Le parquet près le tribunal de première instance de Rabat a requis, ce jeudi, la condamnation des supporters sénégalais, et d'un ressortissant français d'origine algérienne, poursuivis à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d'Afrique des nations organisée au Maroc. Lors de son réquisitoire, le représentant du ministère public a estimé que les prévenus, présentés en état d'arrestation, se sont rendus coupables d'actes liés au déroulement d'une manifestation sportive, relevant de ce que la législation qualifie de violences et troubles dans les stades. Des dégâts estimés à 4,87 millions de dirhams Le magistrat a détaillé l'ampleur des dommages matériels enregistrés, affirmant que les dégradations subies par les infrastructures du Stade Prince Moulay Abdellah sont estimées à près de 4 millions 870 mille dirhams. À ces pertes s'ajoutent les blessures et préjudices subis par des membres des forces publiques ainsi que par des stadiers mobilisés pour sécuriser la rencontre. Selon le ministère public, plusieurs supporters sénégalais ont reconnu avoir agi délibérément dans l'objectif d'influer sur l'ambiance du match opposant le Maroc au Sénégal en finale de la CAN. Six qualifications pénales retenues Les faits reprochés aux mis en cause se déclinent en six chefs d'accusation, notamment violences commises à l'occasion d'une manifestation sportive, dégradation d'équipements sportifs, violences à l'encontre des forces publiques, jets volontaires de projectiles, intrusion sur la pelouse, et captation d'images de personnes dans des espaces réservés sans leur consentement (concernant le prévenu franco-algérien). Le parquet a insisté sur la fermeté du cadre juridique marocain en matière de lutte contre les violences dans les stades, rappelant que le Royaume a accompagné le développement de la pratique sportive par un renforcement de l'arsenal législatif encadrant les manifestations sportives. Le représentant du ministère public a également souligné que les législations sénégalaise et française prévoient, elles aussi, des sanctions sévères pour ce type de faits, indiquant que certaines infractions similaires peuvent être passibles de peines pouvant aller jusqu'à dix ans d'emprisonnement selon le droit sénégalais. L'audience de ce jeudi s'est tenue en présence des avocats des différentes parties, absents lors des précédentes séances en raison du mouvement de protestation mené par l'Association des barreaux. Un interprète assermenté était également présent, les prévenus ayant affirmé ne pas maîtriser la langue arabe. Le tribunal devra désormais statuer sur ces réquisitions dans un dossier à forte charge symbolique, alors que le Maroc multiplie les engagements pour garantir la sécurité des grandes compétitions sportives organisées sur son sol.