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Zones oasiennes: La gouvernance de l'eau, otage des populations locales
Publié dans L'Economiste le 06 - 05 - 2016

L'ensemble des propositions appelle à l'intégration de la société civile en amont des décisions relatives à la gestion de l'eau. Il s'agit notamment de la conception des ouvrages d'eau (barrages, conduits, etc) et les plans de gestion des ressources d'eau (Ph. L'Economiste)
La société civile du milieu oasien a jusque-là très peu joué son rôle en tant que force de proposition pour l'établissement des lois et la gouvernance des ressources hydriques. Pourtant l'enjeu est fondamental ; étant donné que le milieu oasien, contrairement aux autres territoires marocains, a des spécificités. La méconnaissance des enjeux et la difficulté de communication avec les différentes autorités directement impliquées dans la gestion administrative de l'eau en sont les principales causes. C'est dans ce sens que le Programme d'actions concertées des Oasis PACO3 (2013-2016) a mis en place depuis janvier 2015, le projet «Renforcement de la gouvernance environnementale par le développement de la capacité des ONG». Ce projet, financé par l'Union européenne, en partenariat avec le programme de microfinancements du Fonds pour l'environnement mondial (FEM), est porté par l'Association Oasis Ferkla pour l'environnement et le patrimoine (AOFEP). La zone d'action du programme couvre 6 régions oasiennes: Figuig, Errachidia, Tinghir, Ouarzazate, Zagora et Tata. Ce projet vise à mobiliser la société civile dans les zones oasiennes pour influencer les politiques liées à la question de l'eau. La tâche n'est pas facile surtout qu'il s'agit d'une population qui a une histoire ancestrale en matière de gestion de l'eau. Les lois tribales sont en effet encore à ce jour présentes dans certaines oasis. L'AOFEP a donc relevé le challenge difficile de gagner la confiance de la population oasienne. «L'élément clef de l'ensemble de tout notre travail est d'obtenir cette confiance. A partir de là, la simplification des informations et atteindre les objectifs est une question de temps», affirme Lahssen Kabiri, chercheur dans le domaine de l'environnement et président de l'AOFEP. C'est ainsi que l'association a proposé plusieurs ateliers de formation et de sensibilisation à la question de l'eau dans ces trois zones. La compréhension de la législation en vigueur en a constitué une bonne partie. Ainsi, tout au long de sa participation à plusieurs ateliers et réunions, la société civile est arrivée à prendre conscience de son rôle en tant que force de proposition dans la question de gouvernance de l'eau. Durant la période allant de janvier à novembre 2015, un ensemble de recommandations a été formulé. C'est le fruit de discussions et d'échanges entre les associations, les coopératives, les administrations, les agriculteurs, des étudiants chercheurs, et l'ensemble des différents intervenants. Ces recommandations ont été envoyées aux parlementaires des différents partis politiques, originaires de la zone oasienne, afin de les faire parvenir au parlement lors des discussions autour du projet de loi 15-36 sur l'eau.
Les recommandations réalistes sur le terrain, s'articulent autour de plusieurs axes dont la gestion des eaux souterraines, l'agriculture et le partage d'informations entre l'administration et la population. Pour ce dernier point, l'ensemble des propositions appelle à l'intégration de la société civile en amont des décisions relatives à la gestion de l'eau. Il s'agit notamment de la conception des ouvrages d'eau (barrages, conduits ; etc) et les plans de gestion des ressources d'eau. Dans ce volet, la société civile appelle à davantage de rencontres entre les populations oasiennes et les Agences des bassins de Drâa et de Maidar afin d'expliquer la législation et les plans d'aménagement des ressources hydriques. La société civile appelle également à adopter une stratégie de proximité et des visites sur le terrain pour constater de visu les effets et les causes des problèmes liés à l'eau. La résolution de la problématique des puits illicites et des agricultures intensives comme la pastèque rouge font partie des revendications principales. La prise en considération du patrimoine culturel des oasis, particulièrement dans le domaine de l'eau et de son partage devrait être imminente dans l'établissement de la loi sur l'eau. Dans ce sens, la société civile recommande le retour vers l'utilisation des ouvrages traditionnels comme les khettarat et les seguias traditionnelles. La pollution constitue de son côté un important axe dans les recommandations émises, puisqu'il est proposé de mieux organiser les laveries communes et de rationaliser l'utilisation des pesticides dans les oasis.
Si la mobilisation de la société civile est au cœur des objectifs du programme PACO, c'est pour que la révision de la loi N°10-95 sur l'eau prenne en considération les spécificités du milieu oasien. La formulation des recommandations est un premier pas vers une implication significative de la population oasienne pour être un acteur de son avenir.
La communication, maillon faible des politiques publiques
Le rôle de l'Association Oasis Ferkla pour l'environnement et le patrimoine en tant que facilitateur de communication entre l'administration et la population a aujourd'hui une importance capitale. Si l'AOFEP est depuis 2013 la cheville ouvrière du PACO3, c'est surtout parce qu'elle capitalise sur une expérience importante en matière de réseautage. En effet, la population oasienne se réfère encore aux lois tribales dans la gestion de l'eau et reste souvent fermée aux lois imposées par l'administration. Ceci n'est pas toujours pris en considération dans l'établissement des lois et leur mise en œuvre. Si aujourd'hui l'association a pu remplir ce vide, c'est grâce à sa compréhension de cette donne, capitale pour l'ensemble des actions liées à la gouvernance de l'eau.
De notre correspondante,
Sabrina BELHOUARI


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