais dans la demi-mesure. Pas question d'une scène lambda. Il imagine un univers visuel qui tape dans l'œil et reste gravé. «J'ai utilisé le »tabssil taous » et le tous comme home sweet central, parce qu'il n'y a pas de festival au monde qui peut utiliser ça sans être un festival marocain», explique-t-il. Testé à Paris et à Bruxelles, l'effet se révèle immédiat et saisissant, entre nostalgie fulgurante pour la diaspora et émerveillement chez les autres. Pop culture et racines qui se tiennent la main sans complexe. «C'est ça le but, se réconcilier avec notre culture, y croire et l'utiliser à l'international. On ne passe pas à côté», ajoute-t-il. Du glamour made in Morocco, photogénique, exportable et résolument chic. Les 2 et 3 juin, les masterclasses gratuites enfoncent le clou de la transmission avec panache. Taliss, Amir Rouani et l'icône Mouna Fettou partagent leur expérience. Mais Jalil Tijani s'annonce comme l'un des temps forts les plus attendus. Il dissèque la fabrication d'un personnage, un exercice qu'il affectionne particulièrement. «Le premier spectacle, c'était que ça, des personnages. Le deuxième, moitié stand-up, moitié personnages. Je n'ai pas fini d'apprendre, mais ce que j'ai compris, je vais le partager», rappelle-t-il. Il explore le rapport au corps, à la voix, à la psychologie et à l'authenticité. «Quand on y arrive, parfois le public ne voit même plus l'acteur. Il voit le personnage. Et c'est l'objectif qu'on cherche tous. C'est comme de la magie. C'est magnifique», poursuit-il. Le lendemain, le 5 juin, le même Tijani remonte sur la grande scène pour une version revisitée, enrichie et annoncée comme «la dernière» de son spectacle culte Jeux de Société – guests surprises et proximité qui promettent de faire hurler de rire (et un peu transpirer d'excitation) les 5.000 privilégiés. Côté galas, ça sent la poudre, les projecteurs qui balaient et les stars qui montent. Le 4 juin, ouverture 100 % marocaine menée par l'électrique Taliss, avec Oussama Ramzi, Saïd & Wadie, Ayoub Idri, Rachid Rafik, Driss & Mehdi, Fadwa Taleb, Fatih, Zouhair Zair, Wahiba Bouya et consorts. Une vitrine brute, vivante et incandescente de l'avant-garde de l'humour local. Le 6 juin, apothéose francophone sous la houlette charismatique de Kheiron : Laurie Peret, Mimo Lazrak, Mehdi Boussaidan, Doully, John Sulo, Hamaka et d'autres invités de renom. Les styles se croisent, les accents se répondent, les publics se mélangent dans une fête des sens. Autour, un village immersif qui prolonge la fête jusqu'à pas d'heure : food court qui met l'eau à la bouche, animations qui chauffent l'ambiance, rencontres avec les artistes. On reste, on circule, on traîne, on brille. En trois ans à peine, Comediablanca est passé de jeune pousse prometteuse au rendez-vous qui compte vraiment sur la scène culturelle. Plus de 11.000 spectateurs déjà au compteur, une tournée internationale qui cartonne (Olympia de Paris, Cirque Royal de Bruxelles, et bientôt Montréal, le 9 mai). C'est clair et net, le festival assume ses ambitions sans fausse modestie, avec davantage de jours, de transmission, d'expérience et d'éclat. Le rire s'y impose comme une langue universelle, sans jamais renier ses origines, bien au contraire en les faisant rayonner. On viendra voir et être vu, prendre la vague glamour du stand-up marocain et repartir avec des abdos douloureux, des images plein la tête et cette sensation d'avoir assisté à quelque chose qui monte. Le stand-up marocain soigne son image, vise haut et s'installe durablement sous les projecteurs. Cette fois, il prend la lumière, et il avance en star.