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Le jus d'orange local introuvable sur les rayons
Publié dans La Vie éco le 12 - 11 - 2004

L'offre en oranges destinée à la transformation est en baisse : les coûts d'approvisionnement deviennent inabordables pour les industriels.
Les produis importés, notamment du Moyen-Orient, ont fait leur apparition sur les étals.
Structurel, le problème risque, cette fois-ci de durer longtemps.
Paradoxal ! Le Maroc est un gros producteur d'oranges, mais le jus d'orange est introuvable dans le pays. Cette situation prévaut depuis plusieurs semaines, et ce ne sont pas les grandes surfaces ni, d'ailleurs, les commerces de proximité ou tout simplement les épiciers qui diront le contraire. En effet, tous sont unanimes à déplorer une rupture de stocks «incompréhensible», à leur sens, pour un produit qui, durant le mois de Ramadan plus qu'à d'autres périodes, est l'objet d'une forte demande. Nicol Xavier, responsable des achats à Marjane, le confirme : «Ces dernières semaines, nous avons remarqué une forte baisse de l'offre de ce produit et, aujourd'hui, on constate tout simplement que les jus d'orange locaux ne sont plus proposés par nos fournisseurs».
Dans le même temps, les achalandages sont constitués, pour remplacer le produit manquant, de nectars et de pur jus importés. D'ailleurs, des produits du genre, inconnus jusque-là et provenant notamment du Moyen-Orient, viennent de faire leur apparition sur le marché.
L'essentiel de la production d'oranges est exporté
A l'origine de cette pénurie, il y a d'abord le fait que la ressource se fait rare, notamment cette année où les grosses chaleurs ont compromis le rendement. Il faut savoir, explique Ahmed Derrab, secrétaire général de l'ASPAM (Association des producteurs d'agrumes du Maroc) que le Maroc produit, bon an mal an, entre 1,1 et 1,4 million de tonnes par an. Sur ce total, près de 500 000 tonnes vont à l'export, entre 600 000 et 750 000 sont destinés au marché local frais et le reste va à la transformation. Mais ce marché reste instable dans la mesure où, au cours de ces dernières années – et c'est la situation qu'a vécue Frumat, producteur des marques «Miami» et «Marrakech» -, le tonnage destiné au secteur de la transformation peut varier entre 50 000 et 150 000 tonnes, selon les quantités englouties dans l'export, marché de prédilection, après lequel viennent le marché de bouche et la transformation. Or, selon des estimations, la part de la transformation n'a pas dû être supérieure à 10 000 ou 15 000 tonnes au maximum pour l'année en cours.
A cette raison, s'ajoutent les difficultés de Frumat, actuellement à l'arrêt, dont la capacité d'écrasement est de 250 000 tonnes d'oranges par an avec ses trois usines. Et il se trouve que, dans ce créneau industriel, où cette entreprise représentait 90 % de l'offre, aucun autre opérateur n'est en mesure de prendre le relais, surtout s'agissant d'une production aussi importante pour laquelle les autres opérateurs ne sont pas structurés, encore moins équipés.
La rareté de la matière première décourage les investisseurs potentiels
Or, faute d'un acheteur de gros calibre, qui peut négocier des prix bas, le coût de la matière première reste élevé. En effet, explique Mohamed Chraïbi, patron de Covem, qui produit les marques Kaïss et Chemsi, toute la difficulté est d'être compétitif, sachant qu'en moyenne, au Maroc, le coût d'un kilo d'oranges destiné à la transformation se situe habituellement entre 1,20 DH et 1,30 DH (contre 0,30 DH au Brésil, par exemple) et qu'il faut trois kilos de matière première pour 1 litre de pur jus. Et puis, ajoute cet industriel, «ce secteur n'est pas captif car, en plus des incertitudes sur l'approvisionnement et du coût de la matière première, il y a la concurrence et la contrebande». A l'heure actuelle, même à 1,30 DH, on ne trouve pas d'oranges sur le marché. Résultat, même les jus d'orange de marque Boustane, Chemsi et Kaïss sont introuvables.
Que va-t-il se passer dans l'avenir et trouvera-t-on encore du jus d'orange marocain sur les étalages des commerces dans le pays ? Nous avons déjà fait remarquer qu'il n'y a aucune capacité de production installée capable de remplacer celle de Frumat. Par ailleurs, il ne faut pas compter voir bientôt des promoteurs se hasarder à investir dans le domaine. En effet, le gros problème est la garantie de la disponibilité de la matière première (c'est ce qui explique d'ailleurs la disparition de Frumat). Pour contrôler l'approvisionnement, il faut soit produire soi-même, soit passer des contrats avec des producteurs et financer une partie de leur cycle d'exploitation. Par exemple, au Brésil ou aux Etats-Unis (Californie), les unités de production sont installées la plupart du temps dans les champs mêmes, pour la bonne raison que ces derniers appartiennent aux mêmes opérateurs.
En conclusion, même si le prix des oranges baisse pendant la saison de production janvier-juin, l'offre des producteurs locaux, faute de capacité, sera insuffisante.
Même en supposant que l'offre en oranges soit suffisante d'ici à quelques mois, la production de jus d'orange sera largement en deçà des besoins puisque Frumat, gros producteur, a fermé ses portes.


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